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Travailleurs étrangers: Abandonnés par leur employeur, deux Indiens tentent de se suicider

16 janvier 2011, 20:00

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Travailleurs étrangers: Abandonnés par leur employeur, deux Indiens tentent de se suicider

Ils sont nombreux parmi les 40 000 travailleurs étrangers dans le pays à déplorer leurs mauvaises conditions de vie. Un énième cas a failli provoquer mort d’homme, avec la tentative de suicide de deux travailleurs indiens la semaine dernière. Le problème a été soulevé sur les ondes de Radio One pendant l’émission Enquête en direct. (Photo : L''''usine Shibani Knitting qui à fermé ses portes)

Ils ne touchent plus un sou depuis octobre dernier. Ces quinze travailleurs indiens, occupant un appartement à Bambous, ont été abandonnés à leur sort par leur employeur et privés de salaire, y compris de leur boni de fin d’année.

Selon ce qui a été relevé par Enquête en direct, les deux ouvriers avaient été réembauchés par l’usine Twintex Co Ltd, après la fermeture de Shibani, en 2010, pour cause de difficultés financières. Pour sa part, Twintex Co Ltd, initialement installée à Bambous, a déménagé ses locaux à Rose-Hill et ferait aussi face à des problèmes d’argent.

Sans nourriture et sans nouvelles de leur patron, les quinze travailleurs indiens ne savent plus à quel saint se vouer. Ils avancent avoir rapporté le cas au ministère du travail, mais sans succès.

Entre-temps, les voisins sur place, mis au courant des difficultés de ces travailleurs indiens, ont tenu à leur apporter leur soutien, en leur procurant des vivres.

Las de cette situation précaire, les deux ouvriers ont voulu en finir avec leur vie. Le premier a avalé des médicaments et le second a essayé de se pendre. Sauvés in extremis par les habitants de Bambous, les deux hommes veulent, comme cinq autres de leurs camarades, rentrer chez eux à Mumbai. C’est ce qu’ils ont confié à Valerie Lemaire de Radio One, lors de son reportage sur les lieux.

Interrogés, ils avancent être à Maurice depuis deux ans. Ils avaient été recrutés dans un premier temps pour le compte de l’usine textile Shibani. Janine, la propriétaire de l’appartement où ils logent, raconte comment elle a constaté l’état déplorable de ces travailleurs étrangers, à son retour d’un voyage.

«On ne perçoit plus de loyer de la part de l’employeur depuis trois mois. Celui-ci avait également émis deux chèques sans provision, et sans oublier qu’il a payé un mois de salaire en trois fois. D’autant plus qu’ils ont abandonné ces pauvres gens avec un seul récipient pour faire à manger et pour préparer du thé», lâche-t-elle, en colère.

Il ressort également que le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimé, qui est aussi le député de la circonscription numéro 14, est allé à la rencontre des indiens pendant le week-end.

Sollicité sur cette affaire, le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, déclare être au courant de ce dossier et que les officiers de l’immigration se sont déjà rendus à l’usine Twintex à Rose-Hill pour un constat. Par ailleurs, le ministre a convoqué l’employeur ce lundi 17 janvier à son bureau.

Il ajoute, en outre, que les démarches sont en cours pour que les huit travailleurs indiens puissent regagner Bombay. Toujours selon le ministre, quatre seulement pourront être rapatriés dans l’immédiat car ils sont en règle et ont une garantie bancaire.

Shakeel Mohamed a fait ressortir que ce n’est pas à l‘Etat de rapatrier ces personnes, ce qui relève avant tout de la responsabilité de l’employeur.

Quant aux onze autres, ils seraient tous dans une situation irrégulière faute de cette garantie bancaire. Parmi, sept qui veulent trouver du travail dans une autre usine à Maurice.

 

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