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Violence domestique : environ Rs 1,4 milliard de pertes pour l’économie en 2008-2009
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Violence domestique : environ Rs 1,4 milliard de pertes pour l’économie en 2008-2009
Une étude sur l’étendue, la nature et les coûts de la violence domestique sur l’économie mauricienne vient d’être rendue publique. La violence domestique a coûté quelque Rs 1,4 milliard à l’économie de 2008-2009.
L’étude, rendue publique ce jeudi 2 décembre 2010, à l’hôtel Labourdonnais, au Caudan Waterfront, Port-Louis, a été commanditée par l’UNDP et conduite par le Mauritius Research Council, avec le soutien du ministère de l’Egalité des genres. Mme How Fok Cheung, secrétaire permanent du ministère de l’Egalité des Genres la coordinatrice des Nations Unies pour Maurice, Leyla Tegmo-Reddy et le Dr Arjen Suddhoo, directeur exécutif du Mauritius Research Council sont intervenus ce matin.
Des représentants des organisations non-gouvernementales et de la société civile ont aussi assisté au lancement de A study of the Extent, Nature and Costs of Domestic Violence to the Mauritian Economy. Parmi, SOS Femmes, la Mauritius Family Planning and Welfare Association et Gender Links.
Le coût direct de la violence domestique aux victimes s’élève à peu près Rs 221 M.  Les coûts indirects pour l’économie et la société (en termes de productivité et absences au travail) se chiffrent à Rs 988 M. Le coût direct aux fournisseurs de services aux victimes est de Rs 196 M, approximativement, pour 2008-2009. Ce qui équivaut à un coût total estimé à Rs 1,4 milliard pour la même période.
Le pourcentage de femmes qui ont été victimes d’abus physiques est de 5,9%, comparé à 1,9% pour les hommes. Il est estimé que 653 hommes ont été victimes d’abus sexuels au moins une fois au cours de l’année écoulée, comparé à 4036 femmes. Environ 38% des personnes classées dans la catégorie des victimes d’abus sexuels ne se définissent pas comme des victimes. De plus, uniquement 15,6% de ceux qui ont déclaré être des victimes de violence émotionnelle, soutiennent qu’ils se considèrent comme étant des victimes de violence domestique.
L’étude révèle aussi que l’argent est la plus importante cause de conflits physiques et émotionnels entre les partenaires/conjoints. Selon le secrétaire permanent du ministère de l’Egalité des Genres, puisque la majorité des victimes de violence domestique sont des femmes ayant une éducation élémentaire, il faut travailler sur l’éducation et l’autonomie financières de celles-ci.
Plusieurs recommandations ressortent de cette étude. La plus importante est qu’il nécessaire de changer d’approche. Un shift est requis d’une approche réactive et fragmentée à une approche plus nationale, exhaustive et coordonnée. Il est suggéré d’adopter des approches réactives, par exemple, c’est-à-dire intervenir dès qu’est rapporté un cas de violence, de même que l’utilisation de mesures préventives, par le biais de la sensibilisation et le changement des attitudes et comportements des gens.
Il faudrait aussi rationaliser la compilation des indicateurs de la violence domestiques. Le système de protection order doit être également revu pour intégrer un suivi régulier des victimes et des auteurs d’actes de violence. L’étude démontre aussi qu’il faut considérer la violence domestique au cas par cas, selon la religion, les salaires, l’âge et les croyances.
En 2007, le ministère de la Femme avait déjà menée une étude sur la violence domestique à Maurice. Ce ministère précise que 85% des recommandations de cette étude ont déjà été appliquées jusqu’à présent. Malheureusement, les cas de violence domestique ne semblent pas diminuer.
De janvier à octobre 2010, 1 890 cas de violence domestique ont été enregistrés par le ministère de l’Egalité des Genres. Toutefois, ce ne sont que les cas que les victimes ont rapportés. En réalité, le nombre de victimes serait supérieur. Selon les autorités, ces dernières restent silencieuses, soit parce qu’elles ont peur, ou par pudeur, ou encore parce qu’elles ne se considèrent pas victimes de violence domestique.
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