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Portrait

Aalia Golamaully, 21 ans : De ses blessures à l’envie de se reconstruire

6 septembre 2026, 22:00

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Aalia Golamaully, 21 ans : De ses blessures à l’envie de se reconstruire

À 21 ans, Aalia Golamaully porte déjà un parcours marqué par des épreuves qui l’ont obligée à grandir vite. Séparation de ses parents, conflits familiaux, instabilité, précarité et périodes de profonde détresse : la jeune femme choisit aujourd’hui de raconter son histoire, non pour susciter la pitié, mais pour montrer qu’un passé douloureux ne doit pas forcément déterminer l’avenir. Une conviction qu’elle résume en quelques mots : «Le cycle s’arrête avec moi.»

Aalia n’avait que cinq ans lorsque ses parents se sont séparés. Très jeune, elle dit avoir également dû s’occuper de ses deux petits frères. Ses parents se remettent ensemble quelques années plus tard, mais les difficultés familiales persistent.

À l’école, elle subit aussi les conséquences de cette situation. L’absence de sa mère devient notamment un sujet de moqueries. Pour ne pas avoir à expliquer ce qu’elle traverse, elle préfère inventer une autre histoire. «Je disais que ma mère était morte», confie-t-elle.

Face à ce quotidien difficile, Aalia trouve refuge dans les études. Les bons résultats lui apportent une reconnaissance qu’elle ne trouve pas toujours ailleurs. Elle accumule des certificats et trophées, entre autres en langues, développement web, gestion financière et maquillage, et figure pendant plusieurs années parmi les meilleurs élèves.

Après son School Certificate, elle quitte toutefois l’école. À 17 ans, elle fête son anniversaire dans la première maison de sa famille. Peu après, sa maman découvre sur Facebook que le logement est mis en vente. Son père était au courant de la situation, mais n’en avait pas informé ses enfants. Ils ont alors dû trouver rapidement une autre maison. Durant cette période, Aalia se tourne vers les affirmations positives et la «manifestation», une pratique qui consiste à visualiser la vie qu’elle souhaite et à se concentrer sur ses objectifs. Elle reconnaît que cette démarche n’a pas fait disparaître ses problèmes, mais estime qu’elle a contribué à changer sa façon de les affronter. «Je répétais encore et encore : “Everything works out for me”», raconte-t-elle.

La jeune femme évoque aussi des périodes beaucoup plus sombres, marquées par des pensées suicidaires et plusieurs tentatives. Dans ces moments de détresse, elle dit avoir entre autres trouvé du réconfort dans la musique de Taylor Swift. Peu à peu, sa situation familiale commence à se stabiliser. Un prêt est approuvé et la famille peut acheter une nouvelle maison.

Construire son indépendance

Aalia commence parallèlement à travailler très jeune. Elle devient réceptionniste dans un hôtel, puis finance clerk à 19 ans. Cette même année, elle achète une voiture et obtient une expérience comme junior artiste dans un film bollywoodien tourné à Maurice.

Mais difficile pour elle de se limiter à un seul domaine. Finance, maquillage, web design, mannequinat, théâtre, chant ou création de contenu : Aalia se décrit comme «multipassionnée» et revendique cette envie d’explorer plusieurs univers.

En 2024, elle lance ManifestIsle, une communauté qu’elle considère désormais comme sa «chosen family». Elle y rassemble des personnes partageant ses intérêts et ses valeurs. À travers ces échanges, elle observe que de nombreux jeunes veulent réussir professionnellement et devenir financièrement indépendants, mais souhaitent aussi conserver du temps pour vivre, créer et poursuivre leurs passions.

Son envie d’accompagner les jeunes trouve directement ses racines dans son enfance. «Je suis devenue la personne dont mon moi de cinq ans avait besoin», explique-t-elle. Elle souhaite être une présence pour ceux qui se sentent seuls, tout en précisant qu’elle ne se présente pas comme une professionnelle de la santé mentale. En 2022, elle écrit également un livre Life Is A Cheatcode - A Manifestation Guide, basé sur ses expériences et ses réflexions personnelles.

Aujourd’hui, Aalia poursuit ses études en ACCA, travaille sur différents projets et développe sa plateforme Boo. Elle trouve également le temps d’aider sa mère dans son activité de briani.

À 21 ans, elle reconnaît elle-même que son chemin est loin d’être entièrement tracé. «Vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris. J’ai 21 ans et je suis encore en train de me découvrir.» Pour elle, l’essentiel reste de pouvoir changer de direction et ne pas reproduire les blessures du passé : «Le cycle s’arrête avec moi.»

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