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Le Collège du Saint-Esprit brille au Model United Nations national
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Le Collège du Saint-Esprit brille au Model United Nations national
Réunis au Mahatma Gandhi Institute (MGI) les 5 et 6 août derniers, des dizaines de jeunes délégués venus des quatre coins de l'île se sont affrontés, mots et arguments à l'appui, lors du Model United Nations national. Parmi eux, les élèves du Collège du Saint-Esprit, auréolés de leur double titre de Meilleure Délégation, zonale puis nationale.
Derrière les portes du MGI, ce ne sont pas des armes que l'on dégaine, mais des idées. Le Model United Nations (MUN) plonge chaque année des collégiens dans la peau de diplomates chargés de défendre, le temps de deux jours, les intérêts d'un pays qui n'est pas le leur. Un exercice d'empathie autant que de rhétorique, comme le résume Rayn Jamaloodeen, élève du Collège du Saint-Esprit : «Le MUN encourage à endosser la peau de l'autre et à aborder des perspectives inconnues avec empathie.»
Pour cette édition nationale, les délégués du collège ne partaient pas de zéro. Le chemin avait commencé bien plus tôt, lors des compétitions zonales, véritable rodage avant la scène nationale. «Cette première expérience nous a donné une meilleure idée de ce qu'était réellement le MUN : faire des recherches sur un pays, préparer des discours, défendre une position», explique Rayhaan Imrit Wazeer Ahmad, autre voix de la délégation.
Mais un discours bien répété ne suffit pas à convaincre une commission entière. Placé au sein de la commission de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Rayn Jamaloodeen s'est retrouvé à débattre d'enjeux bien réels : des enfants non vaccinés touchés par la polio, une jeunesse de plus en plus sédentaire. «Nous n'étions pas de simples récitants de discours. Nous étions de jeunes médiateurs», confie-t-il. De son côté, engagé dans la commission UNICEF, Rayhaan a dû composer avec des questions imprévues, apprenant qu'«un discours préparé ne peut vous men**er que jusqu'à un certain point».
Cette spontanéité, exigeante et souvent stressante, s'est révélée être la meilleure école. Écouter l'adversaire, ajuster son propos en quelques secondes, savoir désaccorder sans jamais tomber dans l'attaque personnelle : autant de réflexes que les deux délégués disent avoir affinés au fil des sessions.
Derrière la performance des deux jours de compétition se cache un travail de longue haleine : recherches approfondies, appels tardifs, répétitions épuisantes. Un investissement porté par les enseignants du collège, salués par les deux délégués pour leur accompagnement constant, de l'étape zonale jusqu'à la scène nationale.
Au-delà des trophées remportés, c'est une autre victoire que retiennent les élèves : la confiance acquise à prendre la parole devant une salle, l'humilité d'écouter d'autres points de vue et une curiosité nouvelle pour la vie publique. Rayhaan y voit même une vocation naissante, celle de «servir un jour Maurice, non pour le prestige d'un poste, mais pour la responsabilité qu'il implique».
Fidèle à la devise de son collège, «garder le feu allumé», la délégation du Saint-Esprit repart de ce MUN national avec une flamme ravivée — et la certitude qu'au-delà des podiums, l'essentiel s'est joué ailleurs : dans l'apprentissage silencieux de l'écoute, du débat et de l'engagement.
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