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«Financial Stability Report»
Le système reste solide, mais les risques s’accentuent
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«Financial Stability Report»
Le système reste solide, mais les risques s’accentuent
■ Les actifs du secteur bancaire atteignaient environ Rs 2 800 milliards à fin décembre 2025.
Le système financier mauricien reste solide, mais les risques extérieurs se sont renforcés depuis la fin de 2025. Les tensions géopolitiques, les pressions sur les prix et l’évolution des conditions financières internationales continuent de peser sur les perspectives économiques. C’est le constat dressé par la Banque de Maurice (BoM) dans son Financial Stability Report de juin, publié le8septembre.
À l’échelle mondiale, l’économie avait fait preuve de résistance au second semestre de 2025, soutenue par des politiques macroéconomiques accommodantes et des conditions financières favorables. Les investissements dans les technologies et l’intelligence artificielle avaient notamment contribué à soutenir les exportations technologiques, tandis que les tensions commerciales s’étaient quelque peu stabilisées. Selon les estimations du Fonds monétaire international d’avril 2026, la croissance mondiale avait atteint 3,4 % en 2025 et devait ralentir à 3,1 % en 2026.
Depuis, les perspectives se sont toutefois assombries avec l’aggravation des tensions au Moyen-Orient. Cette situation fait peser de nouveaux risques sur les approvisionnements et les prix des matières premières, avec des répercussions possibles sur l’inflation et la croissance mondiale. Dans le même temps, les principales banques centrales ont suivi des trajectoires différentes, la Réserve fédérale américaine ayant réduit ses taux tandis que la Banque centrale européenne les maintenait inchangés.
À Maurice, la situation macrofinancière était demeurée stable au second semestre de 2025. La progression de l’activité reposait principalement sur les services, alors que les secteurs manufacturier, de la construction, de l’agriculture et du commerce connaissaient des évolutions plus contrastées. Le tourisme avait, pour sa part, continué à soutenir l’économie, avec une hausse des arrivées, des recettes touristiques et des entrées de devises.
Le marché du travail avait également poursuivi son amélioration. Le taux de chômage s’établissait à 5,4 % en décembre 2025, tandis que le taux de participation avoisinait 59 %. Les salaires avaient, eux aussi, continué de progresser.
Du côté des ménages, les vulnérabilités s’étaient légèrement accentuées. L’endettement, combiné aux prix élevés sur le marché résidentiel, pèse davantage sur leur capacité de remboursement. La BoM relève une hausse des créances douteuses liées aux prêts immobiliers, particulièrement chez les ménages à revenus plus faibles. Une remontée des taux d’intérêt ou une nouvelle hausse du coût de la vie pourrait ainsi accentuer ces tensions.
Les entreprises avaient, en revanche, conservé une certaine capacité de résistance grâce à des résultats solides, à la progression du crédit et à des conditions de financement relativement stables. Des signes de fragilisation apparaissaient néanmoins dans les secteurs liés à l’immobilier. Les entreprises tournées vers l’exportation restaient également exposées aux tensions géopolitiques et à l’évolution de la demande mondiale.
Sur le plan monétaire, le taux directeur était resté à 4,50 % au second semestre de 2025. La BoM avait parallèlement continué à gérer la liquidité du système financier et à intervenir sur le marché des changes. Les réserves internationales brutes avaient atteint un niveau record de 10,3 milliards de dollars américains (environ Rs 489,5 milliards au taux actuel) en décembre 2025, soit 14,3 mois de couverture des importations, hors importations de services du secteur des affaires globales.
Dans ce contexte, le secteur bancaire demeurait bien capitalisé et liquide. Ses actifs atteignaient environ Rs 2 800 milliards en décembre 2025, contre Rs 2 200 milliards de dépôts. Les principaux indicateurs de solvabilité et de liquidité restaient supérieurs aux exigences réglementaires. Parallèlement, le ratio de prêts non performants poursuivait sa baisse et la rentabilité des banques s’était améliorée.
Les banques n’étaient toutefois pas à l’abri des évolutions internationales. Leur exposition passe surtout par les opérations en devises étrangères, les prêts transfrontaliers et les liens avec des contreparties étrangères. Les tests de résistance réalisés par la BoM montrent néanmoins que le secteur dispose d’une capacité suffisante pour absorber différents scénarios de choc.
Les institutions financières non bancaires occupaient également une place croissante dans le système financier, avec des actifs évalués à environ Rs 351 milliards à fin décembre 2025. Les fonds de pension et les assureurs avaient accru leurs investissements à l’étranger, les rendant plus sensibles aux fluctuations des marchés internationaux, des taux de change et des valorisations d’actifs.
Le secteur du Global Business reste, lui aussi, étroitement lié aux marchés internationaux. Les actifs gérés depuis Maurice dans ce segment atteignaient 755 milliards de dollars américains (environ Rs 35 877,6 milliards au taux actuel) en décembre 2025. Cette intégration aux flux financiers mondiaux constitue toutefois un facteur d’exposition pour la place financière, en particulier face à l’évolution des marchés extérieurs et à la situation de certaines économies avec lesquelles les liens financiers sont importants, dont l’Inde.
Au final, l’indicateur de risque systémique avait légèrement augmenté au second semestre de 2025, tout en restant à un niveau modéré. Les risques liés aux ménages et aux entreprises s’étaient accrus, entre autres sous l’effet de l’endettement, tandis que les vulnérabilités extérieures étaient restées globalement contenues grâce au renforcement des réserves de change. Le secteur bancaire présentait, pour sa part, un niveau de risque toujours faible.
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