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Élections régionales de Rodrigues
Johnson Roussety se positionne pour reprendre le leadership de la RRA en 2027
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Élections régionales de Rodrigues
Johnson Roussety se positionne pour reprendre le leadership de la RRA en 2027
La scène politique rodriguaise continue de se recomposer à quelques mois des élections régionales de 2027. Au lendemain de la conférence de presse de Franceau Grandcourt, qui avait évoqué la nécessité de bâtir une «nouvelle alliance», l’Assemblée des délégués de l’Alliance Libération (AL), réunie hier à Anseaux-Anglais, a affiché une volonté de préserver l’unité de la coalition. Mais une déclaration est venue relancer les spéculations : Johnson Roussety affirme se positionner pour reprendre, avec l’accord des instances de l’Alliance, le leadership de la Rodrigues Regional Assembly (RRA) lors des prochaines régionales.
Cette assemblée des délégués était particulièrement attendue dans le contexte des tensions politiques apparues ces derniers jours au sein de l’AL. Contacté hier, le chef commissaire adjoint Johnson Roussety a assuré que la réunion s’était déroulée dans une atmosphère positive et qu’elle avait permis de réaffirmer la ligne défendue par les instances démocratiques de l’Alliance. «Oui, tout s’est bien passé avec succès. Il y a une seule Alliance. Ceux qui ont décidé de faire bande à part doivent rentrer dans les rangs et écouter la volonté populaire qui est de continuer les gros chantiers et projets entamés, comme dans l’eau et l’éducation. Franceau Grandcourt est libre de ses choix comme toujours, mais il ne doit pas empêcher les instances démocratiques de l’AL de continuer», a déclaré Johnson Roussety. Il a ajouté : «Quant à moi, je me positionne pour reprendre, avec l’accord des instances de l’Alliance, le leadership de la RRA lors des prochaines élections régionales.»
Grandcourt plaide pour «enn lot lalians»
Interrogé sur sa relation avec Franceau Grandcourt, Johnson Roussety s’est montré mesuré, indiquant comprendre que ce dernier avait tenu sa conférence au nom de son parti – une sortie qui, selon lui, ne représenterait pas nécessairement une décision collective de l’Alliance.
L’assemblée des délégués de Alliance Libération tenue hier à l’hôtel Cocotiers à Anse aux Anglais.
Jeudi 27 août, Franceau Grandcourt avait pourtant donné une tout autre tonalité au débat. Le chef commissaire de Rodrigues avait évoqué sans détour la possibilité d’une recomposition politique avant les régionales de 2027.
«Nou bizin fer enn lot lalians», avait-il lancé, précisant que son mandat actuel irait jusqu’au 5 mars 2027, tout en estimant que la prochaine bataille électorale devrait se faire sous une nouvelle configuration. «Nou pa pou kapav anpes dimounn kite ale. Nou krwar nou bizin al dan enn lalians. Me nou bizin fer enn lot lalians», avait-il déclaré. Il avait insisté sur le fait qu’une future alliance devrait fonctionner différemment, critiquant ce qu’il qualifie de «One Man Show» : «Nou bizin al dan eleksion avek enn lot style lalians kot pa pou ena One Man Show, pa enn group dimounn ki desid tou bann zafer san konsilte lezot dimounn. Pa coumsa sa. Li pa pou marse.»
Il avait plaidé pour une plateforme davantage basée sur la concertation, sans exclure qu’une nouvelle identité politique voie le jour, avançant des noms comme «Alliance Avancement» ou «Alliance de l’Unité», sans qu’aucune décision n’ait été arrêtée. Son message : certains membres de l’AL pourraient ne pas faire partie de la future plateforme, l’objectif étant d’empêcher un retour au pouvoir de l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR).
Un premier aperçu du bilan de l’Alliance a également été présenté, en attendant un rapport détaillé de chaque commissaire. Dans le loge- ment, la commission concernée est passée à une nouvelle étape de son programme d’aide, avec la remise de chèques pour le coulage de dalles, pour un montant de Rs 7,4 millions ; elle a déjà consacré Rs 70,3 millions à l’accompagnement des bénéficiaires depuis le lancement de ses programmes.
Les infrastructures publiques ont aussi occupé une place importante : améliorations annoncées au niveau des pompiers, et projet majeur dans la santé avec l’ouverture prochaine d’une unité cardiaque à l’hôpital de Crève-Cœur, dont les appels d’offres ont déjà été lancés pour une inauguration prévue début octobre.
L’OPR dénonce une Alliance divisée
L’opposition n’est pas restée silencieuse. Vendredi, l’OPR a tenu sa propre conférence de presse pour commenter ces développements. Jean Rex Ramdally s’est dit surpris par la succession des événements : «Nou ti panse Alliance Libération sa, me enn kominike inn tonbe apre inn dir pa zot sa», a-t-il déclaré, en référence au communiqué précisant que la conférence n’avait pas été convoquée officiellement par l’AL.
Conférence de presse de OPR menée par Franchette Gaspard Pierre Louis la Minority Leader.
De son côté, la Minority Leader Franchette Gaspard Pierre Louis a déplacé le débat sur les difficultés de la population, dénonçant la fermeture, depuis deux semaines selon elle, du dispensaire de Baie-aux-Huîtres pour manque de personnel. «Nou lobzektif : OPR bizin revini pou sov nou pei», a-t-elle affirmé, regrettant que de nombreux problèmes demeurent sans solution à Rodrigues, alors que les membres de l’AL s’affronteraient, selon elle, davantage sur les réseaux sociaux.
À moins de sept mois de la fin du mandat de l’actuelle assemblée régionale, les lignes bougent. Entre l’appel de Franceau Grandcourt pour une nouvelle alliance, la volonté de Johnson Roussety de briguer le leadership de la RRA et une OPR déjà positionnée comme alternative, la campagne de 2027 semble avoir commencé bien avant l’heure. L’avenir de l’Alliance Libération sera désormais au cœur des discussions politiques à Rodrigues.
Cassure de l’Alliance Libération ?
Jocelyn Chan Low, historien et observateur politique : «Une cassure d’une Alliance à Rodrigues, c’est normal»
Que se passera-t-il si l’Alliance Libération vole en éclats à Rodrigues ? Pour l’historien et observateur politique Jocelyn Chan Low, il est difficile de prédire les conséquences d’une telle rupture, tant la scène politique rodriguaise est marquée par l’instabilité. «À Rodrigues, il y a beaucoup d’instabilité. Une cassure d’une alliance à Rodrigues, c’est normal», observe-t-il. Selon lui, les recompositions politiques font partie du paysage de l’île, où les alliances peuvent se défaire avant de se reconstruire sous une autre forme.
Mais une éventuelle rupture de l’Alliance Libération pourrait également ouvrir une nouvelle période d’incertitude. «Quand il y aura la cassure, c’est là qu’on saura ce qui va se passer», souligne Jocelyn Chan Low. L’historien estime que cette crise pourrait elle-même engendrer d’autres problèmes. «Quand il y a une crise en politique, malheureusement, nul ne peut dire quelle sera la dynamique. Il faut voir comment la dynamique va se développer», prévient-il.
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