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Egypte : Grèves et nouvel appel à une manifestation monstre
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Egypte : Grèves et nouvel appel à une manifestation monstre
Les anti-Moubarak ont appelé leurs sympathisants à amplifier le mouvement en réaction à l''''impatience exprimée par le vice-président envers les manifestants qui réclament le départ immédiat du président depuis plus de deux semaines. Des milliers de fonctionnaires ont entamé des grèves dans tout le pays.
Les efforts du vice-président pour ouvrir le dialogue avec les manifestants au sujet des réformes se heurtent depuis le week-end aux réticences des jeunes meneurs du mouvement, qui soupçonnent Omar Souleimane de vouloir limiter le changement. Ils exigent la démission préalable d''Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.
M. Souleimane a fait craindre un retour de la répression en déclarant mardi qu''il existait une menace de "coup d''Etat" de l''armée, de la police, du renseignement, des Frères musulmans ou même des contestataires si les manifestants refusaient de négocier. "Nous ne pouvons pas supporter cela plus longtemps (...) Cette crise doit prendre fin le plus tôt possible", a-t-il dit.
Il a encore alimenté le scepticisme des activistes en estimant que "la culture de la démocratie est encore très éloignée" de celle de l''Egypte et en annonçant qu''un collège de juges désignés par le gouvernement et dominé par des pro-Moubarak proposerait des amendements constitutionnels à soumettre à un référendum. Il a toutefois accepté l''idée d''une supervision internationale des élections prévues pour septembre.
"Il menace de décréter la loi martiale, ce qui veut dire que tout le monde va être écrasé sur la place" Tahrir, a réagi Abdul-Rahman Samir, un porte-parole de la coalition regroupant les cinq principaux mouvements de jeunesse à l''origine des manifestations dans le centre de la capitale. "Mais qu''est-ce qu''il fera avec le reste des 70 millions d''Egyptiens qui nous suivront après? (...) Nous faisons la grève, manifesterons et nous ne négocierons pas jusqu''à ce que Moubarak démissionne", a-t-il lancé.
Près de 10.000 personnes étaient massées sur la place Tahrir mercredi, au 16e jour de cette contestation sans précédent. A quelques rues de là, 2.000 autres bloquaient le Parlement et exigeaient sa dissolution. L''armée s''est déployée sur place. Sur la place, des manifestants ont une nouvelle fois dormi sous les chars qui les encerclent pour prévenir tout mouvement des véhicules.
Et pour la première fois, les militants ont appelé à des grèves, défiant le vice-président qui a jugé les appels à la désobéissance civile "très dangereux pour la société". "Nous ne pouvons pas accepter cela du tout", a-t-il prévenu.
Des grèves généralement suivies par quelques centaines de personnes à chaque fois ont éclaté à travers le pays, notamment parmi des fermiers, des employés de musée et de l''électricité au Caire, qui exigent du pain, des augmentations de salaire ou un changement de direction. De nombreuses entreprises avaient fermé leurs portes ces derniers jours à cause du couvre-feu.
La plupart de ces débrayages ne semblent pas directement liés aux appels des manifestants de Tahrir mais certains grévistes ont menacé de rejoindre le mouvement, notamment quelque 8.000 manifestants qui ont jeté des pierres au gouverneur à Assiout, dans le centre-est du pays.
A Port Saïd, sur le Canal de Suez, environ 300 habitants d''un bidonville ont violemment protesté contre l''absence de logement décent. Ils ont monté des tentes sur la place des Martyrs, dans le centre-ville.
A Kharga, au sud-ouest du Caire, deux personnes qui manifestaient avec quelques centaines d''autres pour le limogeage d''un responsable policier accusé d''abus de pouvoir ont été tuées par la police mardi.
A Suez, c''était déjà le deuxième jour de grève. Environ 5.000 employés de diverses entreprises d''Etat ont manifesté sur leurs lieux de travail respectifs.
De leur côté, les meneurs de Tahrir ont appelé à une nouvelle "manifestation de millions" d''Egyptiens pour vendredi, mais ils prévoient cette fois plusieurs rassemblements dans différents quartiers du Caire, a précisé l''un des organisateurs, Khaled Abdel-Hamid. La manifestation monstre de la semaine dernière a réuni au moins 250.000 personnes sur la place.
A peu près autant d''Egyptiens s''y sont rassemblés de nouveau mardi pour accueillir leur héros, l''un des organisateurs de la mobilisation sur Internet, Wael Ghonim, 30 ans, un responsable local de Google récemment relâché après 12 jours de détention.
Les Frères musulmans ont quant à eux durci le ton mercredi. L''un de leurs chefs, Muhammed Mursi, a accusé l''armée d''avoir arrêté jusqu''à une centaine de "frères" et de les avoir torturés, pratiques qui ressemblent plus à la police. "Le président doit (...) partir", a-t-il dit, car "la transition n''a pas lieu".
Malgré l''agitation et le départ de dizaines de milliers d''étrangers, le plus célèbre site touristique d''Egypte, les pyramides de Gizeh, a rouvert mercredi.
(Source: AP)
 
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