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Secteur culturel
La silencieuse crise financière
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Secteur culturel
La silencieuse crise financière
La culture est en soin intensif, sous respiration artificielle, face au manque d’intelligence émotionnelle des décideurs pour exploiter la richesse économique de ce secteur. L’ignorance mélangée à l’indifférence donne un goût amer à ce cocktail, dosé de saveurs socio-politico. Pas besoin de trouver un bouc émissaire entre le régime d’hier et d’aujourd’hui à ce mal, ils sont tous responsables de cette condition dégradante. La culture, cet enfant pauvre du développement du pays, continue de porter le fardeau des autres.
Le secteur culturel est en crise financière de détente, de thérapie, de divertissement ou d’entertainment… L’art reste un vecteur univer sel d’émotions et un exutoire nécessaire. Ne pas donner une dimension humaine dans les montagnes de chiffres pour répondre aux depuis des années, la fierté avec sa dose d’ego, est l’arbre qui cache cette forêt morte. Ces acteurs du monde artistique n’exposent pas la réalité cruelle de leur compte bancaire, de leur frigo presque vide… Ces entrepreneurs culturels ne racontent pas l’échec des chiffres après le succès artificiel de leur évènement. Ce secteur fonctionne dans une approche de survie, le break-even est un signe de réussite, une petite marge de profit est une bénédiction. Sauf pour ceux qui sont financés par l’économie parallèle du narco-state mauricien.
La perte du pouvoir d’achat est la cause directe qui affecte la consommation de la culture. Quand le panier de la ménagère adopte un régime strict face à la montée des prix, on passe en mode koupe-transe. Dans cette opération mathématique, la consommation culturelle est le premier item sacrifié sur la liste des dépenses. Le dernier exercice budgétaire fut de la gymnastique non synchronisée avec son effet négatif direct sur cet aspect, qui rend la vie d’artiste un parcours misérable dans un pays aux aspirations internationales.
Le monde artistique est sous pression, à la frontière de la dépression. Alors, comment apaiser la tension d’un peuple en manque de repères culturels et artistiques ? Si la musique adoucit les mœurs, dans ce climat où la violence est quotidienne, elle ne trouve plus de place pour s’exposer et offrir ces moments de détente, de thérapie, de divertissement ou d’entertainment… L’art reste un vecteur universel d’émotions et un exutoire nécessaire.
Ne pas donner une dimension humaine dans les montagnes de chiffres pour répondre aux demandes des institutions financières internationales, ne changera en rien la condition des acteurs de cette industrie. Développer ce secteur, dans tous les domaines, est primordial, car on est un mode survie depuis un bon moment. Toutes ces structures autour de l’événementiel, ces prestataires techniques qui ont vu leur réservation revue à la baisse. Il y a urgence de se pencher sur ce dossier pour trouver des solutions à court et moyen termes. La révision et l’adoption du Status of Artist Act ne va rien changer dans les conditions de ces travailleurs culturels s’il n’y a aucun plan d’action et de marche à suivre après l’amendement de cette loi. Il faut éviter le piège des beaux discours et des lois qui existent sur papier sans aucune application dans le concret. Comme dirait l’autre : «Koze enn ta, laksion zero.»
S’il est un fait unanime que la pension universelle, dans sa forme actuelle, n’est pas soutenable et viable à long terme, c’est une réalité silencieuse que le secteur culturel est au bord du gouffre. Et si la réforme est préconisée pour la pension… il en va de soi pour la culture. Il faut une vraie réforme des mentalités et de vision en profondeur. Pour qu’enfin ces décideurs ouvrent les portes pour exploiter la culture dans le bon sens ; pour en faire une nouvelle voie et force économique. Un vrai pilier pour ce pays en mal de culture…
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