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«Nou Lar Nou Lamizik»

«Attentat» : Bilygane, un regard sans détour sur la société

27 août 2026, 19:00

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«Attentat» : Bilygane, un regard sans détour sur la société

■ L’album «Attentat» du chanteur Bilygane sort le 12 septembre prochain. Dans son album, il évoque le combat contre la drogue et les réalités de la société mauricienne.

Le 12 septembre prochain, le J&J Auditorium, à Phoenix, accueillera Bilygane, de son vrai nom Ludovic Louis, pour la sortie de son nouvel album, Attentat. Proposé par Jorez Box et Ichos Production, le concert se veut bien plus qu’un rendez-vous musical. À travers ses textes, l’artiste entend raconter les réalités de la société mauricienne, notamment celles liées à la drogue et à la misère.

Le choix du titre Attentat traduit cette volonté de faire passer un message fort. Pour Bilygane, il s’agit d’un «attentat avec des mots», une manière d’utiliser la musique pour faire entendre des réalités parfois difficiles à regarder en face. L’album sera axé sur plusieurs thèmes de société, avec notamment la drogue, l’amour maternel et les difficultés vécues dans certains quartiers.

Parmi les morceaux phares figure Lepep Napa Le Leve. Bilygane avait initialement écrit ce titre dans l’idée de le chanter avec Ras Natty Baby. Le décès de ce dernier a toutefois bouleversé le projet. L’artiste a alors remanié la chanson pour pouvoir l’interpréter seul, faisant de ce morceau un hommage à l’artiste disparu. Un travail mené avec les Otentik Groove.

La question de la drogue traverse également plusieurs titres de l’album. Mais Bilygane refuse de réduire le problème à la seule consommation ou au trafic. Pour lui, il faut également regarder les conditions sociales dans lesquelles certains jeunes grandissent. «Vre fleo se lamizer», insiste-t-il. Issu des Dockers Flat, à Baie-du-Tombeau, l’artiste parle de son propre parcours pour expliquer cette conviction. Il raconte avoir perdu sa mère à l’âge de 15 ans et avoir connu son père seulement à 19 ans. Autour de lui, plusieurs amis sont tombés dans la drogue.

«Monn perdi mo mama mo ti ena 15 an e monn konn mo papa mo ti ena laz 19 an. Enn sans monn ena mo tonton ek mo marenn. Bokou mo bann kamarad inn tom dan ladrog. Mo ti kapav inn tom dan ladrog mwa osi. Me monn ena bann dimounn kinn trap mo lame.»

Pour Bilygane, l’environnement dans lequel grandit un enfant joue un rôle déterminant. «Marsan ladrog-la mem kapav inn gagn sa ledikasion-la koumsa. Inn grandi dan enn latmosfer kot linn trouv zis ladrog devan li. Li grandi ladan mem.» À ses yeux, le problème réside aussi dans les possibilités qui sont offertes aux jeunes. «Ce n’est pas qu’il n’a pas le choix, c’est juste qu’on a mis que ce seul choix devant lui», déplore-t-il.

Cette réalité se résume, selon lui, à une mécanique qui commence très tôt : «Zordi enn zanfan kone kot li kapav gagn simik. Be si sa laz-la li kone kot pou gagn sa, dan dis an li pou fini kone kot pou vann sa.» Le concert du 12 septembre aura également une dimension particulière avec la présence du Police Band. Une initiative voulue par Bilygane, qui souhaite contribuer au rétablissement de la confiance entre la population et les forces de l’ordre.

«Pa tou lapolis ki pouri», affirme-t-il, estimant qu’une meilleure communication peut permettre de rapprocher policiers et citoyens. Pour lui, la collaboration est essentielle : lorsque la population et la police communiquent davantage, l’information circule mieux et les interventions peuvent être plus efficaces.

Avec Attentat, Bilygane veut ainsi transformer la scène en espace d’expression, mais aussi de réflexion. Le 12 septembre, à Phoenix, ses chansons porteront un regard sur les blessures de la société, avec la drogue et la misère au cœur d’un message qui se veut avant tout humain.

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