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Thaïlande : Affrontements sanglants entre forces de l''ordre et "chemises rouges" à Bangkok
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Thaïlande : Affrontements sanglants entre forces de l''ordre et "chemises rouges" à Bangkok
Le sang a coulé le samedi 10 avril à Bangkok lorsque des soldats et des policiers anti-émeutes sont intervenus en plusieurs endroits de la capitale thaïlandaise pour y disperser des opposants au gouvernement du Premier ministre Abhisit Vejjajiva.
Au moins 15 personnes ont été tuées, dont quatre soldats, et près de 680 autres blessées lors de ces affrontements, selon les autorités hospitalières de Bangkok citées par le gouvernement. L''''une des victimes est un caméraman japonais, Hiro Muramoto, qui travaillait pour l''agence de presse Thomson Reuters, a annoncé cette dernière, précisant qu''il était mort d''une balle dans la poitrine.
Les forces de l''ordre sont intervenues dans la journée en plusieurs endroits de Bangkok pour y disperser des rassemblements d''opposants, faisant plusieurs blessés. L''armée avait notamment annoncé son intention de reprendre "avant le crépuscule" le contrôle de quelques-uns des principaux lieux de rassemblement.
La confrontation avec les "Chemises rouges", qui manifestent depuis un mois dans la capitale pour réclamer la dissolution du Parlement, a été marquée par l''emploi de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Certains journalistes ont signalé des tirs à balles réelles, la chaîne de télévision TPBS montrant une balle par terre et des impacts dans une voiture.
L''armée a confirmé avoir tiré à balles réelles, mais uniquement en l''air pour dispe''rser la foule. Elle a par ailleurs affirmé que deux de ses hommes avaient été blessés par balle. Un caméraman d''Associated Press Television News (APTN) a vu deux membres de la sécurité des Chemises rouges munis de fusils d''assaut. Selon le porte-parole gouvernemental Panithan Wattanayakorn, plus de 60 membres des forces de l''ordre ont été blessés.
Le colonel Sansern Kaewkamnerd, porte-parole de l''armée, a exhorté samedi soir les manifestants à se retirer, les accusant au préalable d''avoir utilisé des armes à feu et des grenades. "Les forces de sécurité se sont elles-mêmes placées en retrait des chemises rouges", a assuré le colonel Sansern. Selon les médias, le secrétaire général du gouvernement, Korbsak Sapavasu, a été chargé de rencontrer les manifestants pour "ramener le calme" et leur demander de se retirer.
Alors qu''un calme précaire régnait en fin de soirée, M. Abhisit est intervenu à la télévision peu avant minuit pour laisser une nouvelle fois entendre qu''il ne dissoudrait pas le Parlement. Le Premier ministre a déclaré que lui et son gouvernement avaient "toujours la charge d''apaiser la situation et de ramener paix et ordre dans le pays".
Les "Chemises rouges", un mouvement surtout composé de paysans et d''ouvriers originaires du nord du pays, réclament le retour de Thaksin Shinawatra, Premier ministre renversé par un coup d''Etat militaire en 2006. Il a depuis été condamné par contumace pour corruption et abus de pouvoir et vit en exil. Ils estiment qu''Abhisit n''est arrivé au pouvoir en décembre 2008 que grâce aux pressions de l''armée sur le Parlement.
Un peu plus tôt dans la journée, les manifestants avaient juré d''accentuer la pression après les premières échauffourées. Un dirigeant des "Chemises rouges" a assuré que les manifestations ne s''interrompraient pas la semaine prochaine pour les fêtes du Nouvel an bouddhiste, appelé Songkran en Thaïlande, comme certains l''escomptaient. "Nous resterons et nous nous battrons jusqu''à ce que le Parlement soit dissous", a lancé Nattawut Saika. "Si nous devons rester jusqu''à Songkran, nous le ferons."
Le Premier ministre a déclaré l''état d''urgence vendredi dans la capitale, donnant à l''armée des pouvoirs élargis pour mettre fin à la contestation. Des mandats d''arrêt ont été émis contre 27 dirigeants de l''opposition mais aucune arrestation n''a été signalée.
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