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Amnesty déplore la prise de position incohérente des politiques sur la peine de mort

30 mars 2010, 12:00

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Amnesty déplore la prise de position incohérente des politiques sur la peine de mort

Amnesty (Maurice) estime que les politiciens ne respectent pas leurs engagements par rapport à l’abolition de la peine capitale. L’organisation demandera aux politiques de signer le manifeste des droits humains qu’elle prépare en ce moment.

Dans le cadre des législatives, Amnesty Maurice produira un manifeste de droits humains. L’organisation demandera aux partis politiques de signer ce document. Le texte portera sur plusieurs enjeux : les réfugiés, la violence contre les femmes, le travail du Human Rights Commission, le communalisme, sans oublier, évidemment, la peine de mort.

C’est ce qui ressort d’une conférence de presse, animée par les dirigeants d’Amnesty Maurice, en ce mardi 30 mars, à Lacaz A,  rue St Georges, à Port-Louis.

«L’insécurité et le trafic de drogue nous inquiètent, nous aussi, en tant que citoyens, mais nous ne pensons pas que venir avec la peine de mort, une mesure facile et populiste, est la solution», conclut Linley Couronne.

De son côté, Kavi Pyneeandy souligne que dans les 58 pays où la peine de mort est maintenue, on ne note pas pour autant une baisse de la criminalité. Les membres sont d’avis que «les problèmes sociaux ne peuvent pas être résolus en ayant recours à une loi criminelle».

Selon Amnesty Maurice, le positionnement des partis politiques majeurs quant à la peine de mort n’est pas clair. Il y a plutôt incohérence. Cette organisation qui milite contre la peine de mort espère qu’une fois les élections générales passées, les politiciens se montreront «plus mesurés et sages» sur cette question.

L’ile Maurice a montré son engagement contre la peine de mort en votant en faveur des deux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies visant à un moratoire sur l’application de la peine de mort, soit les résolutions 62/149 et 63/168.
Elle a aussi co-sponsorisé la Résolution 63/168 adoptée en l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 décembre 2008. Fin 2009, Maurice a renouvelé sa résolution contre la peine de mort. Elle expirera en décembre 2010.

«Le Premier ministre Navin Ramgoolam aurait pu ne pas signer cette résolution mais il l’a fait. Quand on vote pour cette résolution, on prend l’engagement de ne pas remettre la peine de mort sur le tapis…», affirme Linley Couronne, directeur d’Amnesty Maurice.

Pourtant, récemment, le chef du gouvernement a parlé de réintroduire la peine de mort.

«Pour moi, Navin Ramgoolam, a violé son propre engagement dans un but populiste. Avant, il s’est positionné pour l’abolition de la peine de mort et maintenant il se dit en faveur de la peine capitale. C’est un peu incohérent et décevant», soutient Linley Couronne.

Le directeur d’Amnesty Maurice déclare que le Premier ministre n’est pas le seul politicien à se montrer incohérent sur la question de la peine de mort. Il cite aussi Paul Bérenger, leader du Mouvement Militant Mauricien (MMM), qui dit laisser les membres de son parti libres de se prononcer individuellement sur la question.

«Soit un parti est pour, soit il est contre !», commente Linley Couronne. Et d’ajouter, «Pravind Jugnauth, leader du Mouvement Socialiste Mauricien (MSM), est lui, au moins clair, il est pour la peine de mort». Pour leur part, les partis politiques Rezistans ek Alternatif, Lalit et le Parti Mauricien Social Démocrate se sont prononcés contre la peine de mort.
Amnesty Maurice espère que Maurice renouvèlera son engagement contre la peine de mort à l’expiration du moratoire fin 2010. 

«Nous espérons qu’après les élections générales, les politiciens se montreront plus mesurés et sages sur cette question», lâche le directeur d’Amnesty Maurice.

Par ailleurs, le prochain concert contre le communalisme, «Par Mwa Rasis Pa Pou Passe» d’Amnesty Maurice, a lieu au collège St Andrews, à Rose-Hill, le mercredi 31 mars, à partir de midi.

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