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Reconnue coupable du meurtre de son époux mauricien

15 ans de prison pour une Suisse à Genève

1 décembre 2025, 08:00

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15 ans de prison pour une Suisse à Genève

Le tribunal criminel de Genève, en Suisse, a condamné, le vendredi 21 novembre, Maria Diamas, une habitante de Vernier âgée de 50 ans, à 15 ans de prison pour l’assassinat de son mari, Thierry Diamas, un Mauricien, âgé de 31 ans, tué par balle dans la nuit du 29 décembre 2021. Les juges ont estimé que l’accusée avait agi «avec conscience et volonté», écartant tout élément susceptible d’atténuer sa responsabilité pénale.

Les faits remontent à une soirée d’hiver sur un chemin isolé longeant le Rhône. Là, la quinquagénaire a suivi son époux munie d’une arme à feu. Le tribunal a relevé plusieurs indices d’une préparation minutieuse : désactivation de la géolocalisation de son téléphone, départ discret du domicile et dissimulation de preuves une fois rentrée, notamment en prenant une douche immédiatement après le tir. Selon la présidente du tribunal, Katerina Figurek Ernst, «aucun motif valable ne justifie un acte aussi grave». Elle a décrit un mobile «futile et profondément égoïste».

L’époux, grièvement blessé, a réussi à appeler les secours. Thierry Diamas, qui peinait à parler, a indiqué que sa femme était l’auteure du tir. Il a perdu connaissance avant l’arrivée de l’ambulance et est décédé à 22 h 50, malgré les tentatives de réanimation. Pour les juges, l’accusée «ne pouvait ignorer» qu’elle avait mortellement touché son mari. Le tribunal a mis en avant «une froideur glaçante», l’accusée ayant quitté les lieux en laissant agoniser la victime.

À l’écoute de la sentence, Maria Diamas a fondu en larmes, répétant : «C’est pas vrai. C’est horrible ce que vous dites.» Elle a clamé son innocence et affirmé qu’elle refusait le verdict, avant d’être raccompagnée hors de la salle.

Le couple s’était rencontré en ligne plusieurs années plus tôt. Thierry Diamas, originaire de Beaux-Songes, avait déménagé à Genève pour s’y installer avec sa compagne, plus âgée que lui de 15 ans. Bien que mariés rapidement, leur vie commune s’était progressivement dégradée. Selon des proches, elle manifestait une jalousie extrême, et contrôlait les déplacements de son époux, ses communications et ses finances. La famille du Mauricien affirme qu’il subissait des violences régulières.

Une tante avait même à l’époque évoqué des épisodes où l’homme avait été mis dehors en pleine nuit, contraint de dormir «dans le froid et la neige». Elle soulignait également que l’accusée détestait qu’ils lui parlent en créole. Thierry Diamas lui avait confié ses craintes quelques mois avant sa mort, notamment depuis que son épouse s’était procuré une arme sous prétexte de «se protéger en cas de cambriolage». Il avait aussi transmis un enregistrement où la quadragénaire proférait des menaces.

Le tribunal a relevé un risque élevé de récidive, estimant que la prévenue présente un trouble de la personnalité nécessitant un suivi psychiatrique obligatoire. Elle devra également s’acquitter de 115 000 francs suisses de frais de procédure et verser 40 000 francs à la mère de la victime.

À Maurice, la nouvelle avait plongé la famille de Thierry dans une profonde détresse. Sa mère, bouleversée, avait immédiatement entrepris les démarches pour le rapatriement du corps. «Il était doux, calme, jamais violent. Il ne méritait pas ça», confiait sa tante, réclamant que justice soit pleinement rendue.

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