Publicité

France : A 45 jours du premier tour, Sarkozy annonce qu''il arrêtera en cas de défaite

8 mars 2012, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

France : A 45 jours du premier tour, Sarkozy annonce qu''il arrêtera en cas de défaite

Largement devancé par François Hollande dans les sondages, Nicolas Sarkozy a créé la surprise ce jeudi 8 mars en annonçant qu''''il mettrait un point final à sa vie politique s''il était battu à la présidentielle, avant de célébrer la journée des femmes auprès des ouvrières de Lejaby.

S''il avait déjà évoqué cette hypothèse sur le ton de la confidence, le président candidat de l''UMP a confirmé pour la première fois publiquement sa retraite définitive en cas de défaite au scrutin des 22 avril et 6 mai.

"Si les Français devaient ne pas me faire confiance, est-ce que vous croyez vraiment que je devrais continuer dans la vie politique ? La réponse est non", a-t-il déclaré sur RMC/BFMTV.

"C''est très simple, je dis aux Français +je me battrai de toutes mes forces pour avoir votre confiance, pour vous protéger, pour vous conduire, pour faire la France forte, mais si tel n''est pas votre choix, je m''inclinerai+ et c''est ainsi et j''aurai fait une très belle vie politique", a ajouté Sarkozy.

En marge d''une visite en Guyane en janvier, le chef de l''Etat avait déjà confié, lors d''un entretien à bâtons rompus avec des journalistes, qu''il mettrait un terme à sa carrière politique en cas d''échec. "Je changerai complètement de vie, vous n''entendrez plus parler de moi si je suis battu", avait-il alors déclaré.

Déclaration tactique ou aveu d''impuissance, la sortie du candidat UMP a étonné à 45 jours du premier tour d''une élection qui s''annonce très difficile pour lui, même s''il a précisé qu''il ne se plaçait "pas dans cette perspective". Et alimenté toutes les interprétations, alors que nombreux sont ceux dans la majorité qui s''interrogent à haute voix sur sa stratégie et redoutent la défaite.

En visite en Seine-Saint-Denis, le socialiste François Hollande a dit "comprendre" que M. Sarkozy "puisse se poser la question", ajoutant: "Mais franchement, c''est, si je puis dire, sa liberté et celle des français d''en décider".

Le vice-président du MoDem, Jean-Luc Benhamias, y a vu le signe d''un Nicolas Sarkozy "pas très confiant", jugeant qu''"il en tire peut-être lui-même les conséquences et les conclusions en disant que, s''il est battu, ce qui semble être le cas aujourd''hui, il arrête.

"Il est logique avec lui-même, il est logique avec le respect qu''il a pour le peuple français", a estimé Guillaume Peltier, le "M. sondage" de l''état-major de campagne de Nicolas Sarkozy, mais, a-t-il dit, "la question ne se pose pas selon moi puisqu''il remportera l''élection présidentielle".

Hormis cette déclaration qui a occulté le reste de son intervention, M. Sarkozy a une nouvelle fois jeudi déroulé ses propositions.

A l''occasion de la journée internationale des droits des femmes, le président a proposé la création d''une Agence nationale de recouvrement des pensions alimentaires pour "soulager les mères" de familles isolées.

Il devait dans l''après-midi poursuivre sa campagne en rendant visite aux ouvrières de l''usine Lejaby d''Yssengeaux (Haute-Loire), avant une réunion publique dans la banlieue de Saint-Etienne. Etant intervenu pour une reprise de cette fabrique de lingerie par le groupe LVMH, qui doit reconvertir ses salariées dans la maroquinerie, il en a fait un "exemple" de la politique de l''emploi qu''il souhaite en cas de deuxième mandat

Pêle-mêle, le candidat UMP a également proposé de lancer une carte Vitale biométrique pour lutter contre la fraude sociale et annoncé un nouveau plan de rénovation urbaine des banlieues.

Revenant sur la polémique sur la viande halal, qui a déchiré son propre camp, il a par ailleurs pris ses distances avec le ministre de l''Intérieur, Claude Guéant, jugeant "excessif" d''établir un lien entre viande halal et vote des étrangers aux élections locales.

Alain Alfroy – AFP

Publicité