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Les guerres qui n’en finissent pas
En 2010, la guerre s’est intensifiée en Afghanistan, provoquant un plus grand nombre de morts à la fois parmi les militaires étrangers, les soldats et policiers afghans et la population civile. Un certain apaisement a été noté en Irak, alors qu’au Pakistan, de nombreux civils ont été tués dans des attentats perpétrés par des insurgés islamistes. La paix est encore lointaine au Proche-Orient, la tension très vive dans la péninsule coréenne, les combats se poursuivent en Somalie, alors que les conflits ethniques ont fait des centaines de morts au Nigeria.
Conflit en Afghanistan: plus de 700 soldats étrangers tués en 2010
Le nombre de soldats étrangers tués  en Afghanistan a passé la barre de 705 en 2010, selon un décompte effectué le 21 décembre par l''''AFP à partir du site indépendant icasualties.org.C’est de très loin l''année la plus sanglante pour les troupes des Etats-Unis et de l''Otan. Les premières victimes du conflit restent néanmoins les civils : 2 412 tués et 3 803 blessés, entre janvier et octobre, dans leur grande majorité lors  d''attentats-suicides ou par des bombes artisanales des insurgés, selon un rapport de l''ONU publié en décembre.
Selon deux cartes confidentielles des Nations unies publiées par le Wall Street Journal, le lundi 27 décembre, l''insurrection des talibans s''est étendue à des régions jusqu''ici épargnées par les combats. Ces cartes, censées évaluer le niveau de sécurité province par province, montrent une dégradation et une intensification du conflit en 2010.
Ces documents internes à l''ONU contredisent le discours officiel de la Maison Blanche, selon lequel des "progrès fragiles" ont été obtenus contre les talibans ces derniers mois. A noter que Washington dit envisager un début de retrait de ses troupes d''Afghanistan en  2011, tandis que l''Otan prévoit de transférer la responsabilité de la sécurité de l''ensemble du pays aux forces afghanes d''ici 2014.Les tentatives de négociations entre le gouvernement afghan et les talibans, même timides au cours de cette année, n’ont rien donné. Les élections entachées de fraudes massives et la corruption qui ronge le gouvernement afghan  n’augurent rien de positif ni pour ce pays, ni pour ses habitants meurtris par bientôt dix années de guerre.
Proche-Orient : Aucun progrès dans le conflit israélo-palestinien
Une lueur d’espoir est apparue en septembre avec la reprise, après plusieurs mois de « silence », des négociations directes entre le Premier ministre israélien et le président palestinien.
D’abord  une rencontre aux Etats-Unis, sous l’égide de Washington, puis en Egypte, pour tenter de relancer les pourparlers en vue d’une paix durable. Ce qui suppose la création d’un Etat palestinien libre et indépendant, vivant en paix avec son voisin  israélien. Malgré les efforts et même les pressions des Etats-Unis et de l’Union européenne, les discussions ont pris fin en septembre après le refus des autorités israéliennes de prolonger le gel des constructions de logements dans les territoires palestiniens occupés. Ce gel est une condition essentielle pour la poursuite des négociations directes, affirment les palestiniens.
L’année s’achève donc sur un constat d’échec pour la paix au Proche-Orient, particulièrement entre les Israéliens et les Palestiniens. Un échec encore plus grand quand on sait que le changement de président aux Etats-Unis, après les années Bush, avait suscité beaucoup d’espoir. Dans le même temps, le conflit entre l’Autorité palestinienne et le Hamas n’a trouvé aucune issue, malgré des pourparlers. Les territoires autonomes, à savoir la Cisjordanie et la Bande de Gaza, sont administrés par ces deux entités palestiniennes. Une division qui ne peut que faire plaisir aux occupants israéliens.
Irak : Vers la normalisation…
Contrairement  à l’Afghanistan, la situation se stabilise en Irak,  même si elle demeure encore précaire. Plusieurs développements sont intervenus en 2010 qui constituent des signes encourageants pour un retour à la normale dans ce pays ravagé par la guerre depuis 7 ans.  Le nombre de morts au sein des forces étrangères, notamment américaines, a baissé en 2010, soit 60 morts et 387 blessés au 21 décembre,  selon icasualties.org. (314 morts et 2052 blessés en 2008, 149 décès et 693 blessés en 2009). La guerre a d’ailleurs pris une toute autre dimension depuis quelques années, avec des attentats perpétrés contre les militaires et les policiers irakiens ainsi que des civils. Une tendance qui s’est maintenue en 2010. 
Il n''existe toutefois pas de décompte précis des morts civiles pour  2010.  A titre d’indication : l''Iraq Body Count dénombrait entre 87 665 et 95 687 décès en 2008. Selon l''Iraq Body Count, le nombre de civils tués a beaucoup baissé en 2008 (76 morts par jour en 2006, 25 morts par jour en 2008) et cette tendance s’est maintenue en 2009 et 2010. Idem pour le nombre de décès parmi les policiers et les militaires irakiens, même si des chiffres précis ne sont pas disponibles.
Autre développement majeur en 2010 : les forces de combat américaines ont entamé leur retrait en juillet. La dernière unité de combat présente en Irak, la 4e brigade de la 2e division d’infanterie, a quitté le pays en  août. Et au 1er septembre 2010, il ne restait que 50 000 soldats américains. « Ils ont un rôle d’assistance et de formation auprès des soldats et des policiers irakiens, mais ne seront pas directement impliqués dans les opérations de maintien de l’ordre. Ils devraient quitter le pays fin 2011 », selon les autorités américaines.
2010 a aussi été l’année des élections législatives, les deuxièmes depuis l’invasion américaine. En mars, les Irakiens se sont rendus en grand nombre aux urnes, malgré les menaces de groupes armés. D’ailleurs, une quarantaine de personnes ont été tuées lors de ce scrutin. Un gouvernement d’union nationale a été constitué en décembre après plusieurs mois de tractations, selon un partage ethnico-confessionnel entre chiites, sunnites et kurdes.
Autres conflits : La tension est montée un peu plus en cette fin d’année dans la péninsule coréenne, entre le Nord et le Sud. Après des mois d’invectives de part et d’autres et d’incidents dans les eaux territoriales contestées, les manœuvres militaires sud-coréennes de décembre  ont provoqué des tirs d’artillerie du Nord, faisant 4 morts, deux militaires et deux civiles, en Corée du Sud.
Au Nigeria, les conflits inter-ethniques et inter-confessionnels ont fait des centaines de morts, alors qu’au Soudan, la paix est toujours très fragile entre le Nord et le Sud. La Somalie est toujours dans le chaos, le gouvernement de transition n’occupant qu’une partie infime du territoire, alors que les combats entre les forces de l’Union africaine et les islamistes se sont poursuivis tout au long de l’année, dans diverses régions. Une situation qui a profité aux pirates somaliens qui trouvent ainsi une base arrière sure après leurs attaques répétées contre des navires au  large de la Somalie et dans une grande partie de l’océan Indien.
Au Pakistan, l’année a été particulièrement meurtrière, entre les forces pakistanaises et les insurgés islamistes, notamment dans les zones frontalières avec l’Afghanistan. Alors que les  attentats terroristes ont fait de nombreuses victimes, en particulier parmi les civils.
Lire la première partie de la rétrospective
 
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