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Face à la concurrence
Les opérateurs de taxis réclament une rencontre avec le gouvernement
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Face à la concurrence
Les opérateurs de taxis réclament une rencontre avec le gouvernement
Des représentants du secteur des taxis lors de la conférence de presse d’hier, à Port-Louis.
«Nous voulons être entendus.» C’est le message lancé par Naik Vengidasamy, président de la Northern Hotel Taxi Owners Association, lors d’une conférence de presse tenue hier, à Port-Louis. L’association réclame une rencontre avec le ministre des Transports terrestres, Osman Mohamed, afin d’aborder les difficultés auxquelles font face les opérateurs de taxis, dont la concurrence avec les plateformes numériques, entre autres. Yougendranath Audit, président de l’Airport Taxi Owners Association, était également présent.
Selon Naik Vengidasamy, l’objectif est de pouvoir discuter directement avec les autorités afin d’exposer les préoccupations du secteur et de trouver des solutions. «On demande que le ministre des Transports terrestres nous reçoivent. Nou anvi asize, explike ki nou demann, ki bizin ek ki li kapav reponn nou», a-t-il déclaré.
L’association prévoit également d’adresser une demande officielle au Premier ministre pour une réunion. Elle souhaite que les ministères des Transports, du Tourisme et des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation (TIC) soient associés aux discussions. «Nou anvi ki minister Transpor, minister Tourism ek minister TIC ansam. Kot nou kapav asize, tom enn lakor lor tou parski li pou bon pou pei ek pou bann touris», a expliqué Naik Vengidasamy. Pour lui, les chauffeurs de taxi font partie intégrante du secteur touristique depuis plusieurs décennies. Ils ont, au fil des années, acquis une connaissance du pays et développé des relations avec les différents acteurs de l’industrie touristique. «Nous travaillons avec les touristes depuis 50 ans», a-t-il souligné.
Mais aujourd’hui, le président de l’association estime que les opérateurs traditionnels font face à une concurrence grandissante, notamment avec la multiplication des voitures privées et des véhicules sous contrat.
Uber : une décision de la cour attendue
Interrogé sur Uber et la procédure judiciaire en cours, Naik Vengidasamy a indiqué que l’association attend la décision de la justice. «On attend que le juge se prononce. C’est possible qu’il nous dise le 11 septembre s’il prolongera notre dossier. Tou depann lor lakour. Nou pe atann pou gagn lazistis ki nou merite. Nou fer konfians lakour», a-t-il répondu. L’association affirme ainsi vouloir attendre la suite de la procédure judiciaire avant de se prononcer davantage sur cette question.
Inquiétudes du transport hôtelier
Naik Vengidasamy a également évoqué les difficultés rencontrées, selon lui, dans le secteur du transport touristique et hôtelier. Il a affirmé que la situation se serait aggravée depuis le 25 mars avec l’augmentation du nombre de voitures privées et de véhicules sous contrat opérant à travers des applications. Il a notamment évoqué des opérations qui, selon lui, se déroulaient dans des lieux fréquentés par les touristes, dont l’aéroport. Selon lui, certains opérateurs utilisent des téléphones et des applications pour travailler en temps réel. Le président de la Northern Hotel Taxi Owners Association a également évoqué près de 12 600 contrats qui, selon lui, contribuent à la multiplication de ce qu’il qualifie de «taxis parallèles». Une situation qui, estime-t-il, exerce une pression considérable sur les chauffeurs de taxi traditionnels.
L’association affirme par ailleurs avoir recueilli environ 1 200 signatures dans le cadre de ses démarches concernant les taxis et les plateformes en ligne. «Nou ena baz taxi ek zame inn gagn problem taxi Moris», a déclaré Naik Vengidasamy, qui a déploré ce qu’il considère comme un manque d’écoute à l’égard des préoccupations du secteur. «Nou bizin travay. Nou bizin nouri nou fami», a-t-il ajouté.
Au-delà de la question d’Uber, les représentants des taxis disent souhaiter une discussion globale sur l’avenir du transport touristique à Maurice. Ils demandent aux autorités de réunir les différents acteurs concernés afin d’établir un cadre clair et de parvenir à une solution. Pour Naik Vengidasamy, l’enjeu concerne à la fois l’avenir des chauffeurs de taxi et l’image de Maurice auprès des visiteurs. «Nous voulons travailler ensemble pour le bien du pays et des touristes», a-t-il insisté.
Hausse du prix de l’essence : Les taxis hésitent à augmenter leurs tarifs
La hausse du prix de l’essence, passée de Rs 64,25 à Rs 70,65 le litre, pèse lourdement sur les automobilistes et les professionnels du transport. Taxis et auto-écoles ressentent déjà les effets de cette augmentation, mais aucune décision générale n’a encore été prise concernant une éventuelle hausse des tarifs. Selon Raffick Bahadoor, président de la Taxi Proprietors’ Union (TPU), le secteur connaît une baisse d’activité depuis plusieurs mois, notamment en raison de l’évolution des modes de travail. «Les gens voyagent moins et beaucoup travaillent désormais depuis chez eux. Nous perdons des clients.» À cela s’ajoute une augmentation importante des dépenses : «Avant, il fallait compter environ Rs 2 500 pour faire le plein. Aujourd’hui, il faut débourser plus de Rs 3 500», souligne-t-il. Une différence qui réduit la marge des chauffeurs.
Pourtant, beaucoup hésitent à augmenter leurs tarifs. «Si mo pou ogmant pri, akoz Rs 5 ou Rs 10 anplis, dimounn pa pou rod vwayaz ek mwa», affirme Steve Désiré, chauffeur à Port-Louis. Goolam Caramtally estime qu’une hausse deviendra inévitable : «Lavi inn vinn bien ser. Pou ariv enn ler kot mo pou bizin ogmant mo pri pou bann loal mo fer.» Tasleem Alljaul, lui, continue à travailler avec les tarifs habituels malgré la deuxième augmentation du prix de l’essence. Les auto-écoles sont également concernées. À Salim Driving School, les frais restent inchangés : Rs 300 pour 30 minutes et Rs 600 pour une heure. Dev, moniteur, précise que les prix varient généralement entre Rs 250 et Rs 350 pour 30 minutes, et entre Rs 550 et Rs 600 pour une heure.
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