Publicité

Cargo Handling Corporation Ltd

Les syndicats exigent des garanties avant l’entrée de Maersk et MSC au capital

24 septembre 2026, 19:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Les syndicats exigent des garanties avant l’entrée de Maersk et MSC au capital

Photo d'illustration.

Le projet d’ouverture du capital de la Cargo Handling Corporation Ltd (CHCL) à des opérateurs portuaires privés a franchi, mardi, une nouvelle étape. Une séance de travail s’est tenue au Prime Minister’s Office (PMO), sous la présidence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en présence notamment du ministre du Travail et de représentants des potentiels partenaires portuaires, Mediterranean Shipping Company (MSC) et le groupe danois Maersk.

Cette réunion a permis d’avancer sur les modalités de la réforme envisagée afin de moderniser les opérations portuaires. Un accord devrait être signé prochainement pour permettre aux groupes internationaux de jouer un rôle dans la gestion du cargo handling à Port-Louis.

Selon les informations recueillies, le schéma actuellement envisagé prévoit que Maersk, de concert avec MSC, prenne une participation de 40% dans la CHCL, tandis que l’État mauricien conserverait les 60 % restants. Le groupe danois aurait souhaité obtenir une participation plus importante, mais le gouvernement n’aurait pas accédé à cette demande, les activités portuaires étant considérées comme stratégiques pour l’économie mauricienne.

Après les avancées de mardi, la prochaine étape devrait être la nomination d’un Transaction Advisor. Celui-ci sera notamment chargé de mettre au point l’exercice d’évaluation des avoirs dans le cadre de l’opération portant sur les 40% du capital.

L’opération doit également ouvrir la voie à des investissements dans les équipements portuaires, avec l’ambition de renforcer le positionnement de Port-Louis sur les grandes routes maritimes et d’en faire une escale incontournable dans cette partie du monde, dans un contexte marqué par les instabilités géopolitiques.

Gérard Bertrand : «Nous avons été pris de court»

Du côté des syndicats de la CHCL, ces développements suscitent toutefois des interrogations. Gérard Bertrand, président du Joint Negotiating Panel (JNP), affirme que les représentants des travailleurs ont été surpris d’apprendre la tenue de la réunion de mardi. «Nous avons été pris de court par l’annonce faite dans l’express. Nous avons appris qu’il y avait eu une réunion mardi avec le ministre du Travail et des représentants. Ce sujet fait débat depuis le début de l’année», explique-t-il. Il rappelle avoir participé au comité interministériel, présidé par l’ex Deputy Prime minister Paul Bérenger, et affirme que les syndicats avaient déjà officiellement exprimé leur désaccord concernant une privatisation de la CHCL.

Pour Gérard Bertrand, la situation financière actuelle de la compagnie ne justifie pas la cession d’une partie de son capital. Il avance que la CHCL a enregistré plus de Rs 750 millions de profits à la fin de l’année financière 2025. «Le cash-flow est bon. Nous ne voyons pas pourquoi il faut vendre les actions de la CHCL, car elle n’a pas besoin de cet argent. D’ailleurs, la CHCL est en train de se développer et a investi dans des équipements», soutient le syndicaliste. Il précise que ces arguments avaient déjà été présentés au comité interministériel.

Des garanties exigées

Pour le JNP, l’une des principales préoccupations concerne désormais les garanties qui accompagneront l’arrivée des nouveaux partenaires. Gérard Bertrand insiste notamment sur la nécessité de préserver le trafic traité par la CHCL. «Nous avons toujours dit que la CHCL doit avoir des garanties que le trafic qui passe par elle sera maintenu. C’est pour cette raison que nous disons que ce projet doit se faire dans une transparence totale. Les syndicats doivent être au courant et doivent avoir leur mot à dire», affirme-t-il.

Si Maersk a, semble-t-il, donné des assurances concernant le maintien des emplois et l’absence de licenciements, le président du JNP estime que cela ne suffit pas. «Nous avons eu des garanties sur les emplois, mais pas sur les conditions de service. Ce n’est pas la même chose. Nous sommes régis par un collective agreement et plusieurs conditions de service y sont incluses. Nous avons besoin de garanties sur ces aspects», précise-t-il.

Le syndicaliste demande ainsi au gouvernement d’ouvrir formellement des négociations avec les représentants des travailleurs avant que l’opération ne soit finalisée. «Les syndicats sont ouverts à la discussion. La CHCL appartient au gouvernement avant la vente des actions et nous ne savons pas ce qui va se passer à l’avenir. Le gouvernement doit ouvrir des négociations avec les syndicats. Tout doit se faire dans la transparence», insiste Gérard Bertrand.

Il affirme que les syndicats ne souhaitent pas faire obstacle au développement portuaire. «Les syndicats ne sont pas là pour mettre des bâtons dans les roues du développement portuaire. Mais il est logique de demander des garanties totales, non seulement pour les emplois, mais aussi pour les conditions de service.»

Parallèlement au dossier de l’ouverture du capital, Gérard Bertrand maintient ses critiques concernant l’administration de la CHCL. Le président du JNP estime qu’il existe des problèmes au niveau de la gestion de la compagnie. Dans ce contexte, il réclame également que le contrat du directeur général de la CHCL, Gassen Dorsamy, ne soit pas renouvelé.

Publicité