Publicité
«Eski to ti Kone»
Marie Josette Rabaye, «kaser zwit» perpétue un savoir-faire familial
Par
Partager cet article
«Eski to ti Kone»
Marie Josette Rabaye, «kaser zwit» perpétue un savoir-faire familial
Avant qu’une huître n’arrive dans nos assiettes, il existe toute une histoire derrière ce trésor de la mer. Une histoire de patience, de courage et de savoir-faire transmis de génération en génération.
À Poste-de-Flacq, Marie Josette Rabaye, 64 ans, fait partie de ces personnes qui perpétue une tradition encore peu connue du grand public. Depuis son enfance, elle accompagne sa grand-mère dans le lagon à la recherche des huîtres. Au fil des années, cette activité familiale est devenue son métier, mais surtout une passion qu’elle continue de pratiquer avec amour.
Chaque sortie dans le lagon lui rappelle les journées passées aux côtés de sa grand-mère, qui lui a appris à reconnaître les bons endroits, qui lui a transmis les secrets du métier et, surtout, le respect de la mer. Aujourd’hui, Marie Josette veut transmettre à son tour ce savoirfaire à sa petite-fille, afin que cette pratique continue d’exister et ne se perde pas avec le temps.
Pour elle, être kaser zwit ne représente pas seulement un travail. C’est un héritage familial, un lien profond avec la mer et une partie de son identité. Pour elle, apprendre ce métier ne consiste pas seulement à savoir trouver des huîtres, mais aussi à comprendre la nature et à respecter les ressources du lagon.
À la rencontre des huîtres dans la boue
Très tôt le matin, parfois avant même six heures, Marie Josette prend la direction du lagon. La recherche des huîtres demande du temps, de la patience et surtout une parfaite connaissance de l’environnement marin. Elle nous emmène dans la zone de boue, là où la mer et la rivière se rencontrent. Les pêcheurs appellent ce phénomène-là «somad». C’est à cet endroit particulier qu’elle commence ses recherches, car les conditions y sont plus favorables pour trouver les huîtres.
Avec ses années d’expérience, Marie Josette connaît les moindres recoins du lagon. Elle observe les rochers, les mouvements de l’eau et les signes laissés par la nature pour repérer les endroits où les huîtres peuvent se cacher. Mais elle constate qu’aujourd’hui, le travail est devenu plus difficile. «Avant, on pouvait trouver des huîtres beaucoup plus facilement. Maintenant, il faut chercher beaucoup plus», explique-t-elle.
La récolte des huîtres est un travail qui demande beaucoup de délicatesse. Des gestes précis appris au fil des années. Marie Josette commence par choisir un rocher où elles sont accrochées. Ensuite, elle les détache avec précaution pour ne pas les abîmer. Une fois récoltées, les huîtres sont nettoyées avec de l’eau de mer fraîche. Elles sont ensuite placées dans une eau propre avant d’être prêtes à être consommées. Certains préfèrent les savourer simplement, avec quelques gouttes de citron et une touche de piment, pour garder toute la fraîcheur et le goût naturel de ce fruit de mer.
Un trésor aux nombreux bienfaits
Au-delà de leur goût apprécié par les amateurs de fruits de mer, les huîtres sont peu caloriques, mais riches en protéines. Elles sont riches en vitamine B12, en zinc, qui renforce le système immunitaire, et en acides gras oméga-3, tous des éléments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Elles apportent également des minéraux comme le calcium et le phosphore, importants pour la santé des os.
Une femme, une passion et un héritage. La sexagénaire continue de parcourir le lagon avec la même détermination. Pour elle, chaque huître récoltée représente bien plus qu’un simple produit à vendre ou à déguster. C’est le souvenir de sa grand-mère, l’amour de la mer et la transmission d’un savoir-faire unique.
À travers son histoire, Marie Josette, kaser zwit de Poste-de-Flacq, nous rappelle que derrière chaque tradition se cachent des femmes et des hommes qui, avec leurs mains et leur courage, préservent une partie de notre patrimoine.
Publicité
Publicité
Les plus récents