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Thailande : Le chef militaire des "chemises rouges" blessé par balle

14 mai 2010, 00:00

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Thailande : Le chef militaire des "chemises rouges" blessé par balle

Le "conseiller" militaire des "chemises rouges" ", Khattiya Sawasdipol (photo) a été blessé d''''une balle à la tête le jeudi 13 mai dans le quartier d''affaires du centre de Bangkok où campent quelque 20 000 opposants au gouvernement thaïlandais.

Surnommé le "commandant rouge", Khattiya Sawasdipol est un général renégat tenu par le gouvernement pour un "terroriste" responsable d''une mystérieuse vague d''attentats à la grenade qui ont fait une centaine de blessés, mais il est vénéré par une bonne partie des "chemises rouges", dont il dirige une faction radicale et assurait la sécurité du camp retranché.

Admis dans une unité de soins intensifs d''un hôpital local selon des sources médicales, Khattiya a été touché au moment où il accordait une interview en extérieur à des journalistes, à portée d''un possible tireur d''élite posté sur un toboggan routier ou dans un des gratte-ciel d''affaires qui surplombaient la scène.

Aux yeux d''un expert en matière de défense, Anthony Davies, Khattiya a été victime d''"une tentative claire pour décapiter la direction militaire des chemises rouges" et d''une "initiative habile pour semer la confusion dans leurs rangs" afin de les pousser à la dispersion.

Au moment où on tirait sur Khattiya, une explosion et des tirs d''armes automatiques ont été entendus aux alentours du camp. De source médicale, on a fait état de quatre blessés à ce moment-là. Quelques heures plus tard, des militaires ont tiré en l''air pour disperser des manifestants qui tentaient d''entraver leurs mouvements.

Plus tard encore, un manifestant anti-gouvernemental a été blessé d''une balle dans la tête alors qu''il tentait de rallier, avec un groupe d''opposants, le camp des "chemises rouges", verrouillé depuis quelques heures par l''armée sur l''ordre du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, rapporte un correspondant de Reuters.

Après les avoir vainement incités à mettre fin à leur mouvement avant mercredi minuit en leur concédant des élections législatives anticipées, Vejjajiva a durci sa position jeudi en ordonnant aux chars de cerner la zone de trois kilomètres carrés où campent ses opposants.

"Nous allons dépêcher des groupes pour neutraliser les blindés en les encerclant", avait prévenu Jatuporn Prompan, un leader de la contestation, qui a dit croire que l''armée tenterait de disperser les manifestants dans la nuit ou dans la matinée de vendredi.

Vejjajiva semble soucieux de mettre fin rapidement, mais "avec le moins de casse possible", à une crise sans précédent depuis 20 ans, dont les débordements ont déjà fait une trentaine de morts et plus de 1.000 blessés, minant la confiance des investisseurs et des consommateurs.

Le baht, la monnaie nationale, a chuté à l''annonce des préparatifs de l''armée pour venir à bout des opposants, pour la plupart des partisans de l''ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, chassé du pouvoir en 2006 par un coup d''Etat.
Mais, de source proche d''Anupong Paochinda, le chef de l''armée chargé de rétablir de l''ordre, on juge improbable que l''armée passe brutalement à l''action. "Nous ne voulons pas de victimes, alors il faut que nous maintenions la pression pour que les gens se lassent de résister."

Les opposants, qui reprochent à Abhisit la légitimité douteuse de son élection il y a 17 mois avec le soutien de l''armée, tiennent son vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban pour responsable des affrontements qui ont fait 25 morts le 10 avril et exigent, pour mettre fin à leur mouvement, qu''il soit traduit en justice.

 

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