Publicité

Réforme des pensions

Moody’s y voit un premier test de crédibilité budgétaire

2 août 2026, 12:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Moody’s y voit un premier test de crédibilité budgétaire

L’agence de notation Moody’s estime que la suspension partielle de la réforme des pensions, quelques jours seulement après la présentation du Budget, illustre les difficultés auxquelles le gouvernement pourrait être confronté pour rétablir durablement les finances publiques. Si elle reconnaît les premiers efforts de consolidation budgétaire, elle maintient une perspective négative sur la note souveraine de Maurice, jugeant que la mise en œuvre des réformes reste le principal défi.

Dans une note publiée le 31 juillet, Moody’s considère que Maurice conserve des fondamentaux solides, avec une économie diversifiée, une croissance relativement résiliente et une stabilité politique qui ont permis au pays de mieux absorber les chocs extérieurs. Ces atouts demeurent toutefois contrebalancés par un niveau d’endettement public élevé et par les vulnérabilités d’une petite économie ouverte, fortement dépendante de l’environnement international.

L’agence souligne que la qualité des institutions s’est légèrement affaiblie ces dernières années, en raison du recours à des mesures exceptionnelles pour faire face aux crises et des données économiques erronées publiées sous le précédent gouvernement.

Concernant les finances publiques, Moody’s prend acte de l’objectif du gouvernement de ramener le déficit budgétaire à 3,7 % du PIB en 2026-2027, contre une estimation de 6 % lors de l’exercice précédent. Elle estime néanmoins que cette amélioration sera probablement plus graduelle que prévue et n’intègre pas, dans ses projections, les éventuelles recettes issues de l’accord sur les Chagos avec le Royaume-Uni.

Sur le plan économique, Moody’s relève une croissance de 2 % au premier trimestre 2026 et prévoit une accélération progressive vers 3,5 % à partir de 2027, sous réserve que les mesures d’assainissement budgétaire ne freinent pas excessivement l’activité. Les réserves internationales élevées continuent, par ailleurs, de constituer un important facteur de résilience face aux déficits extérieurs.

L’agence précise qu’un retour à une perspective stable dépendra de la capacité du gouvernement à mettre en œuvre durablement ses mesures de redressement, à accroître les recettes, à maîtriser les dépenses et à inscrire la dette publique sur une trajectoire baissière. À défaut, tout retard dans les réformes ou toute aggravation des déficits pourrait exercer une pression supplémentaire sur la notation souveraine du pays.

Publicité