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Plages publiques
La carte des accès confrontée à la réalité du terrain
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Plages publiques
La carte des accès confrontée à la réalité du terrain
(Photos : © Sumeet Mudhoo)
Une carte interactive pour retrouver les accès publics au littoral a été lancée le mardi 8 septembre dernier. Mais une fois sur le terrain, ces passages sont-ils réellement accessibles ? Nous avons suivi la carte du ministère du Logement et des Terres qui couvre la région Est, de Belle-Mare, Palmar et Trou-d’EauDouce. Entre accès restreints, barrières et indications particulières, la réalité est parfois plus nuancée.
En quelques clics, la carte permet de repérer les plages publiques et les passages menant à la mer. La plateforme hébergeant la carte interactive couvre dans un premier temps, La Preneuse, La Mivoie, Tamarin et Flacq. Elle doit progressivement s’étendre aux autres régions côtières, après vérification des données par la section cartographie du ministère.
■ À Trou-d’Eau-Douce.
L’initiative intervient alors que la question de l’accès au littoral est d’actualité, notamment suite aux visites sur place du ministre Shakeel Mohamed. Le ministère affirme vouloir rendre les passages publics plus visibles, notamment grâce à une nouvelle signalisation. Cela permettra aux autorités et aux services d’urgence de localiser plus facilement ces accès. Mais que se passe-t-il lorsque l’on quitte l’écran du téléphone pour emprunter réellement ces passages ?
À Belle-Mare, un passage public… mais restreint
À Belle-Mare, le passage identifié comme public existe bel et bien. Pourtant, à l’entrée, l’accès apparaît restreint. Une situation qui pose une question simple : un accès peut-il être considéré comme réellement accessible au public lorsqu’il est difficile ?
■ À Trou-d’Eau-Douce, c’est «Fishermen only».
C’est précisément ce décalage entre le tracé sur une carte et l’expérience vécue sur le terrain qui mérite d’être observé. Le ministère prévoit d’ailleurs l’installation de panneaux le long des routes pour rendre les accès plus visibles, ainsi qu’une signalisation côté plage permettant de retrouver le chemin vers la route.
À Palmar, voitures interdites
À Palmar, nous n’avons relevé aucun passage présentant le même type de restriction. En revanche, des barrières ont été installées pour empêcher les véhicules d’accéder directement à la plage.
■ À Trou-d’Eau-Douce, secteur de Baurgaux.
Cette mesure intervient dans le contexte des incidents survenus à Palmar, en janvier dernier. Les autorités ont depuis, renforcé les dispositifs visant à empêcher les voitures de circuler sur la plage. Les responsables rappellent d’ailleurs que les véhicules ne sont pas autorisés sur les plages et insistent sur la nécessité d’organiser le stationnement autour des accès.
La présence de barrières ne signifie donc pas nécessairement que l’accès des personnes à la plage est interdit. Dans ce cas précis, le dispositif vise surtout la circulation des véhicules.
À Trou-d’Eau-Douce, des voies qui ont déjà fait débat
À Trou-d’Eau-Douce, notamment dans le secteur de Baurgaux, la configuration est encore différente. La plage publique se trouve entre des habitations, ce qui rend d’autant plus importante l’identification claire du passage permettant au public de rejoindre le littoral.
■ Secteur de Baurgaux, cet accès était utilisé pour rejoindre un espace où des bateaux étaient réparés.
Dans cette région, la question des accès à la mer ne date pas d’hier. Un habitant rencontré sur place raconte qu’un des passages menant au littoral a déjà été au cœur d’un conflit après avoir été bloqué. Selon lui, cet accès était notamment utilisé pour rejoindre un espace où des bateaux étaient réparés. La situation aurait ensuite pris une tournure judiciaire.
Plus loin, à Pointe-Maurice, une indication «Fishermen only» est également visible. Cette signalisation mérite, elle aussi, d’être replacée dans son contexte : s’agit-il d’un espace réservé aux pêcheurs ou d’une indication liée à une activité particulière ? Une clarification des autorités permettrait de déterminer précisément la portée de cette restriction.
L’appel au contrôle citoyen
■ Des barrières ont été installées pour empêcher les véhicules d’accéder directement à la plage.
Pour le ministère, la plateforme ne sert pas uniquement à orienter les baigneurs. Elle doit également permettre aux autorités et aux services d’urgence – police, gardes-côtes ou services médicaux – de localiser plus rapidement les différents accès au littoral.
Le public est également appelé à jouer un rôle dans le suivi. Le ministère demande aux citoyens de photographier ou filmer toute obstruction – barrières, clôtures, conteneurs ou autres structures– et de signaler les cas aux autorités ou à la Police des Terres au 401 3744.
■ Pointe Maurice.
L’objectif affiché est clair : que les accès reconnus comme publics restent ouverts, visibles et praticables.
Le vrai test commence maintenant
La nouvelle carte constitue une première étape. Elle permet de visualiser des passages parfois peu visibles et de donner au public un point de référence officiel. Mais le véritable test se trouve ailleurs : sur le terrain.
■ Belle-Mare. À l’entrée, l’accès semble restreint.
À Belle-Mare, à Palmar comme à Trou-d’Eau-Douce, les réalités sont différentes. Un passage peut être identifié mais difficile d’accès ; une barrière peut empêcher les voitures sans nécessairement empêcher les baigneurs de passer ; un accès peut encore faire l’objet de tensions liées aux activités pratiquées sur le littoral.
La carte permet désormais de savoir où passer. Reste à vérifier, partout où elle sera déployée, si ces passages sont effectivement ouverts, visibles et praticables car, pour que l’accès au littoral soit un droit réel, il ne suffit pas qu’il apparaisse sur une carte. Il faut pouvoir emprunter le chemin qui y mène.
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