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Tunisie : Ce que l''islamisme représente en Tunisie
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Tunisie : Ce que l''islamisme représente en Tunisie
Après la chute de Ben Ali, beaucoup s''''interrogent sur l''influence et le rôle des islamistes d''Ennahda dans la Tunisie de demain. Le quotidien français en ligne, LEXPRESS.fr fait le point dans son édition du mercredi 19 janvier.
Le journal rappelle que le parti islamiste, Ennahda, est fondé en  1981, et sera toléré par le régime du président Ben Ali après sa prise de pouvoir en 1987. « Mais après les législatives d''avril 1989, où les islamistes obtiennent 15% des suffrages en se présentant sous une liste "indépendante", ses militants sont pourchassés et emprisonnés. La victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) en Algérie aux élections de juin 1990 permet à Ben Ali d''agiter l''épouvantail d''un "effet domino". Au cours des années 1990, quelque 30 000 militants du parti islamiste sont arrêtés. Ils finiront par être libérés au milieu des années 2000, ( en 2006) après avoir purgé la quasi-totalité de leur peine, mais ils sont brisés », poursuit le quotidien français.   
Après la répression des années 1990,  puis l’interdiction  d''Ennahda, le mouvement islamiste se désorganise. D’autant que, toujours dans les années 1990, les principaux partis d''opposition soutiennent la répression contre cette formation.  "Entre Ennahda et Ben Ali, ils choisiront Ben Ali, comme en 1991-1993", rappelle  un diplomate cité par Libération. Mais graduellement, l''opposition laïque est elle-même ébranlée par la répression, et s''ouvre alors au dialogue avec Ennahda.
Mais existe-il  une sensibilité islamiste en Tunisie., malgré de nombreuses années de répression ? Pour le chercheur  français Pierre Vermeren, "il existe une sensibilité islamiste très forte au sein de la population: le discours religieux, moral ou moralisateur, se nourrit de la dénonciation de la corruption et des comportements économiques mafieux. Le terreau est très favorable et la Tunisie est soumise, comme tous les pays de la région, à l''idéologie véhiculée par les grands médias du Golfe", ajoute-t-il. 
De son côté, le chercheur français Eric Gobe raconte une expérience personnelle.  "En juin dernier, j''ai été invité par l''association des Tunisiens des grandes écoles pour une conférence…Ils m''ont demandé de me plier à un certain horaire qui permettait aux participants d''aller à la grande prière du vendredi. Dix ans en arrière, ça n''aurait pas été le cas. La société tunisienne est de plus en plus dans la pratique religieuse et on voit de plus en plus de hijab (foulard islamique)", témoigne-t-il. 
"Personne, au Maghreb, ne souhaite vivre une tragédie comme celle qu''a connue l''Algérie pendant les années 1990", souligne Pierre Vermeren. Même analyse de la chercheuse Salma Belaala: "La répression du régime, l''expérience algérienne et l''image négative du terrorisme islamiste en Tunisie ont considérablement affaibli les leaders politiques de ce courant." 
 
Quel a été le rôle des islamistes dans les manifestations du mois dernier et de janvier? "Pratiquement absentes des manifestations tunisiennes, les formations islamistes n''influent pas pour l''instant sur le cours des choses à Tunis. Mais reste à voir de quel poids elles pèseront lors des élections présidentielles à venir », explique le chercheur François Burgat. 
 
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