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Décapitée, l''armée polonaise est confrontée à l''incertitude

12 avril 2010, 00:00

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Décapitée, l''armée polonaise est confrontée à l''incertitude

Avec la mort, dans l''''accident d''avion fatal au président Lech Kaczynski, du chef d''état-major et des chefs des trois corps, l''armée polonaise entre dans une phase d''intertitude autour de sa mission en Afghanistan et de son programme de modernisation.

Outre le chef de l''Etat et son épouse, le général Franciszek Gagor, qui dirigeait l''état-major et que l''on disait proche d''un poste d''influence au sein de l''Otan, et les plus hauts commandants de l''armée de terre, de la marine et de l''aviation sont au nombre des 96 personnes tuées dans l''accident du Tupolev TU-154 samedi près de Smolensk, dans l''ouest de la Russie.

"C''est la plus grande tragédie (de ce type) dans l''histoire des forces armées polonaises", souligne Stanislaw Koziej, ancien général et ex-ministre de la Défense.

"Jamais auparavant le principal commandant ainsi que le commandant en chef des forces armées (le président de la République-NDLR) n''avaient trouvé la mort simultanément", ajoute-t-il dans un entretien accordé à Reuters.

L''accident qui a décapité l''armée polonaise coïncide avec l''envoi de 600 soldats en renfort en Afghanistan, où le contingent polonais de la Force internationale d''assistance à la sécurité (Isaf) compte déjà 2.000 soldats.

Il intervient aussi en pleine modernisation des forces armées du pays consécutive à la suppression du service militaire obligatoire.

Des précédents

"Cette tragédie aura à coup sûr des répercussions sur la mission afghane, même s''il est difficile de prédire si les choses se poursuivront dans l''immédiat", souligne Wojciech Luczak, expert militaire qui ajoute que le pays vient de perdre "l''élite intellectuelle de son armée".

Le président de la Diète polonaise, Bronislaw Komorowski, qui assure l''intérim à la tête de l''Etat, a annoncé lundi une révision des directives en matière de déplacements des responsables militaires, car l''accident a soulevé des questions sur les procédures encadrant les déplacements officiels.

"Comment est-il possible que tous ces responsables de premier plan, militaires ou civils, en soient venus à voyager à bord du même avion ?", s''interroge Wojciech Luczak.

D''autant que l''accident de samedi a eu des précédents, même s''ils n''ont pas eu une telle ampleur.

En 2008, un avion militaire s''était écrasé en Pologne. Ses 20 occupants, pour la plupart de hauts responsables de l''armée de l''air qui rentraient d''une conférence sur la sécurité aérienne, avaient péri.

Les autorités avaient alors resserré les mesures de sécurité, interdisant aux chefs des unités militaires de voyager dans le même avion que leurs adjoints.

De nouvelles mesures suivront, ainsi que l''a annoncé Komorowski, qui fut ministre de la Défense en 2000-2001.
Dans l''immédiat, il revient à l''actuel ministre de la Défense de nommer, avec l''approbation du président par intérim, les nouveaux responsables de l''armée.

"L''armée ne peut pas fonctionner sans son principal échelon de commandement, et les remplaçants vont devoir être choisis rapidement", dit Janusz Onyszkiewicz, ancien ministre de la Défense.

(Source : Reuters)

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