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Grève de la faim

Droits des travailleurs : après la mobilisation, les syndicats exigent des actes

12 août 2026, 12:00

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Droits des travailleurs : après la mobilisation, les syndicats exigent des actes

Le ministre du Travail, Reza Uteem, entouré des représentants de la Platform Komun Syndikal lors de la réunion tenue à la Victoria House.

Plus de deux heures de discussions à la Victoria House. Le ministre du Travail, Reza Uteem, a reçu les représentants de la Platform Komun Syndikal pour faire le point sur plusieurs dossiers liés aux relations industrielles et, surtout, sur les amendements réclamés à la Workers’ Rights Act et à l’Employment Relations Act. Une rencontre qui a marqué la fin de la grève de la faim d’Atma Shanto, mais certainement pas celle du combat syndical.

La tension semble retomber, mais la vigilance reste de mise. Après une journée de mobilisation et la grève de la faim entamée lundi par Atma Shanto, président de la Fédération des travailleurs unis, les discussions ont été bénéfiques. Au centre des échanges : la nécessité, selon les syndicalistes, de revoir certaines dispositions de la Workers’ Rights Act et de l’Employment Relations Act, afin de permettre aux représentants des travailleurs d’exercer leurs fonctions sans subir de pressions ou se heurter à des pratiques patronales qu’ils jugent abusives.

À l’issue de la réunion, Atma Shanto a reconnu que le ministre avait respecté son engagement de rencontrer les syndicats. «C’était une longue réunion, et plusieurs problèmes ont été évoqués sur l’ordre du jour et les relations de travail, ainsi que la revendication pour laquelle j’étais entré en grève de la faim : la révision de l’Employment Relations Act et de la Workers’ Rights Act», explique-t-il.

Trois compagnies étaient également concernées par les discussions. Le cas d’Innodis Ltd a notamment été abordé. Selon Atma Shanto, le ministre aurait exprimé son désaccord avec certaines pratiques de l’entreprise. La direction d’Innodis aurait accepté de reprendre les discussions avec le représentant des travailleurs, notamment autour d’un accord collectif, des salaires, des augmentations salariales et d’autres conditions d’emploi.

Le dossier d’un hôtel de Bel-Ombre a également été soulevé, notamment à la suite d’un incident impliquant une employée indienne qui aurait été victime de harcèlement sexuel de la part d’un client. Une enquête est en cours. Atma Shanto affirme que le ministre a fait part de sa ferme opposition à la manière dont la situation aurait été gérée et que la direction s’est engagée à revoir certains aspects des relations de travail.

Un troisième employeur a été interpellé sur la question de l’indépendance des comités disciplinaires, un problème que les syndicats estiment plus largement répandu dans le secteur privé.

«Je ne crie pas victoire»

Malgré ces avancées, Atma Shanto se garde de parler de victoire. «Il y a un dénouement, mais je ne crie pas victoire. La lutte continue», affirme-t-il. Pour lui, cette mobilisation aura surtout démontré l’unité du mouvement syndical autour de certaines revendications. Sa grève de la faim prend ainsi fin, mais le syndicaliste prévient que le combat pour les droits des travailleurs se poursuit.

Pour Jane Ragoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, Atma Shanto doit être félicité pour avoir porté ces revendications au premier plan. Elle estime que certains employeurs utilisent les dispositions légales tout en multipliant, selon elle, les délais dans les négociations. «Les patrons utilisent les lois de la Workers’ Rights Act et de l’Employment Relations Act pour faire des delaying tactics», soutient-elle.

Elle cite notamment les difficultés rencontrées par certains syndicats pour accéder aux lieux de travail afin de rencontrer les employés. Selon elle, le manque d’effectifs au ministère du Travail complique également le traitement des dossiers. La syndicaliste appelle par ailleurs Business Mauritius à intervenir auprès des employeurs afin de favoriser un dialogue social plus efficace.

Même son de cloche du côté d’Ashvin Gudday, négociateur de la General Workers Federation. Il salue la tenue de cette réunion et estime que plusieurs problèmes ont pu être mis sur la table. «Il y a un problème avec certains patrons, un problème d’arrogance», soutientil, évoquant également les difficultés auxquelles seraient confrontés certains travailleurs étrangers. Pour lui, le mouvement syndical constitue un contre-pouvoir indispensable. «Le syndicat, c’est notre dernier rempart face aux dérives du pouvoir», affirme-t-il.

Il rappelle également que les syndicats attendent toujours plusieurs réformes annoncées dans le cadre des Assises du travail.

Uteem : des changements avant la fin de l’année ?

De son côté, Reza Uteem avait indiqué lundi que les changements législatifs devront passer par la consultation des partenaires sociaux. «Avant d’apporter des changements dans la loi, il faut tenir des consultations», avait-il déclaré. Le ministre a également évoqué les travaux du National Tripartite Council, qui s’est déjà réuni à deux reprises et doit se réunir à nouveau la semaine prochaine. Des instructions devraient ensuite être transmises au State Law Office. L’objectif affiché par le ministre est de parvenir, d’ici à la fin de l’année, à des changements au niveau de l’Employment Relations Act et de la Workers’ Rights Act.

Reza Uteem a par ailleurs reconnu ne pas être satisfait du fonctionnement actuel de l’Employment Tribunal et souhaite une amélioration du système. Il a également insisté sur la nécessité pour les employeurs de respecter les décisions du Commission de conciliation et médiation.

La rencontre avec la Platform Komun Syndikal aura donc permis de renouer le dialogue. Mais pour les syndicats, le véritable test sera désormais celui des actes : transformer les engagements pris autour de la table en réformes concrètes pour les travailleurs.

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