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Face à la fermeture annoncée

Environ 300 employés de Concentrix dans l’incertitude, des ministères se mobilisent

9 septembre 2026, 13:00

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Environ 300 employés de Concentrix dans l’incertitude, des ministères se mobilisent

L’avenir de quelque 300 employés de Concentrix s’inscrit désormais en pointillé. Alors que la compagnie, spécialisée dans les services d’expérience client et la transformation digitale, envisage de fermer son site d’Ébène, des salariés, dont certains comptent sept à huit années de service, se retrouvent dans l’incertitude quant à leur emploi et leur situation financière. Cette décision intervient après une réduction progressive des effectifs et la perte de plusieurs contrats, soulevant également des interrogations sur l’avenir du secteur du BPO à Maurice.

La fermeture envisagée intervient dans un contexte difficile. Plusieurs contrats auraient été perdus au fil des dernières années, entraînant une réduction progressive des effectifs. Selon les informations recueillies, plusieurs projets ont déjà quitté Maurice, tandis que le dernier projet restant devrait être transféré à Madagascar. Après analyse de la situation et des perspectives d’activité, la direction aurait conclu que de nouvelles réductions d’effectifs étaient nécessaires avant d’envisager la fermeture du site.

Différentes options auraient été étudiées, notamment l’optimisation des coûts, la réorganisation des activités et la recherche de nouvelles opportunités commerciales. Mais, compte tenu de la situation, la fermeture du site d’Ébène aurait finalement été retenue comme la solution la plus viable.

Du côté des employés, l’inquiétude est palpable. Un avocat a été sollicité afin de défendre leurs intérêts et de veiller à ce que les salariés concernés bénéficient des indemnités auxquelles ils pourraient avoir droit. Beaucoup disent surtout manquer de visibilité sur leur avenir professionnel. Pour ceux qui ont passé plusieurs années au sein de Concentrix, la perspective de devoir retrouver rapidement un emploi constitue une source supplémentaire de stress.

Les employés déplorent également un manque de communication autour de la fermeture annoncée. Ils affirment avoir été informés de la décision, mais disent ne pas avoir reçu, à ce stade, de communication officielle suffisamment détaillée sur les modalités du processus. Les questions concernant leur avenir et leurs éventuelles compensations resteraient, selon eux, sans réponse précise.

Pour le ministre du Travail, Reza Uteem, la situation est préoccupante, notamment en raison de son impact sur quelque 300 employés et leurs familles. Le ministère travaille avec celui de la Technologie, afin d’identifier les raisons qui poussent certaines entreprises du secteur du BPO à fermer leurs activités ou à les délocaliser.

Parmi les facteurs identifiés figurent l’augmentation du coût de la main-d’œuvre et la pénurie de travailleurs. Une rencontre avec les représentants de l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius est prévue prochainement afin de discuter des mesures susceptibles de renforcer l’attractivité et la compétitivité de Maurice pour les activités de BPO.

Le ministère affirme par ailleurs vouloir accompagner les travailleurs concernés. Selon Reza Uteem, les employés éligibles pourront bénéficier du Workfare Programme Fund. La division de l’Emploi facilitera également leur inscription comme demandeurs d’emploi afin de les mettre en relation avec les offres disponibles sur le marché. Des formations et cours de courte durée pourront également être proposés dans le cadre des programmes destinés à renforcer l’employabilité, notamment avec le Mauritius Institute of Training and Development, Polytechnics Mauritius Ltd et la Mauritius Digital Promotion Agency.

Le processus entre désormais dans une phase décisive. En vertu de l’article 72 de la Workers’ Rights Act, l’employeur doit respecter une procédure avant toute mesure de licenciement pour motif économique ou fermeture, notamment en informant les travailleurs et en négociant avec leurs représentants. Selon le ministère, aucun syndicat enregistré n’est actuellement présent chez Concentrix. L’entreprise a donc demandé aux employés d’élire un représentant pour participer aux négociations. Ils ont jusqu’au 11 septembre pour communiquer leur choix.

Parallèlement, le ministère a demandé à Concentrix des informations sur les employés, notamment concernant les contributions statutaires et les versements au Portable Retirement Gratuity Fund. Ces informations doivent être transmises au plus tard ce jeudi. Une fois les représentants désignés, le ministère réunira les différentes parties afin de faciliter les négociations. En cas d’échec, Concentrix devra notifier le Redundancy Board, qui déterminera si la fermeture envisagée est justifiée.

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