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Kronik KC Ranze
Éclats d’une nation
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Kronik KC Ranze
Éclats d’une nation
Bien sûr qu’il n’y a pas QUE le problème de l’eau à régler dans ce pays pour prévenir la prochaine explosion sociale ou pour que la population entière trouve le bonheur parfait.
Cependant, j’ai isolé le problème de l’eau, dimanche dernier dans cette chronique, pour deux raisons principales. La première était que c’était cette question particulière qui avait agi comme le déclencheur, ou plus pertinemment la gâchette, des troubles que nous avons connus récemment. Mais c’est aussi parce que c’est, sans doute, la question que l’on peut le plus facilement résoudre, ce problème étant entièrement sous notre contrôle et n’étant sujet à aucune des complications d’ordre sociologique, émotionnel ou culturel auxquels il me semble qu’il est beaucoup plus difficile de s’attaquer au sein de nos autres défis.
En d’autres mots, si nous sommes incapables, après des décades entières, d’avoir un système de collecte et de distribution d’eau finalement performant – alors que nous ne récoltons et traitons que… 9 % des 3,400 millions de mètres cubes de pluie qui tombent sur le pays annuellement et que… moins de 4% de cette eau aboutit éventuellement dans un robinet – quelles sont donc nos chances de résoudre le problème de la drogue, de la corruption, de l’égalité des chances, de la productivité, du pouvoir d’achat ou même des équilibres budgétaires ?
Dites-moi vous-même ! Surtout si l’exemplarité de l’État n’y est pas non plus !
Le problème de l’eau, la honte nationale de ce pays, doit être résolu, en priorité ! Vous avez encore trois ans !
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En attendant le réseau de distribution plus fiable qui ne perd que 30 % de l’eau qui lui est confié (ou moins), le ministre de l’Énergie a raison de dire que le Mauricien doit apprendre à gérer efficacement sa consommation d’eau (et d’électricité).
Depuis longtemps déjà l’express fait campagne dans cette direction. Depuis fin juin, je ne laisse pas l’eau couler pendant que je me savonne sous la douche (20 litres ? Une fois par jour), je ne laisse pas l’eau couler pendant que je me brosse les dents (1 litre, deux fois par jour) et je ne flushe plus les toilettes après y avoir uriné (7 litres, 5 fois par jour). Cela fait presque 7 000 litres d’économie en 4 mois et ma qualité de vie n’a pas baissé. Cependant, puisque les 369 000 foyers de notre peuple admirable ont dû en faire de même, ce sont 2,6 millions de mètres cubes d’eau qui ont été ainsi économisés ! En ces temps de pénurie et avec 62 % de pertes sur le réseau, imaginez combien la situation aurait été pire sans cette utilisation plus disciplinée de l’eau ?
Dans une interview accordée à Week-End, le ministre Assirvaden aurait déclaré «Nous ne pouvons plus nous reposer uniquement sur les grosses pluies pour remplir nos réservoirs». Ce propos, si exact, m’inquiète. Avec quoi va-t-on donc remplir nos réservoirs ? Faudra nous expliquer…
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Arrêtons le délire ! Le Means test est logique et pourtant il a été mis de côté sous la pression de la bourgeoisie, surtout d’État apparemment, qui touche plus de Rs 50 000 par mois à la retraite, qui aurait été ainsi disqualifiée pour la Basic Retirement Pension (BRP). Les subventions universelles sont iniques et pourtant elles sont maintenues !
Si l’on veut vraiment aider les plus démunis, dans le sillage des émeutes que nous avons vécues, il faut «trancher dans le fatras» et passer par la voie des Food Stamps, en éliminant les subventions universelles ! Avec des Food Stamps, au moins la précarité alimentaire ne devrait plus exister. Inspiré du Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP) américain (que Trump vient de réduire fortement, alors qu’il faisait des largesses à ses semblables milliardaires), le Food Stamp (une carte de débit réalimentée mensuellement) permet d’acheter fruits et légumes, poisson et poulet, lait, pain, céréales et semences pour un jardinet, par exemple. Pas de cigarettes, d’alcool, de plats préparés, de pet food, de cosmétique, etc.
Personne ne sait exactement ce qui se passe à l’intérieur du Social Register mauricien, une idée pourtant lumineuse qui date de 2008 ! L’idée est d’aider les familles les plus pauvres après les avoir évaluées selon les critères d’un Proxy Means Test validé par la bureaucratie d’État. 5 197 familles (21 000 individus ?) en bénéficient après des procédures qui deviendraient passablement plus compliquées, me dit-on. Rs 645 millions ont été distribuées pour l’année au 30 juin 2025.
Ni Annaelle ni Sandrine, d’Anba larivier, à Roche-Bois (*), ne seraient sur cette liste…
Q 1 : Le cash qui permet de tout acheter, y compris l’alcool et les cigarettes, est-ce plus valable et plus «digne» que le Food Stamp ?
Q 2 : Selon le Household Budget Survey de 2023, plus de 100 000 Mauriciens vivaient en dessous de la Relative Poverty line de Rs 12 378 par mois. Comment est-ce possible avec le salaire minimum d’alors, à Rs 12 075 (Rs 17 745 en 2026) et la pension universelle à Rs 11 000, CSG incluse (Rs 15 555 en 2026) ? Et, pourtant, ce nombre représentait une amélioration de 10,4 % de la population en 2017 à 8,4 % en 2023 !
Q 3 : Combien de familles inscrites au Social Register sont-elles SORTIES de cette liste depuis 2008 ? Ou est-ce que l’on y reste plutôt prisonnier ?
Je n’ai évidemment pas tous les détails de cette équation. Il y a un ministère de la Sécurité sociale pour ce travail et Annaëlle et Sandrine, comme tant d’autres, méritent leur attention. Sinon, le pays court le risque, qu’à la prochaine étincelle, c’est de ces poches de misère inadmissible que surgiront les prochains molotovs…
«L’essence d’une nation est que tous les citoyens aient beaucoup en commun et que tous aient oublié bien des choses»
Ernest Renan
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Attention aux frontières ! L’Ebola voyage ! République démocratique du Congo, Kenya, Nigéria déjà. Cette épidémie qui bénéficie de la distraction du monde, est déjà la plus grave que l’on ait connu jusqu’à présent, après 6 mois.
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Nous les entendons avant un match de foot ou de rugby, ou à la remise de médailles olympiques ou quand des chefs d’État rendent visite. On n’y prête pas souvent attention, sauf parfois, quand ces notes ou ces paroles déclenchent on ne sait quoi, d’émotionnel et d’inspirant. Parfois c’est le contraire…
Le pays qui se targue de l’hymne national le plus long, c’est la Grèce. Son Hymne à la liberté aligne pas moins de 158 couplets ! Si le tout est chanté, moderato, cela prend environ… 54 minutes. En adagio, comptez plus d’une heure ! Dieu merci, on ne chante généralement que les deux premiers couplets à l’officiel ; l’intégralité de l’hymne provoquant sans doute l’incident diplomatique… ou, probablement, le sommeil.
Pourquoi est-ce si long ? Ces 158 couplets sont effectivement un poème de Dionýsios Solomós, écrit en 1823 pour honorer la lutte et les souffrances des Grecs pendant les 400 ans de règne ottoman. Mis en musique en 1828, le poème devenait hymne national en 1864. La souffrance d’un peuple fier est donc la raison principale de ce psaume interminable…
Cocasserie additionnelle : un autre pays porte ce même hymne sur ses épaules. Il s’agit de Chypre, dont une (l’autre) moitié est toujours turque.
Musicalement, le plus long hymne national est celui de l’Uruguay, la Patria o la Tumba affichant 105 mesures distinctes qui prennent entre 5 et 8 minutes à être écoutées, selon les versions. Avec leur efficience proverbiale, ce sont les Japonais qui font le plus court. En quatre lignes de texte et 32 caractères, Kimi ga yo trouve son origine dans un poème waka qui date de la période Heian (794-1185). God Save the King fait 1 minute 30 (sauf si on ne joue que le 1er des 3 couplets), La Marseillaise, 1,20 minute, le Star Spangled Banner 1,22 minute, tout comme l’hymne russe. La Marche des Volontaires de la Chine se contente de 46 secondes… J’ai trouvé sur YouTube, une version du Motherland de 60 secondes. Top.
Mais un hymne national ne se mesure pas à sa durée, mais a ses capacités d’inspirer et d’insuffler du courage et de l’abnégation. Ce genre d’appréciation est bien évidemment arbitraire.
L’opinion générale est que la Marseillaise est stimulante. Je la trouve un peu trop guerrière. Le God Save the Queen a dominé le monde pendant longtemps, mais son emphase sur les êtres suprêmes me refroidit. À chaque fois que j’écoute Nkosi Sikelel’ iAfrika, je frissonne de plaisir pur, mais aussi d’admiration pour ce qu’a réussi à faire Mandela en terrain défavorable. À l’autre bout du monde, un pays qui a aussi fédéré, cette fois, Maoris et Anglais, c’est la Nouvelle-Zélande, dans un hymne émouvant. J’aime la force dégagée par l’hymne russe, partage la souffrance et l’espoir du Hatikvah israélien et trouve poignant que les Allemands n’aient pas condamné le Deutschlandlied de Haydn en totalité, après les nazis, retenant la 3ᵉ strophe et purgeant le reste. L’hymne philippin est vibrant, même exaltant, mais l’Afrique du Sud emporte mon vote… De loin !
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