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Père Castor, raconte-nous une histoire

13 mars 2012, 00:00

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Ceux qui ont la trentaine doivent sûrement se souvenir de ce bon vieux dessin animé, le Père Castor. Jour après jour, il racontait une histoire différente qui donnait souvent dans la morale et qui faisait réfléchir. S’il devait avoir un alter ego « vivant », un homme qui a un talent de conteur et qui sait captiver les gens, ce serait sans aucun doute Paul Bérenger.

Le leader historique du MMM gagnerait cependant à être constant car il se perd dans des contradictions qui remettent sérieusement en question sa crédibilité. Il y a une semaine, dans sa frénésie de nous vendre la réédition de l’alliance de 2000, il a annoncé une motion de censure contre le chef du gouvernement avant même le vote du Comité central mauve qui a donné son « go ahead » à une alliance avec le MSM. Avec à la clé, le président de la République, sir Anerood Jugnauth, comme candidat au poste de Premier ministre.

Vendredi, c’est un Paul Bérenger contrit qui a déploré que Navin Ramgoolam ait demandé au Président de venir dire publiquement s’il a oui ou non cautionné le vote mauve. Voilà que le leader du MMM vient expliquer que sir Anerood n’a rien à voir avec cet exercice. Pourtant, ne s’est-il pas déjà mis à discuter du programme électoral avec le fils de ce dernier ? Quelles autres couleuvres veut-il encore nous faire avaler ?

L’image que projette Paul Bérenger ces jours-ci est celui d’un homme qui veut désespérément contracter un mariage avec, disons, l’actrice Monica Belluci. Il a déjà convenu une réunion de famille, pour le principe, afin de connaître le « mood » de tout un chacun. Mais sans sonder l’intéressée déjà tenue à certaines obligations.

Au final, les noces risquent de tourner en lune de fiel et c’est ce que désire peut-être Paul Bérenger. Son but ultime, à bien y voir, c’est d’attirer l’attention de la véritable élue de son cœur : Navin Ramgoolam. Quoi de mieux que d’attirer l’autre en faisant semblant d’être très intéressée par une rivale ? C’est une stratégie imparable…

Paul Bérenger n’a-t-il pas continué à faire des appels du pied à Navin Ramgoolam ? Le dernier message subliminal consistant à lui faire comprendre que s’il ne veut pas de ce mariage de raison, c’est de venir avec une réforme électorale. Afin qu’ils puissent roucouler des jours heureux ensemble.

Coup double, dirait-on, car elle aura le bénéficie de renvoyer le parti soleil aux oubliettes de l’histoire, d’installer Paul Bérenger au Trésor et de réaliser le vœu de Navin Ramgoolam de se retrouver au Réduit avec les pleins pouvoirs, sans avoir des comptes à rendre à quiconque.

Paul Bérenger, lui, ne cesse de répéter que les militants auraient souhaité le voir candidat au poste de Premier ministre aux prochaines législatives. Soit. Il n’a qu’à le faire bien comprendre au fils Jugnauth : en y ajoutant le fait que le MMM pèse plus lourd que le MSM sur l’échiquier et que les hindous ne sont pas tous friands à l’idée que le fauteuil de Premier ministre soit réservé aux « Vaish ».

Si Paul Bérenger a perdu les élections en 2005, ce n’est pas parce qu’il soit mal né. Il est tellement arrogant quand il est au pouvoir et veut absolument tout contrôler. Un Premier ministre qui veut régler le problème de chiens errants et de corbeaux, c’est louable, mais il doit avoir d’autres chats à fouetter… Car, en voulant tout faire, il délivre un certificat d’incompétence à ses ministres…

Il doit également mettre de l’eau dans son vin. Quelques fois, on a l’impression de retomber en enfance en entendant les mêmes ritournelles qu’il nous sort. Du « MMM plus fort que jamais » à ses promesses de faire de la MBC une institution « vraiment indépendante », c’est à se demander s’il ne prendrait pas les Mauriciens pour de grands naïfs.

Lui qui connaît les mathématiques ethniques sur le bout des doigts vient d’annoncer que les nominations au sein des corps para-étatiques se feront sur la base de la méritocratie s’il est élu aux prochaines législatives. C’est sans doute fort de ce précepte que Dhaneshwar Soobrah, ancien dirigeant de la Hindu House, mis à l’index par la Commission Matadeen sur la CWA, est resté en selle au sein d’un corps para-étatique durant le mandat de l’alliance MSM/MMM entre 2000 et 2005.

Allez, espérons qu’il ne va pas nous sortir une autre histoire invraisemblable de son chapeau cette semaine.

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