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Pêche semi-industrielle

Les demandes soumises au NRB portent sur la rémunération, la sécurité et la protection sociale

16 juillet 2026, 22:00

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Les demandes soumises au NRB portent sur la rémunération, la sécurité et la protection sociale

Les recommendations du syndicat des pêcheurs sont formulées au NRB pour les travailleurs locaux et étrangers des navires semi-industriels.

Avec l’évolution des conditions de travail dans le secteur de la pêche, marquée notamment par le développement des flottes semi-industrielles effectuant désormais des campagnes d’environ 15 jours en mer, les réalités du métier ont considérablement changé. Les pêcheurs embarqués sur ces navires, explique Judex Rampaul, secrétaire du Syndicat des pêcheurs, sont confrontés à des conditions de travail particulièrement exigeantes, nécessitant un renforcement des dispositions relatives à leur sécurité, leur santé, leur rémunération et leurs conditions d’emploi.

C’est dans ce contexte que le Syndicat des pêcheurs, en collaboration avec la Mauritius Offshore Fishermen Cooperative Federation Ltd, a fait part d’une série de recommandations au National Remuneration Board (NRB) dans le cadre de la révision du Banks Fishermen and Frigo-Workers (Remuneration) Regulations 2029. Ces propositions visent à adapter le cadre réglementaire aux réalités actuelles de la pêche semi-industrielle et à garantir de meilleures conditions de rémunération, de sécurité et de protection sociale aux travailleurs du secteur.

Parmi les principales mesures formulées figure la mise en place d’un ensemble de dispositions spécifiques aux bateaux de pêche semi-industriels, à travers un éventuel règlement sur «les bateaux de pêche semi-industriels et la protection des pêcheurs».

Selon les propositions soumises au NRB, tout contrat conclu entre l’armateur, soit le propriétaire du navire ou l’employeur, et les pêcheurs, devrait préciser plusieurs éléments, notamment la durée maximale d’une campagne de pêche, qui ne devrait pas dépasser 15 jours consécutifs en mer.

Paiements encadrés

Sur le plan de la rémunération, les représentants des pêcheurs plaident pour l’instauration d’un paiement minimum fixé à Rs 40 par kilogramme (kg) de poisson capturé. Ils proposent également que le paiement intégral aux pêcheurs soit effectué dans un délai maximum d’un jour après la fin de chaque campagne de pêche afin d’assurer une meilleure régularité dans le versement des revenus. Les dispositions proposées concernent également les pêcheurs étrangers employés à bord des navires semi-industriels. Ceux-ci devraient bénéficier au minimum, selon les propositions, du salaire minimum légal en vigueur à Maurice, ainsi que des mêmes droits et avantages que les pêcheurs mauriciens, notamment les indemnités liées aux périodes de mauvais temps lorsque celles-ci sont prévues par la loi. Autre proposition: une avance de Rs5000 accordée à chaque pêcheur avant le départ en mer afin de lui permettre de subvenir aux besoins de sa famille pendant la campagne de pêche. Une prime annuelle est aussi recommandée, calculée sur la base de Rs 4/kg de poisson capturé durant l’ensemble des campagnes auxquelles le pêcheur aura participé au cours de l’année.

Les représentants du secteur demandent par ailleurs que les pêcheurs étrangers disposent d’un hébergement adéquat entre les campagnes de pêche, afin de garantir leur repos, leur sécurité et leur bien-être. Ils estiment qu’ils ne devraient pas être logés en permanence à bord des navires. En matière d’avantages et de fournitures, les propositions prévoient que l’employeur fournisse gratuitement les équipements et ressources nécessaires à l’activité en mer. Cela comprend notamment les lignes de pêche, les hameçons, la nourriture, l’eau potable en quantité suffisante, l’hébergement à bord pendant les campagnes ainsi que les soins médicaux de base. Il est également proposé que chaque pêcheur bénéficie, à la fin de chaque campagne, de 20 kg de poisson frais et de 10 kg de poisson salé.

La sécurité maritime constitue un volet important des recommandations présentées au NRB. Les pêcheurs proposent que tout navire de pêche semi-industriel soit équipé de gilets de sauvetage pour tous les pêcheurs, d’un équipement radio à très haute fréquence fonctionnel, de signaux de détresse conformes, d’une trousse de premiers secours complète, d’un éclairage d’urgence ainsi que de réserves suffisantes en eau potable et en provisions alimentaires.

Concernant la discipline à bord, les propositions prévoient que les pêcheurs respectent l’autorité du capitaine, les règles de sécurité, les horaires de départ ainsi que la propreté du navire. Elles prévoient également une interdiction stricte de la consommation d’alcool à bord, de monter sur un navire en état d’ivresse ainsi que de l’utilisation de drogues ou de substances illicites. Toute violation de ces règles pourrait entraîner des sanctions disciplinaires.

Le temps de repos figure également parmi les points soulevés dans le cadre de cette révision. Les représentants des pêcheurs recommandent que chaque travailleur bénéficie de périodes de repos suffisantes. Ils proposent notamment un minimum de six heures de repos par période de 24 heures, sauf en cas d’urgence, dans des conditions adaptées et sécurisées.

Les revendications portent aussi sur la gestion des accidents en mer ainsi que sur la protection sociale des pêcheurs. En cas d’incident, celui-ci devrait être signalé immédiatement et le capitaine devrait organiser les premiers secours ainsi que l’évacuation du pêcheur lorsque cela est nécessaire. Les représentants du secteur soulignent qu’aucun pêcheur ne devrait être abandonné sans assistance et que les frais médicaux liés à un accident devraient être pris en charge par l’employeur. Ils recommandent également la mise en place d’une assurance obligatoire couvrant les accidents, les blessures graves, l’invalidité et le décès, avec une compensation financière prévue pour les familles en cas de décès d’un pêcheur.

Dans le domaine du contrôle des navires, les représentants des pêcheurs proposent l’instauration d’inspections régulières par les autorités compétentes afin de vérifier les conditions de sécurité, d’hygiène ainsi que la présence des équipements obligatoires à bord. Les navires ne respectant pas ces exigences pourraient être empêchés de sortir en mer tandis que les embarcations présentant des risques pour les travailleurs pourraient faire l’objet de mesures de suspension.

Le droit à la dignité

Les conditions sanitaires à bord font également partie des préoccupations soulevées. Les recommandations prévoient que les employeurs veillent au maintien de la propreté des navires, au nettoyage régulier des espaces de vie ainsi qu’à la disponibilité d’une eau potable et d’une nourriture propres et sûres. Tout risque sanitaire identifié devrait être corrigé rapidement.

Les propositions mettent aussi l’accent sur la protection des pêcheurs contre toute forme d’abus. Elles prévoient notamment l’interdiction des violences, des intimidations, des mauvais traitements et des licenciements abusifs. Les travailleurs devraient également disposer d’un droit de signalement auprès des autorités compétentes et être protégés contre toute forme de représailles.

À travers cette série de propositions, le syndicat des pêcheurs et la Mauritius Offshore Fishermen Co-operative Federation Ltd souhaitent contribuer à la modernisation du cadre réglementaire applicable au secteur de la pêche semi-industrielle et promouvoir des conditions de travail plus sûres, équitables et respectueuses de la dignité des travailleurs de la mer.

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