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La révolution tunisienne, un avertissement, affirme le chef de la Ligue arabe

18 janvier 2011, 20:00

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"La révolution tunisienne n''''est pas loin de nous", a lancé mercredi (19 janvier)  le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa à l''ouverture d''un sommet économique de l''organisation à Charm-el-Cheikh en Egypte.

Dans une intervention passionnée, Amr Moussa a lancé une mise en garde aux dirigeants de la région, soulignant que la colère des populations avait atteint des niveaux sans précédent. "Les citoyens arabes sont dans un état sans précédent de colère et de frustration", a-t-il déclaré. Faisant le lien entre le soulèvement tunisien et la détérioration des conditions économiques dans l''ensemble du monde arabe, il a exhorté à une renaissance arabe pour en sortir les populations.

"L''âme arabe est détruite par la pauvreté, le chômage et la récession", a-t-il tonné. "Nous avons tous cela présent à l''esprit", a-t-il ajouté devant les 20 dirigeants et autres représentants réunis sur les bords de la Mer rouge. La révolution tunisienne, ses conséquences et la possibilité d''effet-domino et de contagion dans le monde arabe sont au cœur de ce sommet, prévu de longue date et qui aurait dû être consacré à des questions économiques.

Plusieurs personnes se sont immolées en Algérie et en Egypte, à l''image du jeune chômeur diplômé tunisien dont le geste désespéré fut le détonateur de la révolution qui chassa du pouvoir l''autocrate Zine el Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage. Et des milliers de personnes ont depuis manifesté en Jordanie, en Egypte, en Libye, à Oman et au Yémen récemment, certains explicitement en solidarité avec les Tunisiens.

Selon le projet de document final obtenu par l''Associated Press et qui devait être adopté, les pays représentés devraient "s''engager à fournir des opportunités de travail pour les jeunes du monde arabe, afin de leur donner les moyens de participer pleinement à leurs sociétés". Et ce via un fonds-programme de deux milliards de dollars destiné à soutenir les économies en difficulté dans la région.
L''idée de ce fonds avait été lancée par le Koweït lors d''un sommet économique en 2009, mais sa mise en œuvre a traîné pour raisons financières, les pays-membres rechignant depuis lors à mettre la main au portefeuille.
Selon des diplomates arabes, l''Arabie saoudite et le Koweït ont promis 500 millions de dollars chacun, et, depuis le début de la crise tunisienne qui a débouché sur la chute du régime Ben Ali, les fonds supplémentaires ont commencé à pleuvoir: 298 millions de dollars additionnels avaient été promis par 11 autres Etats-membres à la date de mardi, selon Thamer al-Anni, responsable de la Ligue arabe.
Mercredi, l''émir du Koweït Cheikh Sabah al-Ahmed al-Jaber al-Sabah a déclaré que ce fonds contribuera à la création de nouvelles possibilités d''emploi à l''heure où le monde arabe connaît "une crise historique sans précédent".

Le fonds sera mis sur pied d''ici quelques semaines et fonctionnera comme une banque de crédits à court et moyen terme pour les jeunes du monde arabe qui souhaiteraient monter une PME, "avec un petit capital entre 20 000 et 50000 dollars", a précisé Thamer al-Anni. Priorité sera donnée aux pays les plus pauvres, comme Djibouti, le Soudan ou le Yémen, a-t-il ajouté.

(Source: Associated Press)


 

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