Elles sont à la fois épouses, mamans et inspectrices au sein de la force policière. Autant de rôles qu’assument pleinement Sharmeela Appadoo et Sarashvadi Vethan qui ont été promues inspectrices le mardi 17 mai. Exemples de courage, ces deux femmes font la fierté de leurs collègues et de leurs familles.
C’est avec un grand sourire aux lèvres que se présentent deux femmes armées de leurs nouveaux «police sticks » et décorées de deux « galons » sur chaque épaule. Sharmeela Appadoo et Sarashvadi Vethan ont toutes les deux 38 ans et ont à leur actif presqu’une vingtaine d’années de service. Elles sont passées au grade d’inspectrice ce mardi 17 mai.
Sharmeela Appadoo est  mère de deux garçons, Pritvee, 12 ans et Yadav 9 ans. Elle a commencé son service au sein de la force policière le 1er juin 1996. Elle a d’abord fait sa formation à la Police Training School (PTS) et a été affectée au poste de police de Beau-Bassin. D’ailleurs, elle soutient qu’à ses débuts, l’intégration n’a pas été facile car il n’y avait pas beaucoup de filles dans la police.
« Au début, c’était très dur. Mais j’ai toujours voulu être policière. J’ai fait un BSC in Police Studies, j’ai également réussi mes examens pour devenir sergent en 2005 et puis, en 2009, j’ai passé mes examens pour être inspectrice mais je viens tout juste d’avoir cette promotion », affirme Sharmeela Appadoo.
En effet, tout en étant sergent, la jeune femme a été coach à l’école de police et elle était également affectée au Crime Prevention Unit (CPU) et au poste de police de Vacoas.
Et la toute nouvelle inspectrice dit qu’elle doit son cheminement professionnel à son époux Darma Appadoo qui a toujours cru en elle. «Pour mon mari, c’était une évidence parce que j’ai travaillé dur pour en arriver jusque-là. Il m’a toujours soutenue », affirme-t-elle en ajoutant que le secteur dans lequel elle a évolué a toujours été très compétitif.
Toutefois, Sharmeela Appadoo avoue qu’en rentrant de son travail, elle a du mal à changer de tonalité en s’adressant à ses deux fils. «Je suis assez autoritaire et j’ai tendance à garder une certaine rigueur en parlant à mes enfants. Une fois, mon benjamin m’a même reprise en me disant que je n’étais plus au poste de police et que je pouvais reprendre une tonalité plus douce », lâche la policière en riant.
Pour sa meilleure amie, Padma Bhugoban, un sergent qui avait aussi pour ambition de devenir inspectrice mais qui n’a malheureusement pas été promue, Sharmeela Appadoo est une source d’inspiration.  «Elle est toujours prête à aider les autres et elle est très confiante. C’est ce qui l’a aidée à réussir », affirme sa meilleure amie.
Quant à Sarashvadi Vethan, elle indique qu’elle a été inspirée par son grand frère qui a rejoint la force policière quand elle n’avait que sept  ans. Elle a, pour sa part, rejoint  la police en 1993. «J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les policiers. Des six filles que compte ma famille, je suis la seule fille à travailler, en plus comme policière », lâche-t-elle fièrement.
L’inspectrice Vethan est mariée à un pompier. «Les horaires de travail sont différents. Je suis souvent seule à la maison mais je n’ai pas peur. C’est assez dur de gérer la vie familiale et la vie professionnelle mais les femmes arrivent quand même à le faire », affirme-t-elle.
Sarashvadi Vethan a commencé ses fonctions au poste de police de Vacoas. Elle a enchaîné au service de la Criminal Investigation Division (CID). Et après 17 ans de loyaux services et après avoir passé ses examens, elle a reçu sa promotion.
Pour son collègue, le constable John Milate, l’inspectrice Vethan est toujours très appliquée dans son travail. «Elle est très sérieuse et aime travailler en équipe. Je sais qu’elle ne baisse jamais les bras et vise toujours plus haut », soutient-il.
Aujourd’hui, les deux femmes travaillent aux Casernes Centrales. Et pour le constable Murugan, elles sont un bel exemple de courage pour les autres policiers. «Elles ont su prouver qu’elle peuvent faire le même travail que les hommes. A ce jour, elles ont beaucoup plus de responsabilités. C’est plus dur de travailler au quartier général mais elles ont gardé le sourire », affirme le constable Murugan.
Quant à l’avenir, les deux inspectrices n’hésitent pas à aspirer à devenir commissaire. «Il faut attendre d’être promue mais nous visons toujours plus haut », lâchent-elles fièrement.