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Journée internationale de la jeunesse
Relève syndicale : les jeunes au cœur du défi
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Journée internationale de la jeunesse
Relève syndicale : les jeunes au cœur du défi
Photos: Tony Fine.
À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée ce mercredi 12 août, la classe syndicale s’interroge sur son avenir. Le renouvellement de ses rangs, notamment par une plus grande participation des jeunes et des femmes, apparaît comme l’un des principaux défis à relever. C’est dans cette optique que le Congress of Independent Trade Unions (CITU), conjointement avec la State and Other Employees Federation, a organisé un atelier de travail à la municipalité de Port-Louis.
Pour le président de la CITU, Radhakrishna Sadien, cette rencontre a permis de mettre en lumière les faiblesses du mouvement syndical, mais aussi de réfléchir aux moyens de le renforcer. Parmi les préoccupations soulevées : le vieillissement de la population syndicale, le manque d’engagement des jeunes et des femmes, mais également l’insuffisance de formation et de ressources techniques et financières.
Autre constat : la perception parfois négative des syndicats dans certains milieux. À cela s’ajoute l’exode des jeunes vers l’étranger, évoqué à la lumière des données d’Afrobarometer. «Les jeunes cherchent un échappatoire pour aller travailler à l’étranger. Et cela devient compliqué par la suite», souligne Radhakrishna Sadien.
Le syndicaliste insiste également sur la nécessité de combattre la précarité de l’emploi chez les jeunes. «Les compagnies et entreprises les emploient tant qu’ils sont jeunes et ont tout le courage qu’il faut, mais après on se passe de leurs services. Il faut que les jeunes comprennent que nous sommes là pour les soutenir et les défendre*», affirme-t-il.
Pour assurer la relève, les jeunes doivent désormais trouver leur place au sein des structures syndicales et être formés afin de participer activement aux négociations. Mais encore faut-il parvenir à les intéresser au mouvement syndical.
«Il faut s’adapter à la communication des jeunes»
Pour Radhakrishna Sadien, le message est simple : l’engagement syndical demeure un moyen de faire respecter ses droits. «Certes, les lois sont là, mais elles ne sont pas toujours appliquées dans leur rigueur», rappelle-t-il. D’où l’importance, selon lui, d’avoir des représentants capables de porter les revendications des travailleurs auprès des instances compétentes.
Le président de la CITU compare le syndicat à une forme de protection collective. «C’est un peu comme une compagnie d’assurance. On a une voiture qui n’est pas assurée et si demain vous avez un accident, vous ne savez plus quoi faire.»
Face aux transformations du monde du travail, notamment avec l’intelligence artificielle et l’automatisation, le syndicalisme devra aussi se réinventer. «Il va falloir encore plus encourager les jeunes et créer l’espace pour eux. Il va falloir que l’on s’adapte à leur ligne de communication», estime-t-il.
Pour lui, les enjeux dépassent désormais les seules questions d’emploi. Éducation, droits humains, automatisation ou encore avenir professionnel doivent également trouver leur place dans le débat. «Individuellement, ce n’est pas possible. Il va falloir qu’ils s’associent dans une organisation, car c’est un syndicat qui peut les défendre», conclut-il.
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