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Une rentrée sans téléphone : les élèves racontent leur première semaine d’école

24 août 2026, 15:00

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Une rentrée sans téléphone : les élèves racontent leur première semaine d’école

Après les vacances, on retrouve ses amis, on raconte ses petites aventures et on reprend ses habitudes. La rentrée est toujours un moment particulier. Mais cette fois, les élèves ont retrouvé leurs salles de classe avec une nouvelle règle : le téléphone portable reste rangé pendant la journée scolaire.

Depuis le lundi 17 août, l’utilisation des téléphones et des autres appareils mobiles dans les établissements scolaires est soumise à de nouvelles règles. L’objectif est notamment de permettre aux élèves de mieux se concentrer, de limiter les distractions et de favoriser les échanges entre camarades.

Mais une question se pose : comment se passe une journée d’école lorsqu’on ne peut plus sortir son téléphone ?

Nous avons posé la question à quelques élèves après leur première semaine.

Une règle qui ne change pas les habitudes

Pour Aricha Illeana Seerutton, 13 ans, en Grade 8 à France Boyer de la Giroday SSS, la réponse est simple: pas grand-chose n’a changé.

«Franchement, ma première semaine s’est passée normalement. De toute façon, je ne me servais déjà presque jamais de mon téléphone portable à l’école», racontet-elle. Elle explique que son téléphone lui servait surtout en cas d’urgence ou après les cours pour appeler ses parents afin qu’ils viennent la chercher. Alors, était-ce difficile de s’en passer ? Pas vraiment.

Aricha n’a d’ailleurs pas de smartphone, mais un petit téléphone qui lui permet principalement de passer des appels. Elle ne pense donc pas que son téléphone ait déjà perturbé sa concentration en classe. «Pour moi, la concentration dépend surtout de l’attitude et de la motivation de chaque élève», dit-elle.

Et quand vient la récréation, pas besoin d’écran pour passer un bon moment. Aricha retrouve ses amies, elles mangent ensemble, discutent, rigolent et travaillent parfois sur leurs projets de groupe. Lorsqu’un contrôle approche, elles révisent même ensemble. Elle est plutôt favorable à la nouvelle règle, car elle a déjà vu des élèves utiliser leur téléphone pendant les cours et même pendant des contrôles. Mais elle pense aussi qu’une interdiction totale peut parfois être «un peu trop stricte».

Les pauses, un moment pour discuter

Pour Lin Junning, 16 ans, en Grade 10 au Royal College Port-Louis, la première semaine sans téléphone s’est également bien passée.

«Pour le moment, ce n’est pas difficile pour moi de ne pas utiliser mon téléphone», explique-t-il. Lui non plus ne remarque pas de grand changement dans sa concentration. «Avec ou sans téléphone, je me concentre à peu près de la même façon.» Pendant les pauses, Lin a simplement retrouvé des habitudes plus simples : manger, discuter avec ses amis et parfois lire un livre. Mais son avis sur la nouvelle règle est différent. Il est plutôt contre une interdiction complète, surtout pour les élèves plus âgés. Pour lui, les téléphones et les tablettes ne servent pas uniquement à aller sur les réseaux sociaux ou à jouer. Ces appareils peuvent aussi devenir de véritables outils pour apprendre. En Design, par exemple, une tablette peut permettre de montrer un projet au professeur, de présenter un dessin ou encore de travailler sur une idée.

Lin pense donc que la règle pourrait être adaptée en fonction de l’âge des élèves et de la manière dont ils utilisent leurs appareils.

Des récrés sans écran

Pour Stewel Beeharry, élève en Grade 11 au Universal College, cette nouvelle règle n’a pas non plus bouleversé son quotidien.

Dans son établissement, les téléphones étaient déjà déposés dans une boîte avant le début des cours. «Cela ne m’a pas posé de difficultés car je n’avais déjà pas mon téléphone en cours», explique-t-il. Pour Stewel, le téléphone n’a jamais été un obstacle à sa concentration. Et pendant les pauses, il préfère être avec ses camarades. Il discute avec eux, fait du sport et profite simplement de ce moment pour se retrouver avec ses amis.

Stewel est toutefois contre la nouvelle règle. Selon lui, les élèves peuvent être responsabilisés et les enseignants peuvent intervenir lorsqu’un téléphone est utilisé de manière inappropriée.

Et du côté des enseignants ?

Les élèves ne sont pas les seuls à devoir s’adapter. Les enseignants doivent eux aussi composer avec ces nouvelles règles.

Pour Sohun Adarsh, Physical Educator, l’absence de téléphone peut avoir plusieurs avantages.

En classe, les notifications, les messages ou les réseaux sociaux peuvent facilement détourner l’attention d’un élève. Sans ces distractions, il peut être plus facile de rester concentré sur une explication, une activité ou un exercice.

La règle peut aussi encourager les élèves à passer davantage de temps à discuter entre eux pendant les pauses, à jouer ou à faire du sport, plutôt que de rester les yeux fixés sur un écran.

Le téléphone peut également faciliter certaines formes de tricherie pendant les contrôles. Sa limitation peut donc aider les enseignants à préserver l’équité entre les élèves. Mais Sohun Adarsh voit aussi l’autre côté de la situation.

Un téléphone ou une tablette peut parfois être très utile pour apprendre  : faire une recherche, prendre des notes, utiliser une application éducative ou travailler sur un projet. Il estime également qu’il faut penser aux situations d’urgence. Les parents peuvent parfois avoir besoin de contacter rapidement leur enfant.

Pour lui, une solution intermédiaire pourrait donc être intéressante : les téléphones restent rangés pendant les cours, mais peuvent être utilisés lorsque l’enseignant l’autorise pour apprendre ou dans certaines situations particulières.

Trouver le bon équilibre

Ces premières réactions montrent que les élèves ne vivent pas tous cette nouvelle règle de la même façon. Pour certains, ne pas avoir leur téléphone pendant les cours ne change presque rien. Pour d’autres, les appareils peuvent aussi avoir leur place dans l’apprentissage, surtout chez les élèves plus âgés.

Et puis, il y a les petites choses que l’on redécouvre : discuter avec ses amis, rire ensemble, lire quelques pages d’un livre ou faire du sport pendant la récréation.

Au fond, l’objectif est peut-être de trouver le bon équilibre entre la technologie et la vie à l’école. Car un téléphone peut être une distraction, mais il peut aussi être un outil. Tout dépend de la manière dont on l’utilise.

Le savais-tu?

Maurice n’est pas le seul pays à avoir instauré des restrictions sur l’utilisation des téléphones à l’école. La France, l’Angleterre, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont aussi mis en place des restrictions. Selon l’UNESCO, en mars 2026, 58 % des pays du monde avaient déjà instauré des règles pour limiter l’utilisation des téléphones à l’école.

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