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Reportage

Bilygane, L'Attentat qui fait vibrer Phoenix

14 septembre 2026, 17:00

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Un attentat ne se prépare pas seul. Samedi soir, au J&J Auditorium à Phoenix, Bilygane a fait exploser les mots contre les maux. Un Attentat musical, pensé comme un spectacle total, où les rimes ont remplacé les armes et où les émotions ont servi de détonateur.

Tout commence comme une édition spéciale. Sur l'écran, Axel Chenney apparaît. En présentateur d'une chaîne d'information, il annonce un attentat. Dans la salle, l'attente monte. Puis le Police Band, tout de blanc vêtu, fait son entrée et lance les hostilités au son d'une marche. Quelques instants plus tard, Bilygane apparaît sur scène, vêtu d'un treillis kaki militaire, entouré des Wavy Jammers. Le décor est posé. L'Attentat peut commencer.

Derrière cette soirée, il y a aussi des hommes et des femmes qui ont porté le projet avec l'artiste, notamment Stephan Rezannah Jorez Box, ainsi que les Wavy Jammers, jeune équipe de musiciens et choristes qui accompagne Bilygane dans cette aventure. Pour ouvrir le bal, l'artiste choisit Retourn mwa sa lepok la, l'un des morceaux qui l'a propulsé sur la grande scène et qui lui a notamment permis de décrocher le titre de disque de l'année. Le public reconnaît les premières notes. Les corps bougent. Les voix répondent.

Puis le spectacle se déploie. Danseurs, musiciens, choristes, messages personnels et jeux de lumière accompagnent les morceaux. Bilygane ne se contente pas de présenter un album. Il raconte une histoire. La sienne. Celle d'un artiste qui revendique ses racines et qui n'oublie pas d'où il vient. Depuis la scène, il rappelle avec fierté qu'il est originaire de Dockers’ Flats, à Baie-du-Tombeau. «Enn zanfan site inn arive.» Quelques mots qui prennent une autre dimension dans cette salle de Phoenix. Le parcours personnel devient alors une partie intégrante du spectacle.

Les invités se succèdent. Swanki, Indywayne, Murvin Clélie, Eric Triton, le père Laurent Rivet, mais aussi Ludmila, viennent poser leur voix et leur univers sur cet Attentat. Autant de rencontres musicales qui donnent au concert des couleurs différentes. Dans la salle, plusieurs personnalités politiques et institutionnelles ont répondu présent. Parmi elles, l'ancienne junior minister aux Arts et à la culture Véronique Leu-Govind, la junior minister au Tourisme Anabelle Savabaddy, ainsi que Jasmine Toulouse, déléguée permanente de la République de Maurice auprès de l'Unesco. La Deputy Prime Minister Arianne Navarre-Marie est également présente pour ce lancement particulier.

Mais l'un des moments les plus forts de la soirée arrive lorsque Bilygane se retrouve face à sa propre histoire. Il chante Mama impérial en hommage à sa maman. Une danseuse l'accompagne. Le décor semble soudain disparaître. Il n'y a plus de grand spectacle, plus de mise en scène, plus d'«attentat». Seulement un fils, sa voix et le souvenir d'une mère. À la fin du morceau, les larmes coulent.

L'émotion reste suspendue quelques secondes avant que la musique ne reprenne ses droits. Bilygane rend ensuite hommage à Ras Natty Baby, avec qui il devait partager Lepep napa le leve. Une pensée pour un artiste absent, mais dont la présence se fait sentir autrement.

Puis Chrisjo Clair de Otentik Groove rejoint Bilygane pour interpréter Reklam inn fini, autre morceau phare de son répertoire. La salle retrouve son énergie.

Au moment de refermer cette soirée, Bilygane prend le temps de remercier ceux qui ont participé à la réalisation de ce rêve. Il cite notamment Ichos Production, aux commandes de la partie technique, saluant une qualité sonore digne, selon lui, d'un grand concert international.

L'artiste revient également sur les coulisses moins visibles de l'événement : la bataille pour obtenir les permis, les démarches pour faire venir le Police Band, les appels et interventions nécessaires pour faire avancer le projet. Il remercie notamment Arianne Navarre-Marie, mais évoque aussi les échanges et appels ayant impliqué le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui auront contribué à faciliter la concrétisation de ce rêve. Il salue aussi Lartkadre.

Car derrière l'«Attentat», il y avait surtout beaucoup de travail.

Beaucoup de doutes. Des hauts. Beaucoup de bas. Et finalement, une scène.

Samedi soir, Bilygane a donc lancé Attentat comme on lance un cri dans une salle pleine : avec des mots pour armes, des mélodies pour munitions et des émotions pour seules explosions.

Un attentat sans victimes. Sinon celles, peut-être, du silence, lorsque la musique touche juste.

Note : L'album Attentat est disponible en ligne et sera prochainement disponible en vinyle.

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