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Main-d’œuvre étrangère
Les planteurs canniers réclament une meilleure gestion du manque de bras
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Main-d’œuvre étrangère
Les planteurs canniers réclament une meilleure gestion du manque de bras
Alors que le problème avait déjà été soulevé au mois de juin, au lancement de la campagne sucrière, les professionnels du secteur cannier tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme et appellent à accélérer les démarches afin de répondre aux besoins en travailleurs et d’assurer les objectifs de production. La récolte est estimée à environ 2,37 millions de tonnes de cannes, pour 225 000 tonnes de sucre.
Salil Roy, président de la Planters Reform Association, rappelle que cette situation perdure depuis plusieurs campagnes et demeure une source d’inquiétude pour les planteurs car le manque de main-d’œuvre a déjà eu des conséquences importantes. «L’année dernière, des cannes sont restées dans les champs et n’ont pas pu être acheminées dans les délais. C’est une perte sèche pour les planteurs, mais également pour la production de bagasse et pour les rentrées en devises du pays», souligne-t-il.
Cette difficulté reste d’actualité. «Beaucoup m’ont contacté pour demander où en est la maind’œuvre, alors que la coupe a déjà démarré. C’est stressant pour les planteurs», avance-t-il. Tout en reconnaissant les démarches entreprises par les autorités, Salil Roy estime que cette question doit être traitée comme une priorité afin de permettre l’arrivée de la main-d’œuvre nécessaire dans les meilleurs délais.
Encadrer la flexibilité
En présence de plusieurs planteurs confrontés à cette pénurie, la problématique a également été abordée lors du Field Day organisé le 9 juillet à Réduit par le ministère de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et des pêches, en collaboration avec la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA). Le ministre Arvin Boolell reconnaît que ce manque constitue l’un des principaux défis auxquels fait face le secteur et affirme que les démarches nécessaires sont en cours.
Du côté de la MCIA, le Chief Executive Officer, Suman Seeruttun, explique que la mise en place d’un dispositif pour l’agriculture nécessite une approche différente de celle appliquée dans d’autres domaines. Dans certains secteurs, comme la boulangerie, l’emploi peut être continu tout au long de l’année, car la loi le permet. Mais dans l’agriculture, un employé peut être mis à disposition d’un planteur, puis d’un autre quelques semaines plus tard pour la coupe de la canne. Suman Seeruttun indique qu’un cadre réglementaire a donc été nécessaire afin d’encadrer cette flexibilité et de permettre la mise à disposition légale de main-d’œuvre auprès des planteurs.
Face à cette urgence, le cadre réglementaire a connu une avancée le 10 juillet, avec l’accord du Conseil des ministres pour la promulgation des Workers’ Rights (Labour Contractor) (Agricultural Sector) Regulations 2026. Ces nouvelles dispositions permettront l’enregistrement de labour contractors chargés de mettre à disposition des travailleurs migrants aux petits planteurs et petits agri- culteurs du secteur.
Régir les rémunérations
La réglementation définira notamment le secteur agricole, qui inclura les cultures vivrières, l’élevage, les vergers, la canne à sucre et le thé. Les labour contractors agiront comme employeurs et veilleront à ce que les travailleurs migrants soient mis à disposition pour œuvrer dans le secteur agricole uniquement selon les tâches ou occupations convenues dans l’accord écrit conclu entre le labour contractor et le travailleur migrant. Leur rémunération sera, quant à elle, régie par les règlements de rémunération en vigueur applicables aux différents secteurs agricoles, notamment les Sugar Industry (Agricultural Workers) (Remuneration) Regulations 2019 et les Sugar Industry (Non-Agricultural Workers) (Remuneration) Regulations 2019.
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