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L’opposition à l’heure de la bataille des chefs !

27 juillet 2026, 09:00

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L’opposition à l’heure de la bataille des chefs !

Aucun scrutin à l’horizon, si ce n’est dans trois ans ! Et pourtant, on assiste déjà aux prémices d’une bataille. Elle concerne essentiellement le contrôle de l’opposition, devenu le nouvel enjeu politique. Qui prendra l’avantage parmi ceux qui se disputent le leadership ? Tous veulent profiter de l’impopularité d’un gouvernement qui, une année et demie seulement après son accession au pouvoir, est parvenu à se mettre à dos une bonne partie de la population en ne respectant pas ses promesses et en faisant preuve d’une communication exécrable sur une question aussi délicate que celle de la réforme des pensions !

Après le succès de la manifestation de la Platform Komin Syndikal, ce sont désormais les politiques qui tentent de faire leur entrée en scène. Le premier rendez-vous fut celui de Bhadain, qui voulait surfer sur un vent favorable mais qui s’est finalement écrasé en plein vol après s’être lui-même tiré une balle dans le pied en invitant Ganoo à prendre la parole. Une décision qui a déçu ceux qui voyaient déjà en le leader du Reform Party un éventuel recours et qui ont vite déchanté.

Mais ce ne fut pas la seule erreur ! En lançant un appel à l’élu du no19 (Pierre), l’invitant à claquer la porte rouge pour rejoindre son parti, quitte à adopter une posture de transfuge, le leader du Reform Party n’a pas seulement multiplié les formules douteuses («Tu seras la pierre sur laquelle je bâtirai mon Église…», «Tu auras la clé du royaume des cieux…»), il a également tenté de semer la zizanie au sein du PTr. Et ce, en révélant publiquement avoir rencontré le Junior Minister au Tourisme, laissant même entendre que ce dernier ne serait «pas d’accord» avec la ligne de son parti.

Même si Sydney Pierre a rapidement fait savoir qu’il était à l’aise au sein des Rouges, même si Bhadain a ensuite tenté de rétropédaler en affirmant qu’il «n’y a rien concernant Sydney Pierre et qu’il fallait laisser les événements se dérouler», cette sortie publique met le député du n°19 dans une position délicate vis-à-vis de son propre leader. Le Junior Minister – qui en est à son premier mandat – aura appris à ses dépens qu’il n’existe pratiquement aucune conversation privée lorsqu’elle implique des politiques.

Est-ce parce que Bhadain bénéficiait jusqu’ici d’un certain vent favorable que le MSM s’est finalement réveillé ? Toujours est-il qu’il aura fallu une manifestation réussie des syndicats, suivie du rassemblement du leader du Reform Party, qui se vante d’avoir fait «kile» Ramgoolam sur la réforme des pensions, pour que le Sun Trust réagisse et annonce un meeting à Flacq ce 29 juillet, tout en tentant d’exploiter à son tour le mécontentement populaire.

Alors que depuis sa défaite, Jugnauth et les siens avaient fait profil bas, occupant davantage l’actualité à travers leurs allers-retours devant la FCC – dont la coïncidence des nouvelles convocations avec la date du meeting ne passe pas inaperçue –que par une véritable présence sur le terrain.

Au fond, tous ces mouvements, repositionnements et démonstrations de force sont dictés par une nouvelle réalité : l’absence d’un seul bloc monolithique de l’opposition qui a cédé la place à plusieurs pôles, chacun cherchant à s’imposer. C’est ainsi que des affinités se dessinent et que des rapprochements qui pourraient, à terme, déboucher sur une ou plusieurs alliances électorales, s’opèrent.

Après la création du FMP (Fron Militan Progresis), Bérenger a confirmé être en contact avec Bodha, Valayden et Belcourt avant de s’installer (avec sa fille et Baboolall) dans les rangs de l’opposition aux cotés de Lesjongard et de Duval ! Les différends du passé hypothéqueront-ils l’harmonie de l’opposition parlementaire ? Une question pertinente quand on sait que le whip de l’opposition (Duval) ne cache pas son hostilité envers l’ancien chef du MMM qu’il accuse (dans l’express du 6 juillet) de «bullying», lorsque Bérenger faisait partie du gouvernement !

Cet ordre dispersé de l’opposition et toutes ces agitations illustrent une forme de compétition entre certains leaders et politiques dont les ambitions, visibles, les conduisent déjà sur la ligne de départ dans une course prématurée visant l’alternance. D’où les prémices d’une première bataille. Alors qu’il n’y a aucun scrutin à l’horizon, si ce n’est dans trois ans….

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