Publicité
Directeur d’EHSS Audit and Assurance chez Bristol Myers Squibb
Chris Easton : Aider les organisations à renforcer durablement leur gestion de risques
Par
Partager cet article
Directeur d’EHSS Audit and Assurance chez Bristol Myers Squibb
Chris Easton : Aider les organisations à renforcer durablement leur gestion de risques
Chris Easton, directeur d’EHSS Audit and Assurance chez Bristol Myers Squibb.
L’ingénierie environnementale est une spécialité rare à Maurice. Un compatriote s’est pourtant spécialisé en la matière à Singapour et nage aujourd’hui dans de grandes eaux car de consultant en environnement à ses débuts, il a gravi les échelons au sein de différentes sociétés internationales et est aujourd’hui directeur de l’Environment, Health, Safety and Sustainability (EHSS) Audit & Assurance pour la société biopharmaceutique Bristol Myers Squibb. Il s’agit de Chris Easton, qui est basé en Suisse.
Beau parcours que celui réalisé par le Mauricien Chris Easton qui dirige le programme d’EHSS Audit & Assurance à Bristol Myers Squibb et qui a répondu à nos questions par mél.
Chris Easton est né à Maurice et a grandi à Coromandel. Son père, Lindsay, était comptable chez la compagnie d’assurances Vigier de La Tour et sa maman Cécile, enseignait le français au Lorette de Saint-Pierre. Tous deux sont aujourd’hui retraités. Les Easton ont eu trois garçons, Chris, Jonathan et Adrian, qui ont tous les trois choisi de faire carrière à Singapour et s’y sont installés, du moins pendant plus de 16 ans pour Chris Easton, qui a effectué sa scolarité secondaire au Collège du St Esprit. Établissement, qui précise-t-il, l’a marqué. «Au-delà de l’enseignement académique, cette période m’a offert un cadre qui encourageait la discipline, l’effort et l’ouverture aux autres - des valeurs qui m’ont accompagné tout au long de mes études puis de ma carrière. J’en profite d’ailleurs pour passer le bonjour à mes amis du collège ainsi qu’à mes anciens enseignants.»
Après avoir obtenu son Higher School Certificate, en 1995, il est admis à la Nanyang Technological University (NTU) de Singapour où il entame des études supérieures en génie civil. Il a alors 19 ans. «Partir ainsi, c’était à la fois excitant et intimidant : je quittais Maurice pour la première fois, avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi avec une certaine appréhension face à l’inconnu.»
Comme pour beaucoup de jeunes qui quittent le cocon familial pour des études supérieures à l’étranger, il y a aussi eu pour Chris Easton un temps d’adaptation. «La présence d’une communauté d’étudiants mauriciens à la NTU a été un précieux point d’ancrage, facilitant grandement mon intégration.» En parallèle, il s’est beaucoup impliqué dans la vie multiculturelle du campus, «ce qui a rendu mon expérience universitaire particulièrement enrichissante et qui a beaucoup influencé ma façon de voir le monde et de travailler avec des personnes de cultures différentes.»
Appliquer concrètement des solutions techniques
Il a effectué l’ensemble de son cursus d’ingénierie à la NTU. Initialement focalisé sur le génie civil, son intérêt s’est progressivement orienté au cours de sa troisième année d’études vers les enjeux environnementaux. «Ce qui m’attirait, c’était l’idée de pouvoir appliquer des solutions techniques à des problèmes très concrets : l’eau, les déchets, la pollution, la protection des communautés. J’y voyais un domaine utile, avec un impact direct sur la société. J’ai donc choisi d’axer mon Bachelor en génie civil sur les modules environnementaux, avant d’enchaîner sur un master spécialisé en ingénierie environnementale.»
Après l’obtention de son master, il a commencé sa carrière en tant que consultant en environnement, effectuant des audits et des évaluations environnementales de sites industriels pour divers clients à travers l’Asie. «Cette expérience initiale a été particulièrement formatrice, me permettant d’acquérir une compréhension approfondie des enjeux industriels, tout en appréhendant la diversité des cultures de la région. Après six ans de conseil, j’ai rejoint Syngenta en tant que Regional Environment Manager pour l’Asie-Pacifique.»
Il y est resté trois ans avant d’être envoyé en 2010 à la maison mère de Syngenta à Bâle en Suisse. Marié à Su-Ann, une Singapourienne, et parents de deux enfants, Chris Easton et son épouse savaient que ce nouveau départ requérait une adaptation importante. «C’était une nouvelle culture, un nouveau climat et une nouvelle langue. Mais je dirais que cette étape a été très enrichissante. Comme nos enfants étaient encore jeunes, ils se sont adaptés très rapidement. Quant à Su-Ann et moi, nous avons envisagé ce changement comme une belle nouvelle aventure pour notre famille.»
Au bout de sept ans, se sentant à la croisée des chemins au niveau de sa carrière, qui était jusque-là centrée sur la gestion et la protection de l’environnement, l’élaboration de normes et de processus environnementaux, etc., Chris Easton a souhaité se diversifier professionnellement et explorer d’autres avenues. Il a alors rejoint l’équipe globale d’audit Environment, Health and Safety (EHS) de Syngenta en tant qu’EHS Audit Manager. Son rôle a alors consisté à planifier les audits et à évaluer, de manière indépendante, la façon dont les sites gèrent leurs risques liés à l’environnement, à la santé et à la sécurité. «Il ne s’agissait pas seulement de vérifier la conformité aux réglementations ou aux standards internes, mais aussi d’identifier les points forts, les faiblesses et les opportunités d’amélioration, puis d’aider les équipes à progresser durablement.»
Bon équilibre
L’an dernier, il a rejoint Takeda Pharmaceuticals comme Head of EHS Audit. «C’était une belle étape, car cela me permettait de prendre davantage de responsabilités dans la transformation et le pilotage du programme d’audits EHS.» Et cette année, il a accepté un nouveau rôle chez Bristol Myers Squibb comme Director, EHSS Audit & Assurance. «Même si cela peut sembler rapide, ce n’était pas un changement de cap, mais plutôt une continuité logique : le rôle me permettait d’élargir mon impact, avec une dimension plus forte autour de l’assurance, de la gouvernance et de l’amélioration continue.»
Avec le recul, dit-il, chaque transition lui a permis d’élargir sa perspective. «D’abord comme spécialiste environnemental, puis comme auditeur EHS, et aujourd’hui dans un rôle plus large d’assurance et de gouvernance. Mais le fil conducteur est resté le même, soit aider les organisations à mieux gérer leurs risques et à progresser de manière durable.»
Appelé à dire si dans ce nouveau rôle, il fait davantage d’administration que de travail de terrain, Chris Easton parle «d’un bon équilibre entre les deux. Dans mon rôle, je travaille à la fois sur la stratégie, la gouvernance et l’amélioration continue du programme d’audit EHSS, mais aussi sur des sujets très concrets liés aux sites, aux audits et aux actions correctives ou préventives. C’est vrai qu’avec ce poste, il y a naturellement une part importante de coordination, d’analyse, de reporting et de communication. Mais je reste très attaché au terrain, parce que c’est là que l’on comprend vraiment les risques, les réalités opérationnelles et les opportunités d’amélioration. Pour moi, l’administration n’a de valeur que si elle permet d’améliorer concrètement la sécurité et la performance des équipes, et de réduire les risques sur le terrain.»
Su-Ann Easton poursuit également sa carrière dans une organisation internationale basée à Genève. Chris Easton dit lui devoir beaucoup. «Elle a été un soutien absolument essentiel tout au long de ce parcours. Elle a su m’accompagner dans les différentes étapes de ma carrière, tout en construisant la sienne et en étant très présente pour notre famille. Je pense que rien de tout cela n’aurait été possible sans son soutien, sa patience et sa capacité à garder notre famille soudée à travers les changements.»
Il revient à Maurice de temps à autre pour voir ses parents mais ce n’est pas aussi souvent qu’il l’aurait souhaité. «Mais je compte revenir plus régulièrement. Avec le temps, on réalise que chaque retour, chaque moment passé ensemble, même très simple, ne fait que gagner en importance.»
Son expertise reste peu répandue à Maurice. Serait-il dans ses intentions de revenir s’installer ici et de la mettre au service de son pays ? «C’est une question que je prends très au sérieux. Maurice reste mon pays natal, et j’y reste profondément attaché. L’idée de pouvoir contribuer un jour au développement des compétences, de la culture sécurité et de la performance EHSS dans l’île est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Aujourd’hui, je suis engagé dans mon rôle actuel, qui me permet justement de continuer à évoluer, et de travailler sur des standards internationaux. Mais je ne ferme certainement pas la porte à une contribution future à Maurice, que ce soit par un retour, du partage d’expérience ou des collaborations ponctuelles. Si je peux mettre mon expérience au service du pays d’une manière utile et concrète, ce serait évidemment une grande fierté… »
Publicité
Publicité
Les plus récents