Publicité

Cancer

Plus de 1 000 nouveaux cas en six mois

23 août 2026, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Plus de 1 000 nouveaux cas en six mois

■ Dr Ashraff M. D. Joomun, chirurgien oncologique au National Cancer Centre.

Environ 1 041 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés au National Cancer Centre (NCC) durant les six premiers mois de l’année. Le centre accueille désormais entre 200 et 300 nouveaux cas chaque mois, alors que son activité continue de s’intensifier, tant au niveau de la chimiothérapie que de la chirurgie.

«On reçoit environ 200 à 300 cas de cancer par mois», a indiqué le ministre de la Santé et du bien-être, Anil Bachoo, lors d’un entretien accordé à une radio privée. Parmi les cancers les plus fréquemment diagnostiqués figure celui du sein. Pour le ministre, l’un des principaux enjeux reste toutefois le dépistage précoce. Le retard dans le diagnostic demeure en effet une préoccupation majeure. «Souvent, quand on détecte le cancer, c’est trop tard, à un stade avancé», a-t-il fait ressortir. Certains patients présentant des symptômes inquiétants passent d’abord par plusieurs structures de santé avant d’être orientés vers le NCC. Un parcours qui peut retarder la confirmation du diagnostic et le début du traitement.

Les délais pour les biopsies et les analyses de laboratoire sont également pointés du doigt. Le manque de pathologistes pèse notamment sur la capacité à produire rapidement les résultats nécessaires. Selon le ministre, des démarches ont été entreprises afin de renforcer les effectifs, notamment avec le recours à des spécialistes étrangers. Au moins trois pathologistes devraient ainsi apporter leur soutien pour accélérer les analyses.

L’augmentation du nombre de diagnostics ne signifie toutefois pas nécessairement une explosion soudaine des nouveaux cancers. Le Dr Ashraff Mohammad Dilshaad Joomun, spécialiste en chirurgie oncologique au NCC, constate une «augmentation assez conséquente» des cas diagnostiqués, mais l’attribue aussi à une meilleure sensibilisation de la population et au développement du dépistage.

«La population a pris conscience de sa santé et recherche l’avis médical même pour des symptômes qui, quelque temps de cela, paraissaient anodins», explique-t-il. Les programmes de dépistage permettent ainsi de détecter davantage de cancers, parfois à des stades plus précoces.

Plus de 23 000 femmes dépistées

Au cours des 18 derniers mois, quelque 50 000 élèves et 60 000 adultes ont été concernés par les programmes de prévention et de dépistage des maladies non transmissibles. Parallèlement, 234 consultations médicales communautaires ont été organisées. Pour le cancer du sein, environ 15 000 femmes ont été examinées et 456 ont été référées pour des investigations complémentaires. Quelque 8 000 femmes ont également bénéficié d’un dépistage du cancer du col de l’utérus, donnant lieu à 131 références.

Le vieillissement de la population constitue un autre facteur à prendre en considération. «Le vieillissement de la population est aussi une des raisons de l’augmentation de l’incidence du cancer», souligne le Dr Joomun. Les habitudes de vie sont également évoquées, notamment l’alimentation, la consommation excessive de fast-food et de boissons alcoolisées.

Chez les femmes, le cancer du sein demeure largement prédominant. Le cancer colorectal figure également parmi les formes les plus fréquentes, tandis que celui de la prostate reste l’un des principaux cancers touchant les hommes. Rien que pour le cancer du sein, entre six et sept interventions chirurgicales sont pratiquées chaque semaine au NCC.

La pression est également importante au niveau de la chimiothérapie. Chaque jour, entre 85 et 100 patients reçoivent leur traitement. Une séance peut durer de 15 minutes à huit heures, selon le protocole prescrit. Cette activité mobilise médecins, infirmiers, pharmaciens, techniciens et autres professionnels spécialisés.

Depuis la création du département de chirurgie oncologique, il y a environ un an, plus de 700 patients ont bénéficié d’une intervention au NCC, selon le Dr Joomun. La grande majorité de ces opérations ont été réalisées par l’équipe mauricienne, tandis que des spécialistes étrangers sont intervenus pour certains cas complexes.

Cette montée en puissance pose toutefois la question des ressources. «Avec l’augmentation du nombre de patients, c’est sûr qu’on fait face à un très grand défi en termes de ressources humaines et techniques», reconnaît le chirurgien oncologue. Le ministère prévoit notamment le recrutement d’environ 100 Nursing Officers, dont une partie pourrait être affectée au centre.

La disponibilité des médicaments demeure aussi suivie de près. Selon Anil Bachoo, les traitements nécessaires sont disponibles ou des alternatives thérapeutiques peuvent être proposées lorsqu’un médicament spécifique ne l’est pas.

La prise en charge des enfants reste, elle aussi, une priorité. À travers le Child Cancer Scheme, 148 enfants ont été envoyés à l’étranger pour recevoir des soins spécialisés au cours d’une période d’environ un an et demi. Le dispositif devrait être maintenu, même si des amendements sont envisagés pour améliorer son fonctionnement.

Publicité