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Économie circulaire
Jusqu’à quatre tonnes de compost produites à partir d’algues à Belle-Mare
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Économie circulaire
Jusqu’à quatre tonnes de compost produites à partir d’algues à Belle-Mare
Le procédé de compostage repose sur l’utilisation d’algues fraîchement échouées, collectées idéalement dans les 48 heures suivant leur arrivée sur les côtes.
Environ 435 espèces d’algues sont recensées dans nos eaux. Ces organismes marins jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes côtiers en offrant un habitat à de nombreuses espèces et en contribuant à réduire les effets de l’érosion. Toutefois, lorsqu’elles s’accumulent en grandes quantités sur les plages, elles deviennent un défi pour la qualité de l’eau, les écosystèmes côtiers ainsi que l’attractivité des zones balnéaires.
Face à cet enjeu, valoriser cette biomasse est une alternative à son simple enlèvement. Le compostage des algues permet de les transformer en amendement organique destiné à l’agriculture, dans une logique d’économie circulaire.
Cette approche est développée par le Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), sous l’égide du ministère de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche. À la Belle-Mare Research Station, une unité dédiée au compostage des algues, s’étendant sur environ 120 m2 a été mise en place afin de mener des travaux de recherche, d’organiser des démonstrations et de dispenser des formations – 200 agriculteurs et femmes entrepreneures ont déjà été formés aux techniques de compostage des algues. Cette installation peut produire entre deux et quatre tonnes de compost par cycle. Ce projet a nécessité un investissement d’environ Rs 1,6 million. À travers les programmes de formation, le FAREI accompagne également les acteurs intéressés par cette pratique.
La transformation
Le procédé repose sur l’utilisation d’algues fraîchement échouées, collectées idéalement dans les 48 heures suivant leur arrivée sur le littoral. Parmi les espèces utilisées figurent notamment les Ulva, dont Ulva lactuca et Ulva reticulata, et les Sargassum, adaptées aux conditions locales.
Après la collecte, les algues sont soigneusement lavées afin d’éliminer le sable, le sel et les éventuels débris marins. Elles sont ensuite mélangées à d’autres matières organiques, notamment des résidus riches en carbone comme la bagasse, les feuilles sèches, la sciure ou les copeaux de bois. Du fumier de volaille est également ajouté afin d’apporter l’azote nécessaire à l’activité des micro-organismes qui transforment progressivement ces matières en compost. Cet équilibre entre les différents composants permet d’obtenir un amendement organique de qualité destiné à enrichir les sols agricoles.
Le mélange recommandé repose sur une proportion de sept parts d’algues, trois parts de matière carbonée et deux parts de fumier de volaille. Grâce à la méthode du compostage à chaud, les micro-organismes transforment progressivement la matière organique. Les tas de compost sont régulièrement retournés afin de maintenir une bonne oxygénation, tandis que l’humidité est contrôlée pour favoriser le processus de dégradation. Après une période de 14 à 16 semaines, la matière obtenue devient un compost stable, riche en éléments nutritifs et prêt à être utilisé dans les cultures.
Le compost d’algues présente plusieurs bénéfices pour l’agriculture. Naturellement riche en macronutriments, micronutriments, acides aminés, en vitamines et en hormones de croissance végétale, il contribue à améliorer la structure des sols, renforcer leur capacité de rétention d’eau et stimuler l’activité microbienne. Les essais réalisés par le FAREI ont montré des résultats encourageants dans la production de fruits et légumes. Ce compost peut également être utilisé pour la préparation des plants, les mélanges de rempotage, le paillage ou encore l’aménagement paysager.
Cette alternative pourrait ainsi contribuer à réduire la dépendance aux fertilisants chimiques importés, en privilégiant une ressource disponible localement. Le compostage des algues illustre le potentiel de l’économie circulaire qui permet de relier la préservation du littoral aux besoins d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
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Une récupération soumise à autorisation
À noter que la collecte des algues est encadrée. Les algues échouées sur les plages ne peuvent être récupérées librement par des particuliers, des coopératives ou des entreprises. Toute activité de collecte nécessite l’autorisation des autorités, notamment du ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique ainsi que de la Beach Authority. Ce cadre réglementaire vise à assurer une exploitation durable des algues échouées, tout en évitant les pratiques susceptibles de perturber les écosystèmes côtiers ou de nuire à leur équilibre.
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