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PNQ : Ramgoolam ferme la porte à un nouveau recul sur la réforme des pensions
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PNQ : Ramgoolam ferme la porte à un nouveau recul sur la réforme des pensions
■ Interpellé par Joe Lesjongard hier, Navin Ramgoolam a défendu les ajustements apportés au Budget, tout en réaffirmant que le gouvernement ne reviendra pas sur l'essentiel de sa réforme.
Le revirement du gouvernement sur le means test dans la réforme de la pension n’a pas entamé sa volonté de poursuivre l’assainissement des finances publiques. C’est le message qu’a martelé le Premier ministre (PM) et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, à l’Assemblée nationale, hier, lors de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard. Ce dernier souhaitait savoir si les changements apportés au Budget 2026-2027, notamment l’abandon du means test pour la pension de vieillesse, allaient conduire à la présentation d’un cadre macroéconomique et budgétaire révisé.
D’entrée de jeu, Navin Ramgoolam a tenu à relativiser l’ampleur du revirement. «Le Budget contient plus de 500 mesures et une seule d’entre elles est aujourd’hui modifiée», a-t-il souligné. Selon lui, il est courant que certaines dispositions budgétaires soient adaptées en cours d’exercice en raison de l’évolution de la conjoncture ou de décisions politiques. «L’impact de ces changements est généralement reflété dans le budget outturn à la fin de l’exercice financier», a-t-il expliqué.
Le chef du gouvernement a néanmoins reconnu que la suppression du means test aura un coût. Celui-ci est estimé à Rs 6,2 milliards pour la période comprise entre janvier et juin 2027, soit 0,7 % du produit intérieur brut (PIB). Sans mesures correctives, l’impact sur une année complète aurait dépassé 1,5 % du PIB, a-t-il précisé. Le déficit budgétaire, initialement projeté à 3,7 % du PIB, et la dette du secteur public, estimée à 85,6 % du PIB, demeurent toutefois sous surveillance, a assuré le PM.
Pour absorber cette dépense additionnelle, Navin Ramgoolam a détaillé les six principaux leviers que le gouvernement entend actionner. Un premier comité, présidé par le secrétaire au Cabinet, est chargé de revoir les priorités des projets d’investissement public afin de préserver la croissance économique. Un second comité, placé sous l’autorité du ministère des Finances, passe actuellement au crible les dépenses de chaque ministère, notamment à la lumière des observations du directeur de l’Audit.
Pas de Budget révisé
Le PM présidera également un Steering Committee on Public Sector Efficiency, chargé d’identifier les doublons, inefficacités et gaspillages au sein de l’administration publique. Chaque ministère devra soumettre un plan concret visant à améliorer son efficacité sans compromettre la qualité des services. Parallèlement, un comité de haut niveau, composé de spécialistes de la fiscalité et épaulé par le Fonds monétaire international, procédera à une révision en profondeur du système fiscal mauricien afin d’améliorer son efficacité, son équité et sa compétitivité. Le gouvernement étudie aussi la possibilité de céder certains actifs publics jugés non stratégiques ainsi que d’introduire certaines entreprises publiques en Bourse afin de dégager de nouvelles ressources. Enfin, une période transitoire est envisagée pour les contributions à la Contribution sociale généralisée, avec le maintien temporaire d’une partie des fonds au Consolidated Fund.
Navin Ramgoolam a également insisté sur le fait que les partenaires internationaux avaient été tenus informés de l’évolution de la situation budgétaire. Il a indiqué que le FMI, qui a effectué sa mission de consultation annuelle avant la présentation du Budget, a été régulièrement informé des ajustements décidés par le gouvernement. L’agence de notation Moody’s a également été briefée. Le PM a rappelé qu’un commentaire publié le 26 juin dernier faisait état de progrès dans la consolidation budgétaire tout en soulignant que des risques de dérapage demeuraient. La prochaine évaluation complète de la notation souveraine est attendue dans six mois.
Face aux interrogations de l’opposition, le PM a écarté la nécessité de présenter un nouveau cadre budgétaire ou une nouvelle loi d’appropriation. Il a rappelé que le Parlement avait déjà voté Rs 232,4 milliards de crédits pour l’exercice 2026-2027, dont Rs 30,1 milliards destinées au paiement de la Basic Retirement Pension entre juillet et décembre 2026 ; et Rs 20,5 milliards prévues pour la State Age Pension entre janvier et juin 2027. Le montant exact qui sera finalement nécessaire ne peut toutefois pas encore être déterminé, a-t-il expliqué, le gouvernement ne sachant pas combien de futurs retraités choisiront effectivement de percevoir leur pension dès l’âge de 60 ans.
«La pension est insoutenable»
Navin Ramgoolam a enfin rappelé que la Constitution permet, si nécessaire, le dépôt d’un Supplementary Appropriation Bill en cours d’exercice. «Il n’y a donc aucune nécessité de modifier le montant global des crédits déjà approuvés», a-t-il conclu, rejetant les critiques de l’opposition sur un supposé manque de transparence budgétaire. La séance a également permis de clarifier la nouvelle orientation du gouvernement concernant l’âge d’accès à la pension. Le PM a confirmé que les Mauriciens conserveront la possibilité de percevoir leur pension dès l’âge de 60 ans.
Toutefois, il a précisé que ceux qui choisiront cette option percevront une pension réduite par rapport à ceux qui décideront d’attendre l’âge de 65 ans, conformément au mécanisme progressif annoncé récemment.
Cette précision n’aura pas convaincu Joe Lesjongard, qui a dénoncé une différence de traitement entre les générations de futurs retraités pendant la période de transition et s’est interrogé sur l’équité du dispositif. En fin de séance, le leader de l’opposition est revenu sur la forte mobilisation syndicale de samedi dernier et a demandé au PM s’il envisageait un recul complet sur la réforme afin d’éviter une escalade sociale.
Navin Ramgoolam a fermé la porte à cette éventualité. Selon lui, le système actuel de pension n’est tout simplement «pas soutenable» à long terme. Il a reproché à l’opposition de critiquer les réformes sans proposer d’alternative crédible pour assurer leur financement. Le PM a notamment évoqué le poids de la dette publique et le coût annuel des intérêts, qu’il a estimé à plus de Rs 30 milliards, pour justifier la nécessité de préserver l’équilibre des finances publiques.
Malgré les nombreuses questions de l’opposition sur les estimations budgétaires, les actifs publics ou encore les appels des syndicats à un dialogue tripartite, le chef du gouvernement est resté inflexible. Le cap est maintenu, a-t-il insisté, tout en assurant que les ajustements nécessaires seront effectués au fil de l’exercice budgétaire.
Le Parlement a été ajourné au mardi 21 juillet à 11 h 30.
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