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Espèce menacée

Une rare raie aigle photographiée à Saint-Brandon

7 septembre 2026, 17:33

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Une rare raie aigle photographiée à Saint-Brandon

Des observations ont notamment été rapportées en Australie et aux Maldives, ainsi que plus récemment au Mozambique.

Une raie aigle ornée (Aetomylaeus vespertilio) a été photographiée en décembre dans les eaux de Saint-Brandon. Son identification a été confirmée le mois dernier après examen des clichés par le Saint-Brandon Conservation Trust (SBCT). Classée «en danger critique d’extinction» sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’espèce compte moins de 60 signalements recensés dans le monde. Il s’agit, selon le SBCT, de la première donnée documentée de cette espèce à Maurice.

La raie avait été repérée par Daniel Hartmann, présent dans l’archipel à l’initiative de Raphaël Fishing. Intrigué par son apparence, il avait pris plusieurs clichés avant de les transmettre au SBCT. Les images ont notamment permis de confirmer l’espèce grâce au motif caractéristique sur son dos, composé de lignes, de points et de formes en réseau. Son large disque en forme d’ailes et sa très longue queue ont également facilité l’identification.

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Lors de cette rencontre, l’animal nageait seul près de la surface et ne semblait pas perturbé par la présence humaine. Parfois surnommée la licorne des mers, la raie aigle ornée est présente de manière dispersée dans l’ouest de l’Indopacifique. Des observations ont notamment été rapportées en Australie et aux Maldives, ainsi que plus récemment au Mozambique.

L’espèce peut atteindre environ 2,4 mètres d’envergure. Contrairement à certaines autres raies, elle ne possède pas d’épine et est considérée comme inoffensive pour l’être humain. Ses habitudes restent toutefois mal connues, qu’il s’agisse de son alimentation, de sa reproduction ou des milieux qu’elle fréquente.

Pour Léa de Oliveira, Programme Manager à Odysseo Foundation et porte-parole du projet Safeguarding Saint-Brandon’s Natural Heritage, mené avec le SBCT, cette découverte montre surtout que la faune marine de l’archipel reste encore largement méconnue. «Une seule observation ne permet évidemment pas de déterminer la taille ou l’importance d’une éventuelle population autour de Saint-Brandon, mais elle nous donne une raison supplémentaire de continuer à observer, documenter et étudier cet écosystème»,explique-t-elle.

De nouvelles observations permettront de mieux cerner les espèces qui fréquentent ces eaux et les habitats dont elles dépendent. «Il est important de poursuivre ce travail autour de Saint-Brandon afin de mieux comprendre cette biodiversité», poursuit-elle. L’Odysseo Foundation et le SBCT envisagent ainsi un suivi à long terme de l’archipel, sous réserve des permis, autorisations et financements nécessaires.

Cette découverte rappelle aussi que d’autres espèces pourraient encore passer inaperçues dans ces eaux. L’enjeu dépasse donc le seul cas de la raie aigle ornée. «Mon message est simple : protégeons notre écosystème marin dans son ensemble et en particulier des endroits comme Saint-Brandon. En protégeant ces écosystèmes, nous protégeons les habitats et les nombreuses espèces qui en dépendent, y compris des espèces rares comme la raie aigle ornée», conclut-elle.

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