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Meurtre de Jonathan Koo Yam Too : Trois dépositions consignées après l’appel à témoins
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Meurtre de Jonathan Koo Yam Too : Trois dépositions consignées après l’appel à témoins
Jonathan Koo Yam Too a été retrouvé mort à Midlands le 11 juin, victime d’une blessure par balle.
L’enquête sur la mort par balle de Jonathan Koo Yam Too, 40 ans, était au cœur de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, adressée au Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, hier. Interrogé sur l’état d’avancement des investigations ainsi que sur la circulation des armes à feu à Maurice, le chef du gouvernement a indiqué que l’enquête se poursuit avec l’appui d’enquêteurs étrangers, tout en annonçant un renforcement du contrôle des licences d’armes.
Selon les informations fournies par le commissaire de police, dans le cadre de l’enquête sur le meurtre, 21 personnes ont été interrogées à ce jour avant d’être autorisées à repartir après avoir consigné leur déposition. Les enquêteurs poursuivent également l’examen des images de vidéosurveillance recueillies auprès de différentes sources afin de faire progresser les investigations.
Le 8 juillet, la police a lancé un appel à témoins assorti d’une récompense de Rs 500 000 pour toute information fiable permettant de faire avancer l’enquête. Quatre personnes se sont manifestées à la suite de cet appel. Trois d’entre elles ont fourni une déposition, tandis que la quatrième n’a apporté aucun élément exploitable, a précisé le PM en réponse à une question supplémentaire de Joe Lesjongard. Navin Ramgoolam a également indiqué qu’une équipe d’enquêteurs étrangers prête assistance à la police mauricienne dans ce dossier.
Répondant à la deuxième partie de la PNQ, le PM a indiqué que quatre affaires impliquant des armes illégales ont été enregistrées entre janvier 2025 et le 27 juillet 2026. Il s’agit notamment de l’affaire de projection d’une substance nocive à Cité Tôle, Mahébourg, le 24 juillet dernier, d’un cas présumé de tirs à Vieux-Grand-Port le 23 juillet, d’une affaire de séquestration accompagnée de coups de feu à Palma, Quatre-Bornes, le 21 juillet, ainsi que d’un autre incident impliquant des tirs à Barkly le 22 juillet.
Plus de 4 200 licences d’armes actives
Au 27 juillet 2026, Maurice comptait 4 287 licences d’armes à feu actives. Huit licences ont été révoquées jusqu’à présent. Navin Ramgoolam a rappelé que l’obtention d’une licence est soumise à plusieurs critères stricts, notamment la réussite d’une formation obligatoire, un examen médical et psychologique, l’absence de condamnation liée aux armes à feu, à la violence domestique ou aux stupéfiants, ainsi que le statut de citoyen mauricien âgé d’au moins 18 ans.
Concernant les munitions, Navin Ramgoolam a précisé que seuls trois armuriers sont autorisés par la police à en importer. Ces derniers doivent transmettre chaque mois un état détaillé de leurs stocks d’armes et de munitions. Le chef du gouvernement a toutefois annoncé avoir demandé au commissaire de police de revoir les procédures de contrôle relatives à la vente d’armes et de munitions, afin de renforcer leur suivi. Il a également demandé une révision des critères d’attribution des licences ainsi qu’un examen de l’ensemble des détenteurs actuels afin de révoquer les permis qui ne seraient plus justifiés.
Lors des questions supplémentaires, le député Farhad Aumeer a proposé la création d’un registre électronique centralisé permettant de suivre en temps réel les licences d’armes, les nouveaux permis, les transferts, les pertes et les révocations. Navin Ramgoolam s’est dit favorable à cette proposition, estimant que la police devrait déjà disposer d’un tel système. Il a toutefois indiqué qu’il vérifierait la situation auprès des autorités compétentes.
Contrôles et ventes illégales sur Internet
Interrogé sur les inspections des terrains de chasse (chasses) et la vérification de leurs registres avec la base de données nationale des armes à feu, le PM a indiqué que la police coordonne ses actions avec le ministère de l’Agro-industrie. Il a toutefois reconnu qu’aucune inspection physique systématique n’est actuellement menée sur ces sites.
À une question concernant la vente illégale d’armes sur les réseaux sociaux et sur Internet, Navin Ramgoolam a affirmé que la police est au courant de cette pratique et que la Cybercrime Unit enquête sur cette problématique, qu’il a qualifiée de complexe en raison de son caractère numérique.
Face aux inquiétudes exprimées par Joe Lesjongard sur le sentiment d’insécurité de la population et l’éventuel équipement des policiers en tasers, le PM n’a pas répondu directement sur cette possibilité. Il a plutôt mis en avant la future création de la National Crime Agency, qu’il a présentée comme un élément central de la réforme des forces de l’ordre.
Selon lui, le gouvernement a hérité, à son arrivée au pouvoir en novembre 2024, d’une situation préoccupante en matière de maintien de l’ordre et a engagé une vaste réforme de la police avec l’appui d’experts étrangers. La National Crime Agency, a-t-il expliqué, doit permettre une approche intégrée et fondée sur le renseignement afin de lutter plus efficacement contre la criminalité grave et organisée.
L’affaire Nadine Dantier évoquée
Le député de l’opposition Adrien Duval a également interrogé le PM sur la possibilité d’offrir une récompense dans l’affaire Nadine Dantier, à l’image de celle proposée dans le dossier Jonathan Koo Yam Too. Navin Ramgoolam a rappelé avoir rouvert cette enquête avec l’appui d’enquêteurs étrangers. Il a toutefois expliqué que les investigations demeurent difficiles, une partie importante des preuves ayant disparu au fil des années, ce qui ralentit considérablement l’avancée de l’enquête.
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