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«It’s the economy stupid»
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«It’s the economy stupid»
Nous vivons une époque dangereuse. Au lieu d’un débat et des mesures énergiques pour contrer la crise en Europe, notre principal marché, nos décideurs politiques ont passé les récentes dernières semaines à discuter d’une hypothétique réforme électorale. Comme si les élections générales étaient pour demain. De brillants cerveaux comme Rama Sithanen ont été poussés dans ce débat, à nos yeux stériles, car le système actuel conforte la communauté majoritaire. Pourquoi voudraient-ils le changer ? Même la communauté musulmane est plus que frileuse. Quand le feu a la maison, on ne va pas s’occuper du jardin ! En attendant, sur le plan économique, pas un début de réflexion sur les mesures à prendre pour contrer l’atonie de notre principal marché européen. Et on s’étonne que le Fonds monétaire international (FMI) prédise un taux de croissance de 3,7 % de notre produit intérieur brut (PIB) ! Avec de la chance, on finira à 3 %, voire moins. C’est toujours le cas avec les prévisions de croissance. Le gouvernement et le personnel politique se trompent lamentablement d’enjeux. Et pas une fédération du secteur privé n’a pris la parole pour recentrer le vrai débat.
Pourtant les signes d’un effet de contagion de nos industries d’exportation vers l’Europe sont là. Le tourisme bat de l’aile et survit grâce à des rabais généreux. L’industrie du textile habillement connaît les mêmes demandes de révision des prix à la baisse. Pratiquement le monde entier connaît les mêmes difficultés économiques : chômage, austérité, consommation en berne et des craintes, réels, d’un abaissement de leur note par les agences internationales jaugeant la capacité de repaiement des Etats.
A Maurice, on semble s’en soucier comme de notre première chaussette. L’urgence est bien la situation économique. Pas la reforme électorale. Est-ce pour détourner l’attention des vrais problèmes ? Ce serait cynique de le penser mais quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, on semble avoir raison de penser ce qu’on pense. Dixit Raymond Devos. La vitrine de Maurice fait l’illusion d’un pays prospère, avec son shopping mall et ses centres commerciaux qui pullulent. Mais qui investit dans la production de biens et de services, créatrice d’emplois, entre autres ?
On ne le dira jamais assez : c’est l’évolution normale d’une économie. D’abord la production – monoculture de la canne, entre autres – puis les services à plus forte valeur ajoutée. Mais il y a en même temps un taux de chômage à 8 % et une paupérisation des couches moyennes et des défavorisés. La main-d’œuvre peu formée ou franchement analphabète ne se retrouve plus. Le temps du «miracle économique» est bel et bien terminé. Voici venu le temps de se regarder honnêtement dans un miroir. Nous verrons alors que le soi-disant «tigre de l’océan Indien» est presque sans fourrure. On dirait un mannequin anorexique ! Combien de temps sera nécessaire pour que nous nous ressaisissions ? Combien de temps prendra la diversification de nos marchés, la phrase à la mode à la «Government House» comme à la «Plantation House» ?
En attendant, les «gagne-petits» ont du mal à finir le mois, ou même la semaine. «Maurice c’est un plaisir», dit-on. L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres !
 
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