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Madagascar
La rentrée scolaire, un fardeau de plus pour les familles les plus pauvres
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La rentrée scolaire, un fardeau de plus pour les familles les plus pauvres
À l'approche de la rentrée des classes, fixée au 4 septembre à Madagascar, des milliers de familles peinent à réunir les sommes nécessaires pour scolariser leurs enfants, quitte à sacrifier leur alimentation quotidienne.
À Antananarivo, dans le quartier populaire d'Anjezika, Vero, mère de famille qui vend des légumes, n'a toujours pas réuni les 150 000 ariary (environ 30 euros) nécessaires pour inscrire ses trois plus jeunes enfants à l'école. «On rogne sur le budget pour la nourriture», confie-t-elle à RFI. «Si d'habitude on cuit trois kapaoka de riz, en ce moment on n'en cuit que deux. On réduit la quantité.» Ses deux enfants les plus âgés, eux, ont déjà arrêté l'école en classe de cinquième, faute de moyens.
Pour faire face à ces dépenses, certains parents se tournent vers l'akandray, un système d'épargne communautaire informel. Claire, mère de deux enfants, en explique le principe : «*Si on économise seuls à la maison, l'argent partira vers d'autres besoins. L'*akandray impose une économie forcée.» Concrètement, une dizaine de ménages versent quotidiennement le même montant dans une caisse commune, redistribuée chaque dimanche à tour de rôle entre les familles participantes.
D'autres familles, à court de solutions, se résignent à vendre leurs biens personnels. C'est le cas auprès d'Antoinette, qui rachète toute sorte d'objets du quotidien – vêtements, lits, tables, ustensiles de cuisine, cartables usés – pour les revendre ensuite dans la rue avec une marge minime : un cartable acheté 2 000 ariary (39 centimes d'euros) est ainsi revendu 3 000 ariary (59 centimes).
Une pauvreté qui pèse lourd sur la scolarisation
Cette situation s'inscrit dans un contexte économique difficile : l'inflation était estimée par le ministère de l'Économie et des Finances à 9 % en juin 2026. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté à Madagascar atteignait 66,5 % en 2025, l'un des plus élevés au monde, avec de fortes disparités entre les zones rurales (près de 80 %) et urbaines. Le pays reste par ailleurs très vulnérable aux chocs climatiques, notamment aux cyclones, qui aggravent régulièrement la précarité des ménages les plus exposés.
Conséquence directe de cette pauvreté généralisée : selon une enquête de l'Unicef publiée en 2025, près d'un enfant sur deux à Madagascar a arrêté l'école avant la fin du cycle primaire. Le gouvernement malgache, qui table sur une croissance économique de 4,8 % pour 2026 portée notamment par l'agriculture et les infrastructures, a pourtant annoncé vouloir renforcer les investissements dans l'éducation – un objectif que la réalité du terrain, à quelques jours de la rentrée, semble encore loin de refléter.
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