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World Knits
Les travailleurs reprennent après la promesse d’un paiement
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Les travailleurs reprennent après la promesse d’un paiement
■ Une rencontre d’urgence s’est tenue dans les locaux de World Knits, lundi, pour essayer de trouver une solution.
Après une journée de tension, le calme est revenu hier à l’usine de World Knits, à Quartier-Militaire. Les quelque 200 travailleurs ont repris le travail après avoir obtenu l’assurance que leur salaire du mois de juillet leur sera versé la semaine prochaine. La situation était pourtant loin d’être sereine lundi. Les échanges entre le personnel et la direction avaient été particulièrement tendus, alors que les employés, qui n’avaient toujours pas reçu leur salaire de juillet, avaient décidé de se mettre en grève.
Face à cette situation, des discussions ont repris hier entre les travailleurs et le management. L’intervention d’un cadre a finalement permis de calmer les esprits. Les travailleurs ont accepté de reprendre leurs postes après avoir reçu la garantie que leurs salaires seront payés la semaine prochaine. «On espère que le patronat va honorer sa promesse pour que ces 200 personnes puissent reprendre le travail», confie une source proche du dossier. D’autant que World Knits continue à recevoir des commandes de l’étranger. Mais les retards de paiement alimentent l’inquiétude parmi le personnel, alors que l’avenir de l’entreprise reste fragile.
Le syndicaliste Fayzal Ally Beegun estime que le mouvement des travailleurs envoie un signal fort. Il affirme avoir évoqué la situation avec l’administrateur de World Knits, Rajeev Basgeet. «Il ne faut pas donner une image où l’on voit que les travailleurs font la grève. Comment obtenir des acquéreurs de cette manière ?», s’interroge-t-il. Au-delà des employés mauriciens, le syndicaliste se dit également préoccupé par la situation des travailleurs étrangers. Certains, explique-t-il, souhaiteraient rentrer dans leur pays, mais se retrouveraient dans une situation difficile en raison du renouvellement tardif de leur permis de travail.
Fayzal Ally Beegun reconnaît les efforts de l’administrateur pour maintenir l’activité et éviter les licenciements. «Il veut sauver le maximum de travail car il ne veut pas qu’il y ait des licenciements», souligne-t-il. Mais pour lui, le problème dépasse désormais le seul cas de World Knits. «Pendant encore combien de temps les différents gouvernements qui se succèdent vont-ils croiser les bras et regarder les travailleurs souffrir ?». Le syndicaliste plaide pour une réforme de la législation afin que l’État puisse mieux protéger les travailleurs lorsqu’une entreprise entre en receivership ou se dirige vers la fermeture. «Depuis 30 ans, c’est déjà le cas. Il y a des travailleurs qui sont morts sans avoir obtenu de compensation.» Pour lui, il est temps de revoir le système afin que les salariés ne soient plus les premières victimes des difficultés financières des entreprises.
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