Publicité
Chagos
La Court of Appeal ordonne une audience de deux heures
Par
Partager cet article
Chagos
La Court of Appeal ordonne une audience de deux heures
La Court of Appeal a ordonné la tenue d’une audience orale de deux heures consacrée à la demande des Chagossiens visant à obtenir l’autorisation de faire appel dans le dossier contestant l’accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice sur l’archipel des Chagos. Selon nos informations, contrairement à ce qu’avance le Great British PAC, il ne s’agit pas d’une nouvelle audience sur le fond de l’affaire.
Aucune date n’a encore été confirmée pour cette audience, mais celleci devrait se tenir dans une fenêtre comprise entre maintenant et décembre. La Court of Appeal devra déterminer si les Chagossiens peuvent obtenir l’autorisation de poursuivre leur contestation en appel.
Le Great British PAC présente, pour sa part, cette décision comme une relance de la bataille judiciaire. «We were told no. We appealed. The fight is back on.», affirme l’organisation. Selon elle, la Court of Appeal aurait ordonné une fresh hearing afin de reconsidérer le refus prononcé précédemment par la justice britannique. Le Great British PAC qualifie même ce développement de «genuine legal breakthrough».
Selon nos informations, cette présentation ne correspond toutefois pas à la nature de l’audience ordonnée. Celle-ci portera sur la demande des Chagossiens pour obtenir l’autorisation de faire appel. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une nouvelle audience consacrée à la judicial review elle-même.
Si la Court of Appeal se prononce contre les Chagossiens, il n’y aurait plus d’autre voie d’appel. Si elle leur donne raison, la judicial review serait alors entendue séparément, à une autre date.
Cette nouvelle étape intervient après la décision de la High Court de Londres, qui avait refusé, en mars 2026, d’accorder l’autorisation d’engager des procédures judiciaires contre le Foreign Office britannique concernant l’accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice sur les Chagos.
Trois Chagossiens, dont Bertrice Pompe, une ressortissante britannique née à Diego Garcia, contestaient cet accord. Ils soutenaient notamment que le gouvernement britannique n’avait pas consulté les Chagossiens avant de parvenir à cet arrangement avec Maurice. Dans sa décision écrite, la juge Mary Stacey avait reconnu «la longue et honteuse histoire du traitement infligé aux habitants des îles Chagos» dans les années 1960 et 1970, période durant laquelle les Chagossiens avaient été expulsés de l’archipel afin de permettre l’installation d’infrastructures militaires.
La juge avait toutefois estimé que la contestation présentée reprenait essentiellement des arguments qui avaient déjà été examinés et rejetés par les juridictions anglaises dans de précédentes affaires concernant les Chagos. La High Court avait ainsi refusé d’autoriser la poursuite de la procédure.
******
«The New York Times» raconte le rêve d’un retour pris dans la géopolitique
Le retour aux Chagos semblait enfin se rapprocher pour ceux qui avaient été expulsés de l’archipel il y a près de 60 ans. Mais la guerre au Moyen-Orient et les enjeux stratégiques autour de Diego Garcia ont de nouveau plongé leur avenir dans l’incertitude, rapporte «The New York Times» dans un article intitulé «They Were Eager to Return Home. Then the U.S. Bombed Iran.» Le quotidien américain raconte notamment l’histoire de Roseline Rabouine, qui avait huit ans lorsque des soldats britanniques sont venus annoncer à sa famille qu’elle devait quitter les Chagos. Comme la majorité des quelque 2 000 habitants de l’archipel, elle avait été envoyée à Maurice afin de permettre l’installation d’une base militaire américano-britannique. Aujourd’hui âgée de 61 ans et vivant à Port-Louis, elle assure qu’elle repartirait immédiatement si elle en avait la possibilité.
Selon «The New York Times», cet espoir avait pris une dimension plus concrète avec le projet britannique de restituer la souveraineté sur les Chagos à Maurice. Les autorités mauriciennes ont promis de permettre aux Chagossiens déplacés de retourner sur certaines îles.
Mais la situation s’est compliquée après les frappes américaines contre l’Iran. Le président américain Donald Trump, qui avait initialement soutenu le projet de traité entre Londres et Port-Louis, a retiré son soutien peu avant les attaques américaines contre l’Iran, rapporte le journal. Il ne voudrait pas que la présence militaire américaine à Diego Garcia soit compromise. La Maison-Blanche a d’ailleurs déclaré au «New York Times» que Donald Trump ne permettrait «jamais» que la présence américaine à Diego Garcia soit affaiblie ou menacée.
L’atoll occupe une position stratégique majeure dans l’océan Indien. Ses pistes peuvent accueillir de grands appareils militaires et son port en eau profonde permet notamment l’approvisionnement et l’entretien de navires de guerre. Washington et Londres craignent également, selon le quotidien américain, que le traité puisse éventuellement ouvrir la voie à une présence chinoise dans l’archipel.
Publicité
Publicité
Les plus récents