Publicité
Questions à…
Ramapatee Gujadhur : «Les turfistes ne sont pas dupes et leur colère est justifiée»
Par
Partager cet article
Questions à…
Ramapatee Gujadhur : «Les turfistes ne sont pas dupes et leur colère est justifiée»
Ramapatee Gujadhur, ci-dessus avec son fils Mukund.
Règlements, report du Mauritius Derby, sanctions, commentaires sur les entraîneurs… L’actualité hippique est brûlante après seulement un tiers de la saison. Ramapatee Gujadhur, porte-parole de l’Association des Entraîneurs, donne sa lecture des récents événements.
Onze journées de courses se sont écoulées, soit près d’un tiers de la saison. Quel bilan dresse l’Association des Entraîneurs, dont vous êtes le président ?
Je dois dire que l’association ne s’est pas réunie depuis un bon moment. Grâce aux efforts de Samraj Mahadia, nous sommes dûment enregistrés. Je pense que tout le monde sera d’accord avec moi pour dire que la compétition est bien rude. Chacun fait ce qu’il peut, mais cela devient de plus en plus difficile financièrement pour beaucoup d’entre nous.
En début d’année, la préparation et l’officialisation des Rules Of Racing ont fait l’objet de pas mal de commentaires. Il avait même été question d’un Rules Committee pour rectifier le tir. Qu’en est-il réellement ?
Le comité en question siège tous les deux ou trois mois. Selon moi, il n’y a pas de véritable urgence parce qu’il n’y a pas la possibilité de changer les règlements de sitôt. En me basant sur un avis légal que j’ai reçu, les règlements en vigueur ne sont pas vraiment valides dans le sens où les Rules Of Racing auraient dû être rédigés par le Horse Racing Organizer (HRO), le MTC Jockey Club (MTCJC), et non par la Gambling Regulatory Authority (GRA).
Justement, nous avons eu le malheur de perdre le Mauritius Derby, la semaine dernière, en raison d’un manque d’entraîneurs causé par les règlements en vigueur. Votre avis ?
C’est effectivement bien malheureux pour ceux qui avaient des représentants dans la course en question. Si on avait examiné les Rules minutieusement, on aurait constaté cette lacune. C’est navrant que le HRO ait abdiqué ses responsabilités en permettant à la GRA et la Horse Racing Integrity Division (HRID) de rédiger les règlements à leur place pour après venir crier sur tous les toits. Je tiens aussi à préciser que l’Association des Entraîneurs a envoyé une lettre officielle d’une demi-douzaine de pages à la HRID pour spécifier les lacunes dans les Rules Of Racing dont certains sont anticonstitutionnels. D’ailleurs, à la dernière réunion qui avait été présidée par Paul Beeby et qui date de plus d’un mois, le head de la HRID a concédé que 75 % des éléments présents dans notre lettre étaient valables.
Pensez-vous qu’on aurait pu éviter certaines situations si les entraîneurs avaient eu plus de temps pour consulter les règlements en question ?
On aurait certainement pu apporter notre contribution. Il y a des gens qui veulent tout contrôler à la HRID et qui ont publié les règlements dans la Government Gazette, ce qu’il ne fallait surtout pas faire. Les Rules Of Racing doivent être flexibles, encore plus cette saison où nous n’avons pas suffisamment de chevaux. C’est malheureux que ces décisions aient été prises par des personnes qui n’ont jamais dépensé un sou pour acheter un cheval ! Nous avons attiré l’attention des autorités concernant la rédaction des règlements car nous estimons que la HRID ne peut être juge et partie en même temps…
Ramapatee Gujadhur, ci-dessous avec «Zoomie» monté par Raymond Danielson.
Revenons sur l’annulation du Mauritius Derby, même si le MTCJC a pu le reprogrammer pour le mois prochain. Les propos durs de Joey Foo Kune, stable supervisor de l’écurie Foo Kune, envers certains entraîneurs qui n’auraient pas, je cite, «joué le jeu» pour aligner des chevaux, ont-ils jeté un froid parmi la communauté des entraîneurs ?
Je ne veux pas entrer dans une polémique, mais je tiens à préciser qu’aucun entraîneur n’est à la solde de qui que ce soit. À ce que je sache, Joey Foo Kune n’est pas entraîneur, contrairement à Carl Hewitson. Si j’étais à sa place, je me serais gardé de faire des commentaires sur les collègues de ce dernier.
Vous avez parlé plus tôt du manque de chevaux. Le MTCJC a d’ailleurs amendé son calendrier avec, au final, 25 journées de compétition. Êtes-vous inquiet pour la fin de saison ?
Absolument. Le MTCJC a effectivement obtenu l’auto risation de réduire le nombre de journées, mais je pense qu’on aurait d’abord peut-être dû ramener le nombre de courses à sept par journée. Cela aurait été plus raisonnable selon moi, mais la décision a déjà été prise.
La dernière journée de compétition a vu pas mal de jockeys entendus par les commissaires et pas mal de critiques sur les réseaux sociaux notamment. Quel est l’avis de l’entraîneur d’expérience que vous êtes ?
Il est évident que le déroulement de certaines courses et les sanctions qui ont découlé des enquêtes des commissaires donnent à réfléchir. Tout ce que je peux dire à ce sujet, c’est que contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, les turfistes ne sont pas dupes et leur colère est tout à fait justifiée. Ce serait intéressant de connaître l’opinion de Joey Foo Kune làdessus (rires).Le fait même que l’on ose comparer l’organisation actuelle avec la People’s Turf (PTP) est une véritable insulte et cela devrait interpeller tous les stakeholders. De plus, je pense que l’actuel board des commissaires doit être revu car il y a, selon moi, des sanctions à géométrie variable. Je pense, et c’est mon opinion personnelle, qu’il est grand temps qu’on fasse appel à des techniciens qualifiés tels que Deanthan Moodley ou encore Ian Paterson pour redresser la barre.
Pensez-vous que les récents événements remettent en cause la crédibilité des courses mauriciennes ?
Si on continue de la sorte et que les commissaires ne prennent pas des actions appropriées, les gens vont définitivement délaisser les courses comme ce fut le cas à la PTP. Ce sera la fin des courses car quel est l’entraîneur qui fera venir des chevaux si le public n’a pas confiance ?
Publicité
Publicité
Les plus récents