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Questions à
Reena Soniassy : «Il faut donner à chaque malade les moyens nutritionnels pour traverser sa maladie»
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Questions à
Reena Soniassy : «Il faut donner à chaque malade les moyens nutritionnels pour traverser sa maladie»
Reena Soniassy, vice-présidente de la Dietitians Association (Mauritius).
Jeudi, c’était la Journée mondiale de la sécurité des patients, décrétée par l’Organisation mondiale de la santé. Dans cette optique, la Dietitians Association (Mauritius) a élargi cette journée à une semaine de sensibilisation ayant pour thème «Les soins sûrs pour les maladies non transmissibles doivent inclure une prise en charge nutritionnelle sûre et adaptée.». Démarrée lundi, cette sensibilisation prend fin demain. On fait le point sur cet événement avec Reena Soniassy, vice-présidente de cette association.
- Il y a combien de diététiciens dans l’île et combien d’entre eux ont intégré l’association ?
Il y a 38 diététiciens qui sont enregistrés auprès de l’Allied Health Professionals Council of Mauritius (AHPC). La majorité exerce dans l’île, tandis que certains travaillent à l’étranger. Depuis la relance de nos activités, nous avons accueilli plusieurs nouveaux membres et d’autres souhaitent nous rejoindre. L’association en compte actuellement 18. Nous encourageons tous les diététiciens enregistrés à adhérer afin de fédérer davantage la profession et de porter ensemble ses priorités.
- La Dietitians Association existe depuis dix ans et pourtant, elle n’a pas été très vocale jusqu’ici ?
Elle a surtout été active dans les coulisses mais avec le nouveau conseil d’administration élu en novembre 2025, on a réalisé qu’on ne peut plus rester behind the scenes car il y a beaucoup de sensibilisation à faire auprès de la population mais aussi auprès du personnel médical et paramédical. L’intérêt croissant pour une alimentation saine est très positif, mais la nutrition ne se limite pas à la prévention. Elle fait aussi partie du traitement, de la récupération et de la sécurité des soins. Cependant la dénutrition liée à la maladie demeure trop souvent méconnue ou détectée tardivement. De plus, ce n’est pas possible que des Mauriciens entrent en milieu hospitalier ou en clinique et en ressortent en dénutrition.
Quelle est la différence entre un nutritionniste et un diététicien ?
Un nutritionniste a fait un parcours universitaire de trois ans et son travail est axé sur la prévention. C’est un spécialiste de la nutrition qui aide les gens à manger équilibré à différentes étapes de leur vie car les besoins nutritionnels de l’enfant sont différents de ceux de la personne âgée ou de la femme enceinte ou ménopausée. Son travail repose sur l’équilibre alimentaire et sa cible ce sont les personnes en bonne santé qui souhaitent prévenir l’apparition de carences et de maladies. Le diététicien est un nutritionniste qui a aussi un parcours universitaire de trois ans mais qui a ensuite complété au minimum une année supplémentaire de formation et effectué des stages plus poussés sur les maladies. Il accompagne les patients dans leurs traitements médicaux. Le diététicien calcule donc les besoins nutritionnels des personnes en fonction de leur âge et de la maladie et pour lui, l’important c’est de mettre à l'avant-plan la sécurité des patients (patient safety).
Est-ce à dire que les médecins vous réfèrent leurs patients souffrant de maladies non transmissibles ?
Beaucoup de médecins nous réfèrent des patients en surpoids ou diabétiques et bien moins ceux à risque de dénutrition, souffrant d’un cancer, d’une maladie rénale ou respiratoire, ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) ou des chirurgies gastro-intestinales, alors que c’est aussi notre rôle de les traiter. Le rôle des diététiciens est encore minimisé. Par exemple, il n’y a pas ou il existe très peu de protocoles diététiques d’établis pour les maladies non transmissibles dans les hôpitaux. Même lorsque des procédures existent, leur application n’est pas toujours uniforme. Et c’est pareil dans les cliniques. De plus, bien que certaines cliniques aient compris l’importance du diététicien, d’autres emploieront un nutritionniste, sans vraiment faire la différence entre ces deux spécialités. La prise en charge nutritionnelle des pathologies et la thérapie nutritionnelle médicale relèvent du diététicien. Clarifier cette distinction est essentiel pour orienter chaque patient vers le professionnel approprié et garantir des soins sûrs.
Quand vous parlez de «patient safety», cela signifie quoi ?
Le patient safety consiste à prévenir les dommages évitables liés à une alimentation insuffisante, inadaptée à la maladie ou non sécuritaire, notamment en cas de difficultés à avaler ou une mauvaise gestion de la sécurité alimentaire ainsi que la gestion des allergènes. La sécurité concerne également l’alimentation entérale, administrée par sonde lorsqu’une personne ne peut pas couvrir ses besoins par voie orale. Elle nécessite une prescription précise et une surveillance rigoureuse : choix de la formule adaptée, quantité, hydratation, tolérance digestive et compatibilité avec les médicaments. Le diététicien calcule les besoins et adapte la prescription nutritionnelle en collaboration avec les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les autres professionnels concernés. La dénutrition peut être causée ou aggravée par la maladie, l’inflammation, une diminution des apports, des troubles d’absorption ou les effets des traitements. Elle peut entraîner une perte musculaire, un affaiblissement, une cicatrisation plus lente, un risque accru d’infections, de chutes et d’autres complications. La dénutrition ne peut pas en elle-même être automatiquement qualifiée de négligence médicale. En revanche, ne pas repérer un risque de dénutrition, ne pas évaluer ce risque nutritionnel ou ne pas orienter le patient vers une prise en charge diététique adaptée représente une lacune importante dans la qualité et la sécurité des soins. L’objectif n’est pas d’accuser les équipes, mais de faire de la nutrition et d’un suivi diététique personnalisé une composante systématique du parcours de soins.
Une personne en surpoids peut-elle souffrir de dénutrition ?
Tout à fait. Une personne vivant avec un surpoids ou une obésité peut perdre rapidement du muscle, manger très peu et être dénutrie. En contexte de maladie aiguë, une perte de poids involontaire n'est pas une bonne nouvelle. Si une personne n’a pas la quantité de vitamines, de nutriments et de bonnes graisses voulues pour que son organisme fonctionne correctement, elle va difficilement lutter contre la maladie, peu importe son poids.
Parlez-nous de cette semaine de sensibilisation qui prend fin demain.
Notre campagne, menée par Melissa Ng Yow Thow, trésorière adjointe de l’association, a démarré lundi et se termine demain. Nous avons beaucoup communiqué sur les réseaux sociaux et à travers la presse, en mettant l’accent sur le fait que la nutrition joue un rôle énorme dans la santé et l’accompagnement des traitements médicaux Il y a certaines lacunes dans la santé publique et privée alors que des outils de dépistage simples pour la dénutrition existent depuis 1990 et qu’on aurait pu s’en servir.
Lesquels ?
Les hôpitaux et les cliniques ont à leur disposition plusieurs outils de dépistage nutritionnel validés comme par exemple le Mini Nutritional Assessment, le Malnutrition Screening Tool, le Nutritional Risk Screening ou encore le Malnutrition Universal Screening Tool, introduit depuis 2003 comme un outil de dépistage universel destiné aux adultes dans tous les milieux de soins (hôpitaux, maisons de retraite et milieu communautaire). Recommandés au niveau international, ces outils sont basés sur des questions et quelques calculs simples portant sur le poids qu’une personne a perdu involontairement, sur son indice de masse corporelle, sur son alimentation et si elle mange moins ou encore si elle souffre d’une maladie aiguë. Le scoring system permet de définir si la personne est à risque de dénutrition. Généralement, c’est l’infirmier ou un aide-soignant formé qui établit le dépistage et qui informe le médecin lorsqu’un risque est identifié. Le patient doit alors être référé vers un diététicien pour une évaluation nutritionnelle complète. Les diététiciens vont aussi s’appuyer sur des méthodes validées telles que le Subjective Global Assessment afin d’établir le diagnostic, connaître le degré de dénutrition, mettre en place un plan individualisé et surveiller les effets de cette intervention et l’adapter au fil du parcours.
La dénutrition n’est pas la seule maladie non transmissible en cause ?
Non, bien que la dénutrition pose un risque transversal, qui peut concerner toutes les maladies, la nutrition joue un rôle dans la prévention et la prise en charge de plusieurs maladies non transmissibles. Les diététiciens adaptent l’alimentation à la maladie, aux traitements, aux symptômes et aux besoins des personnes souffrant de diabète, de cancer, de maladies cardiovasculaires, rénales, respiratoires ou digestives, mais aussi de certaines maladies inflammatoires, auto-immunes ou hormonales. Il y a aussi la prise en charge post-opératoire. Le surpoids et son accumulation de graisses, particulièrement au niveau abdominal, peut causer des inflammations chroniques et accroître le risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, d’AVC et de certains cancers. Le problème avec la dénutrition est qu’elle est invisible et ne s’aligne pas sur la silhouette. Elle va au-delà de la prise ou de la perte de poids. Le rôle du diététicien est de donner à tout un chacun les nutriments qu’il lui faut pour que son organisme ait de la résilience et qu’il atteigne son plein potentiel. On ne doit jamais banaliser une grosse prise ou perte de poids.
Qu’est-ce que les diététiciens de l’association notent dans leurs consultations ?
Nous voyons beaucoup de personnes âgées qui sont très faibles et qui vivent avec plusieurs maladies. Nous notons qu’il y a une certaine banalisation de cet état en le mettant sur le dos de la vieillesse. Or, cette faiblesse n’est pas seulement le résultat de l’âge. A la base, l’alimentation ne donne pas suffisamment de nutriments nécessaires à cette étape de la vie car l’appétit et les apports alimentaires diminuent souvent. Les personnes âgées connaissent des changements de goût ou de l’odorat, des difficultés à mâcher ou à avaler, des troubles digestifs ou cognitifs, et aussi de l’isolement. Parfois, c’est le porte-monnaie qui ne suit pas, surtout pour les sources de protéines qui coûtent souvent cher. Il y a un manque d’informations. Les légumineuses constituent une source de protéines accessibles, mais des soupes trop liquides ne sont pas nourrissantes.
Quelle quantité de légumineuses manger pour obtenir la quantité de protéines nécessaires ?
Il y a un mythe qui fait croire qu’il faut manger un kilo de lentilles pour avoir l’équivalent de protéines d’un steak, mais c’est vrai que les légumineuses apportent moins de protéines, à poids égal, que la viande. Un steak cuit de 100 grammes fournit environ 25 à 30 grammes de protéines. Pour obtenir une quantité comparable avec des lentilles cuites, il faudrait en consommer approximativement 250 à 300 grammes, soit un grand bol. Si elles sont préparées en soupe, celle-ci doit être suffisamment épaisse et concentrée. Chez une personne âgée ou ayant peu d’appétit, ce volume peut toutefois rassasier rapidement ou provoquer un inconfort digestif. Une portion plus modérée peut alors être associée à d’autres sources de protéines, comme des œufs, des produits laitiers ou du teokon, selon ses besoins et ses habitudes alimentaires.
Parlons justement des proportions idéales dans l’assiette.
C’est connu désormais que l’assiette d’une personne doit comprendre une moitié de légumes, un quart en féculents comme le riz, la pomme de terre ou les pâtes et l’autre quart en viande ou poulet ou poisson ou légumineuses. Pour la personne dénutrie, l’objectif est surtout d’augmenter les apports en protéines et en énergie, sans nécessairement augmenter le volume des repas. On peut enrichir les aliments et fractionner les prises. Mais l’assiette nécessaire est au cas par cas. Si la personne a des carences, ce sera presque impossible de les résoudre avec l’alimentation uniquement, surtout si elle s’alimente peu. Auquel cas, il faut faire appel aux compléments nutritionnels oraux ou une supplémentation ciblée sous supervision diététique pour corriger ces carences. C’est vraiment au cas par cas.
Que faudrait-il améliorer dans les hôpitaux et les cliniques ?
Je fais un appel au secteur de la santé publique et privée : investissez dans l’alimentation, dans la nutrition. Ce n’est pas possible d’investir dans des équipements de pointe d’un côté et de l’autre, de ne pas faire des efforts pour alimenter correctement les malades et les orienter vers les professionnels qui peuvent fortifier leurs organismes. Nous comprenons que Maurice a son propre contexte mais nous ne pouvons pas continuer à accumuler les retards sans mettre l’accent sur un pilier de base essentiel pour la santé qui est l’alimentation. Il faut pouvoir intégrer des protocoles diététiques dans les hôpitaux et cliniques. Il faudrait qu’il y ait des food service dietitians dans les services de catering des hôpitaux et des cliniques. C’est important que chaque patient reçoive le bon repas, dans la bonne texture et conformément à sa prescription thérapeutique : répartition adaptée des glucides en cas de diabète, teneur modifiée en graisses ou sel, prescriptions rénales, prise en compte des allergies et autres besoins médicaux, surtout pour les safe food textures. Par exemple, les personnes souffrant d’un AVC, de l’Alzheimer et du Parkinson connaissent des troubles de déglutition. Il faut donc modifier la consistance et la texture de leur alimentation pour faciliter leur déglutition, soit présenter les aliments en purée, effilochés, émiettés, secs ou en sauce et même en liquide mais épaissi à différents degrés. Les centres de soins devraient avoir une catering team qui arrive à faire la différence entre ces différentes textures par rapport aux complications de santé de chaque patient et faire en sorte que ce que cette équipe prépare soit aussi attrayant. Il faut dans ces cas-là que les orthophonistes et autres spécialistes santé travaillent avec le diététicien et les traiteurs et que des protocoles alimentaires soient mis en place par rapport à ces maladies. Sans un accompagnement nutritionnel, sans travail en équipe, le système de santé passera à côté des besoins nutritionnels des personnes souffrant de ces maladies. La sécurité alimentaire est également fondamentale, notamment pour la conservation, les températures, la prévention des contaminations croisées et la gestion des allergènes. Il faudrait que les corps médical et paramédical reconnaissent et comprennent l’apport du diététicien et qu’ils travaillent ensemble. On prétend que cette concertation se fait dans les hôpitaux mais je ne vois pas cela. Il n’y a pas une vraie approche pluridisciplinaire ni de coordinated care plan.
Et pour les diabétiques et celles souffrant de maladies cardiovasculaires, que préconise le diététicien ?
Là aussi c’est une alimentation qui doit être au cas par cas car il y a plusieurs types de diabète, le type I, le type 2, le diabète gestationnel et c’est pareil pour les maladies cardiovasculaires. Il n’existe pas une alimentation unique qui conviendrait à tous et de nombreuses idées reçues persistent. Conseiller à une personne diabétique d’éviter tout ce qui pousse sous terre n’a aucun fondement. La carotte et la betterave sont des légumes, tandis que la pomme de terre, l’arouille et le manioc sont des féculents; aucun de ces aliments ne doit être systématiquement interdit car ils contiennent énormément de nutriments. Leur effet sur la glycémie dépend notamment de la portion, du mode de préparation et de leur association avec des protéines, de bonnes graisses ou d’autres sources de fibres. Certains vont voir un coach en nutrition ou coach sportif. Un coach peut accompagner une personne autour de l’activité physique ou de principes généraux d’alimentation. En revanche, lorsqu’il existe une maladie, des médicaments ou plusieurs problèmes de santé, la thérapie nutritionnelle doit être assurée par un diététicien. Un conseil inadapté peut déséquilibrer la glycémie, la fonction rénale ou entrer en conflit avec le traitement. Il faut aussi dire que nos assiettes ne sont plus les mêmes. A l’époque, nos grands-parents mangeaient de l’arouille, des brèdes, du fruit à pain qu’ils plantaient dans leur arrière-cour et aussi des œufs car ils avaient un poulailler. Aujourd’hui, ce sont les aliments industriels (convenience foods) ultra transformés qui priment dans l’alimentation alors que ceux-ci n’ont pas un gros apport nutritionnel. L’environnement alimentaire influence aussi les choix. Avant de délivrer un permis d’opération aux restaurateurs dans les Food courts, les collectivités locales devraient veiller à ce que les fast food outlets soient diversifiés et qu’il y ait aussi ceux servant de la nourriture équilibrée afin que l’option favorable à la santé soit également une option facilement accessible.
L’éducation à une alimentation équilibrée doit commencer à partir de quel âge ?
Elle commence dès les premières bouchées, autour de six mois, lorsque le bébé est prêt sur le plan du développement. La diversification ne consiste pas seulement à choisir les aliments. Elle permet aussi de découvrir différentes saveurs et textures, d’introduire les allergènes en toute sécurité, de développer la mastication et d’apprendre à reconnaître les signaux de faim et de satiété. Entre 15 mois et trois ans, les enfants ont une phase normale de néophobie alimentaire, c’est-à-dire qu’ils deviennent méfiants et ont même peur des choses nouvelles qu’on met dans leur assiette. Pour les aider, il faut intégrer un maximum d’aliments et surtout différents légumes au goût prononcé quand ils ont entre six et 12 mois afin que manger des légumes devienne un goût qui s’acquiert. J’anime des formations pour les parents sur la diversification alimentaire en adoptant cette approche globale : nous abordons les aliments, les textures, la sécurité et les allergènes, mais aussi les bons gestes en termes de feeding techniques, la relation parent-enfant autour des repas et l’influence des propres expériences alimentaires du parent. L’objectif est de poser les bases d’une relation saine et sereine avec la nourriture pour toute la vie. Apprendre aux enfants à cuisiner peut commencer dès les toddler years, avec des tâches simples et supervisées comme laver, verser ou mélanger. En grandissant, les enfants peuvent progressivement apprendre à suivre une recette. Je pense qu’il est essentiel d'inclure la cuisine au cursus scolaire. Il ne s’agit pas seulement de faire des cookies ou des brownies, mais de préparer des repas équilibrés et d’acquérir les skills de vie.
Quel message essentiel la Dietitians Association veut-elle transmettre aux Mauriciens ?
Nous voulons vraiment mettre l’accent sur le fait qu’il ne faut pas banaliser la nutrition et demander une évaluation nutritionnelle pour corriger d’éventuels déficits en conséquence. Les outils de diagnostic existent et il faut les utiliser. Avoir un Safe patient n’est pas que donner le médicament adapté mais donner à chaque malade les moyens nutritionnels pour traverser sa maladie.
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