Publicité
Interview
Abhishek Gujadhur : «Nous avons laissé le temps à Havana Moon de bien grandir»
Par
Partager cet article
Interview
Abhishek Gujadhur : «Nous avons laissé le temps à Havana Moon de bien grandir»
L’entraîneur Subiraj Gujadhur et son fils Abhishek ont savouré un joli doublé dimanche dernier avec l’outsider Blown Away, mais surtout Havana Moon, le joyau de l’écurie. Interview bilan de mi-saison avec Abhishek Gujadhur, qui partage aussi les attentes de cette formation pour les prochaines grosses affiches.
L’écurie a signé un joli doublé dimanche dernier, ce qui porte son total à dix réalisations pour la première partie de la saison. Ce bilan correspond-t-il à celui que vous aviez prévu?
On peut toujours mieux faire, mais avec dix victoires dont une victoire classique (Ndlr: la Duchesse avec Rapidash), nous ne pouvons pas trop nous plaindre. Nous avons eu 48 entrées et tous nos chevaux ont bien couru à l’exception de quatre qui ont fini en dehors de l’argent. Nous ne pouvons qu’être satisfaits.
Revenons sur le premier succès de Blown Away. Pour sa quatrième sortie, vous avez décidé de l’allonger, un choix finalement payant. Vous attendiez-vous à une victoire de sa part?
Nous nous attendions définitivement à des progrès de sa part en se basant sur ce qu’il nous démontrait à l’entraînement. Mais de là à dire qu’il était fancied par l’écurie, c’est une toute autre histoire. Pour nous, il représentait une chance régulière.
Comment ne pas parler de Havana Moon, le chouchou de l’écurie. Avec six victoires en huit sorties et ses deux revers face à un certain Cumbre Vieja, la satisfaction est forcément de mise…
Tout à fait. Mais il mérite aussi du crédit pour ses deux défaites car il n’a jamais pu affronter Cumbre Vieja seul, ce dernier pouvant s’appuyer sur des compagnons d’écuries. Malgré cela, il s’était bien défendu. Et en me basant sur ses deux prestations face à Cumbre Vieja, je dois avouer que je le voyais difficilement perdre dimanche dernier.
Pensez-vous que le fait qu’il affrontait des chevaux de l’élite a peut-être tempéré les ardeurs des turfistes?
C’est possible. Mais d’un autre côté, il faut dire qu’il n’a été battu que par le meilleur cheval de l’île. Si on prend cela en considération, ses adversaires devaient le respecter d’autant plus qu’il recevait du poids de tous.
Après avoir débuté sa carrière sur sprint, nous constatons que l’écurie a pris la décision de l’allonger. Estimez-vous qu’il est plus un miler? L’année dernière, nous pensions effectivement qu’il ne serait qu’un sprinteur et nous avions d’ailleurs arrêté sa saison assez tôt après ses quatre victoires d’affilée. Nous lui avons laisser le temps de bien grandir. Durant l’intersaison, il a pris environ 20 kilos sur la balance. Valeur du jour, je pense que ses meilleures distances devraient être le 1500m et le 1600m.
Est-ce la raison pour laquelle on ne risque pas de le voir dans la Princess Margaret?
Effectivement. Son prochain engagement sera la Colonel Draper Cup avant de s’attaquer à la Coupe d’Or.
En parlant de grandes courses, comment se portent Rapidash et Future Swing, vos deux partants probables pour le Maiden le 6 septembre prochain?
Rapidash est très bien et il a bien digéré sa course dans le Golden Trophy. Il en va de même pour Future Swing.
Est-ce que la participation de Rapidash dans le Maiden était prévue où s’est-elle imposée après sa bonne prestation dans le Golden Trophy?
Nous pensions que le niveau dans le Golden Trophy ne serait pas bien élevé, d’où le fait de l’y avoir aligné. Le gagnant Tamarisk Tree a eu une course de rêve et Rapidash n’a malheureusement pas pu refaire du terrain sur lui en fin de parcours. Quand on considère qu’il a couru pratiquement en temps record sur 2200m, we might as well run him in the Maiden.
Parlons de Future Swing. Beaucoup de turfistes s’interrogent sur le fait qu’il n’a pas participé au Golden Trophy, un choix que l’écurie assume. Peut-on connaître la raison?
Il y a d’abord le fait que les deux courses étaient assez proches. Et puis, je dois dire que nous étions assez satisfaits de ses débuts sur 1850m. En marge de son baptême du feu au Champ-de-Mars, il avait connu quelques petits soucis et il n’avait pas travaillé pendant une dizaine de jours. Avec 61 kg sur le dos sur 1850m dans une course assez compliquée, il nous a démontré de bonnes choses et il n’a fait qu’enchaîner par la suite. Je tiens à préciser que ce n’est pas un cheval qui a besoin de beaucoup de travail. He’s a natural stayer. Nous n’avons pas à l’entraîner pour qu’il tienne le 2400m.
Pour beaucoup d’observateurs, Future Swing est le favori du Maiden. Partagez vous cette opinion?
Je pense que le cheval à battre demeure Tamarisk Tree. Il a battu Future Swing sur 1850m. Maintenant, place à la manche retour…
Les entraîneurs ont dû composer avec pas mal de chamboulements en ce qu’il s’agit de l’importation de nouvelles unités. Votre écurie est-elle aussi concernée par ce contretemps?
Nous aurons à peu près huit chevaux qui vont débarquer le mois prochain. de temps. Avoir une petite écurie compétitive avec des chevaux qui ont tous des chances de réussite quand ils sont alignés est suffisant pour nous. «Nous ne voulons pas d’un gros effectif avec 30-35 chevaux pour 6 à 7 partants chaque semaine. Nous l’avons fait par le passé. C’est une expérience que nous ne comptons pas renouveler.» C’est sûr que cela bouleverse le planning de beaucoup d’entraîneurs, mais on ne peut malheureusement rien faire dans de telles circonstances. Il nous faut prendre notre mal en patience.
Le business model sera-t-il le même l’année prochaine ou l’écurie compte-t-elle investir un peu plus dans l’acquisition de nouveaux?
On devrait avoir plus de chevaux, mais nous ne voulons pas d’un gros effectif avec 30-35 chevaux pour 6 à 7 partants chaque semaine. Nous l’avons fait par le passé. C’est une expérience que nous ne comptons pas renouveler. Personnellement, je voyage pratiquement tous les mois et je n’ai pas vraiment autant de temps. Avoir une petite écurie compétitive avec des chevaux qui ont tous des chances de réussite quand ils sont alignés est suffisant pour nous.
On parle d’un problème d’offre face à la demande en ce qu’il s’agit des acquisitions d’Afrique du Sud. Selon vous, cela concerne-t-il la qualité ou la quantité?
Les deux, je pense. Vous n’avez qu’à voir le nombre de chevaux alignés dans chaque course en Afrique du Sud. Si vous enlevez les trois ou quatre gros propriétaires comme Hollywoodbets, il n’y a pas vraiment de chevaux là-bas. Avant, il y avait plus de petits propriétaires et c’était plus facile pour faire des acquisitions. Mais avec les big owners, la négociation s’avère assez difficile. Au niveau du breeding également, on constate que les propriétaires veulent voir les chevaux courir le plus vite possible, d’où un nombre plus important de courses pour les 2-ans. Aussi, il y a de moins en moins d’étalons produisant des stayers, ce qui fait que nous devons importer des chevaux de 6-7 ans pour courir les courses de distance comme le Maiden.
Des acquisitions éventuelles d’Europe seraient à l’étude. Cette option pourrait elle tenter votre écurie?
Il faudra remplir un avion. Est-ce que tout le monde sera solidaire? Personnellement, je ne pense pas que cela nous conviendrait vu que nous voulons maintenir un petit effectif.
Publicité
Publicité
Les plus récents