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Tourism Authority
Nouveaux permis : les plaisanciers saisissent la justice
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Nouveaux permis : les plaisanciers saisissent la justice
■ L’ouverture des demandes de nouveaux permis de plaisance par la Tourism Authority est contestée par des opérateurs nautiques, qui réclament d’abord de meilleures infrastructures aux points d’embarquement.
L’ouverture des demandes pour de nouveaux permis de bateaux de plaisance, annoncée par la Tourism Authority (TA), provoque une vive contestation dans le secteur. Si des opérateurs ne s’opposent pas au principe de nouvelles licences, ils réclament d’abord des infrastructures adaptées et déposeront une injonction en cour aujourd’hui. La TA a officiellement lancé un appel à candidatures pour l’attribution de nouvelles Commercial Pleasure Craft Licences à travers l’île. Les personnes et entreprises intéressées ont jusqu’à demain pour soumettre leur demande.
Dans son communiqué, l’organisme rappelle que, face à la hausse progressive des arrivées touristiques ces quatre dernières années et à la demande croissante pour les activités nautiques de plaisance, il entend déli- vrer de nouvelles licences afin d’accompagner le déve- loppement du secteur. Mais cette annonce est loin de faire l’unanimité auprès des plaisanciers déjà en activité. Pour Prem Beerbaul, président de l’East Coast Pleasure Craft Association, la question ne réside pas dans l’arrivée de nouveaux opérateurs, mais dans l’absence d’infrastructures permettant d’accueillir davantage d’embarcations. «Nous ne sommes pas contre de nouvelles licences», affirme-t-il.
Il rappelle qu’il existe 34 points d’embarque- ment autour de l’île et qu’environ 1 425 bateaux commerciaux, 2 500 bateaux privés et une centaine de bateaux de pêche évoluent quotidiennement en mer, sans compter les activités de parasailing et de marche sous-marine. Selon lui, plus de 4 000 embarcations utilisent les eaux mauriciennes chaque jour, principalement à l’intérieur du lagon. De Belle-Mare à Mahébourg, explique-t-il, la majorité des activités touristiques se concentre dans des espaces lagonaires déjà fortement sollicités.
Des zones déjà saturées
L’association estime que les points d’embarquement n’ont pas suivi le développement du secteur. Prem Beerbaul évoque un manque de parkings pour les clients, l’absence d’abris contre le soleil ou la pluie, de toilettes publiques et, dans certains sites, de jetées adaptées pour l’embarquement des passagers. «Avant d’ajouter de nouveaux permis, il faudrait compléter ces aménagements», soutient-il.
Les plaisanciers rappellent qu’ils s’acquittent de redevances et frais de licence auprès de la TA, comme les usagers de la route auprès de la National Land Transport Authority, et estiment que ces contributions devraient s’accompagner d’un meilleur niveau de services. Selon Prem Beerbaul, plusieurs régions sont déjà considérées comme zones restreintes, notamment Grand-Baie, Mahébourg, Trou-d’Eau-Douce et Rivière-Noire, où aucun nouveau permis ne devrait être attribué en raison de la forte densité de bateaux. Il affirme qu’un rapport du ministère de la Pêche et de la National Coast Guard ferait état d’un surplus d’embarcations dans ces zones.
L’association précise toutefois qu’elle ne remet pas en cause l’accès de nouveaux opérateurs à la profession, mais elle demande que les capacités d’accueil et les conditions de sécurité soient d’abord renforcées. Elle attire également l’attention sur les incidents qui surviennent régulièrement dans le lagon, notamment dans la région de Cascade Grande-Rivière, où plusieurs centaines de bateaux partageraient un espace limité.
Autre sujet de mécontentement : la procédure d’attribution des licences. Les plaisanciers estiment qu’un nombre important de candidats pourrait déposer un dossier alors qu’un nombre limité de permis serait susceptible d’être délivré, tout en s’acquittant de frais d’enregistrement d’environ Rs 1 000.
Face à ces préoccupations, l’association des plaisanciers prévoit de déposer une injonction en cour aujourd’hui, afin de contester le processus d’octroi des nouvelles licences. Dans son communiqué, la TA maintient pour sa part que cet exercice s’inscrit dans sa mission de régulation et de développement des activités touristiques, dans un contexte de reprise soutenue du tourisme mauricien.
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