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Éducation

À Agaléga, l’exode des meilleurs élèves inquiète l’école

28 août 2026, 11:00

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À Agaléga, l’exode des meilleurs élèves inquiète l’école

■ Le potager de l’école d’Agaléga permet aux élèves de mettre les mains dans la terre, dans le cadre des nouvelles activités pratiques mises en place.

La rentrée scolaire s’est déroulée dans de bonnes conditions à Agaléga, la semaine dernière, où les infrastructures et les activités pédagogiques connaissent une nouvelle dynamique. Mais derrière ces avancées, une préoccupation se dessine déjà : le départ prochain de plusieurs élèves parmi les plus performants risque de fragiliser les résultats scolaires de l’île, notamment au niveau du School Certificate (SC).

À Agaléga, l’école tente de poursuivre sa progression malgré les contraintes propres à une île isolée. La rentrée s’est bien déroulée et les examens du deuxième trimestre ont pu se tenir dans le bâtiment récemment rénové. Les conditions restent globalement satisfaisantes, même si certains équipements, comme des ventilateurs et des rideaux, font encore défaut.

Depuis sa prise de fonction au deuxième trimestre, le nouvel Officer in Charge aurait surtout insufflé une nouvelle dynamique à l’établissement. Au-delà de l’enseignement, plusieurs initiatives ont été lancées afin de rendre l’école plus vivante et de développer les compétences pratiques des élèves. Parmi elles figure la création d’un potager scolaire, où les enfants sont encouragés à planter, mais surtout à prendre eux-mêmes soin de leurs cultures. Des démarches ont également été entreprises auprès des autorités indiennes et de plusieurs entreprises présentes sur l’île pour obtenir des plants de cocotiers destinés à la cour de l’école ainsi que différents matériaux pouvant être recyclés.

Les activités pratiques occupent également une place grandissante. Les filles bénéficient de périodes consacrées à la cuisine, organisées à tour de rôle entre les différentes classes. Ces activités sont menées avec la collaboration des enseignants et du personnel non enseignant. L’établissement dispose, par ailleurs, d’un espace dédié aux sciences, d’une salle de dessin ainsi que d’un petit atelier pour la cuisine et d’autres travaux de design.

Mais l’un des principaux défis pour les prochaines années se situe ailleurs. Plusieurs élèves actuellement scolarisés à Agaléga devraient poursuivre leur parcours à Maurice. Une situation qui risque de se répercuter sur les performances de l’établissement.

Pour le Grade 11,un à deux élèves considérés comme de bons éléments devraient ainsi quitter l’île l’année prochaine pour poursuivre leurs études à Maurice. Leur départ pourrait priver l’établissement d’élèves susceptibles de contribuer aux résultats du SC.

La situation est également préoccupante en Grade 9. Sur les sept candidats concernés, l’un doit venir à Maurice en septembre. Parmi les six élèves qui resteront à Agaléga, quatre se présentent pour la première fois et rencontrent déjà des difficultés importantes, tandis que deux sont en situation de redoublement.

Les résultats à venir devront donc être suivis de près. D’autant que, selon les observations faites sur le terrain, les profils des élèves sont très différents. Certains ont besoin d’un accompagnement renforcé, tandis que d’autres disposent des capacités nécessaires mais manquent de régularité dans leur travail.

Le rôle des parents pointé du doigt

Autre difficulté évoquée : l’implication des parents dans le suivi scolaire. Une réunion avait été organisée à l’intention des parents des élèves de Grade 9 afin de discuter de leurs performances avant les examens. Selon les informations recueillies, un seul parent s’est présenté. Une situation qui suscite des interrogations sur le suivi des enfants à la maison. Le personnel scolaire estime que l’école peut encadrer les élèves durant les heures de classe, mais que cet accompagnement doit nécessairement être relayé par les familles.

L’enjeu est d’autant plus important dans un contexte où les possibilités de soutien scolaire sont limitées. Sans l’encouragement et le suivi des parents, il devient plus difficile de faire comprendre aux enfants l’importance de leur scolarité et de les pousser à prendre leurs études au sérieux.

À Agaléga, les moyens restent certes limités, mais les initiatives mises en place montrent qu’une dynamique est possible. Reste désormais à maintenir cette mobilisation et, surtout, à éviter que le départ des élèves les plus performants ne fragilise davantage les résultats scolaires de l’île dans les années à venir.

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