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Croisières
300 Mauriciens dans l’attente, le recrutement bloqué faute de permis des agences
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Croisières
300 Mauriciens dans l’attente, le recrutement bloqué faute de permis des agences
Près de 300 Mauriciens qui s’étaient préparés à travailler à bord de bateaux de croisière se retrouvent dans l’expectative. Entre démarches déjà entreprises, sommes conséquentes engagées et absence d’explications officielles des agences de recrutement, la situation provoque inquiétude.
D’après nos informations, des 300 candidats, environ 200 avaient déjà franchi toutes les étapes nécessaires : entretiens avec les compagnies, examens médicaux, obtention de documents administratifs. Certains devaient embarquer dès ce mois de septembre ou octobre. Beaucoup avaient quitté leur emploi local pour honorer ces engagements. Plusieurs affirment avoir investi entre Rs 60 000 et Rs 90 000 dans ce projet professionnel, couvrant notamment les frais médicaux, la préparation de dossiers et, dans certains cas, les billets d’avion. Aujourd’hui, tout est à l’arrêt, sans perspective claire sur la suite.
Face à cette attente grandissante, les candidats disent se heurter à l’absence de communication claire des agences de recrutement. Nous avons, nous aussi, tenté de contacter les principales sociétés concernées. Aucun responsable n’a souhaité répondre à nos sollicitations.
Selon nos recoupements, la raison de cette paralysie se trouve dans l’application de la Private Recruitment Agencies Act 2023. Proclamée en février 2024, cette loi stipule clairement qu’aucune personne ou société ne peut mener d’activités de recrutement de travailleurs, à Maurice ou à l’étranger, sans être titulaire d’une licence délivrée par le ministère du Travail.
L’article 4 de cette loi prévoit que toute infraction à cette règle est passible d’une amende allant de Rs 500 000 à Rs 1 million, ainsi que d’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre cinq ans. L’article 5 interdit par ailleurs de facturer des frais de recrutement aux travailleurs : ces coûts doivent être pris en charge uniquement par l’employeur, dans ce cas de figure, les bateaux de croisière.
Aucune agence n’a obtenu de licence depuis l’entrée en vigueur de la loi. Les permis délivrés sous l’ancien régime légal ont expiré six mois après la proclamation de la loi et les nouvelles demandes n’ont pas encore abouti. Pour s’assurer du respect de cette législation, un official reminder du ministère du Travail a été envoyé récemment aux agences pour leur signifier qu’elles opéraient en toute illégalité. Conséquence immédiate : l’ensemble des campagnes de recrutement en cours a été stoppé.
Cette situation compromet les opportunités pour les centaines de Mauriciens, alors que les compagnies de croisières cherchent activement du personnel dans la région et plusieurs d’entre eux craignent que, faute de main-d’œuvre à Maurice, les postes vacants soient attribués à des travailleurs d’autres pays.
Vers une réglementation plus stricte
Toujours selon des sources concordantes, les autorités travaillent actuellement à l’élaboration d’un cadre réglementaire plus strict pour encadrer les agences privées de recrutement. L’objectif affiché est d’assurer plus de transparence dans le secteur et de mieux protéger les candidats contre les pratiques abusives. Une fois ces nouvelles règles finalisées, les agences pourront de nouveau s’enregistrer légalement comme recruteurs agréés et reprendre leurs activités. Mais aucun calendrier précis n’a encore été communiqué, laissant les candidats dans l’attente.
Parallèlement, un comité interministériel sur le Work Permit est à l’œuvre depuis plusieurs semaines. Selon nos recoupements, ce comité doit soumettre très prochainement ses recommandations au Conseil des ministres. Ces propositions devraient concerner non seulement la délivrance des permis de travail, mais aussi les conditions de recrutement local et international, avec pour objectif de renforcer l’encadrement général du marché de l’emploi.
En attendant que ces réformes voient le jour, beaucoup se demandent s’ils pourront finalement concrétiser leur projet de départ et si les sommes déjà investies pourront être récupérées. Sans réponses claires et sans calendrier officiel, le projet professionnel de ces Mauriciens désireux de prendre la mer reste, pour l’instant, en suspens.
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